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Full text of "L'élevage du mouton au Canada"

I/ELEVAGE DU MOUTON 
AU CANADA 



B jl, ■ Agriculture 
Canada 



Canadian Agriculture Library 
Bibliotheque canadienne de ('agriculture 
Ottawa K1 A 0C5 



630.4 
C212 
|b 75 

ifl.S. 

1926 
fr. 

ic. 2 





Publie par ordre de 
l'hon. S. F. TOLMIE 
Ministre de 1' Agriculture 
Ottawa. 



L'ELEVAGE du MOUTON au CANADA 

Cinquieme edition 



par 
J. B. SPENCER, B.S.A. 



MINlSTfeRE FEDERAL DE L'AGRICULTURE 

CANADA 



BULLETIN N c 75-NOUVELLE SER1E 

Edition revisee <lu bulletin if 41— Nouvelle serie 



Traduit cm Bureau de toadudiou <lu 



Public par 1'ordre de Fhon. S. F. Tolmie, 

Ministre de I'agriculture, Ottawa. 

Aoftt, 1926 



OTTAWA 
F. A. ACLAND 

niPRIMEUR DE SA TRES EXCELLENTE MAJESTE" LE RQI 
1986 



Traduit par C. E. Mortureux, B.S.A. 



DIVISION DE L'llNDUSTRIE AMMALE 

Commissaire de l'lndustrie animale H. S. Arkell 

Chef du service des chevaux. G. M. MacRae 

Chef du service des bovins R. S. Hamer 

Chef du service des moutons et des pores A. A. MacMillan 

Chef du service des volailles W. A. Brown 

Chef du service des pares a bestiaux . . J. M. McCallum 

Chef du service de renseignements sur les marches. . . . . . P. E. Light 



S42J8-H 



L'ELEVAGE DU MOUTON AU CANADA 

HISTORIQUE 

T 'INDUSTRIE ovine canadienne remonte presque aux origines de notre 
^ " agriculture. Les moutons etaient necessaires pour nourrir et habiller la 
famille et les colons n'avaient rien de plus presse, aussitot etablis que de se 
former de petits troupeaux de ces animaux. L'histoire nous dit que les premiers 
moutons importes au Canada sont venus de France vers le milieu du dix-septieme 
siecle; d'autres suivirent, de temps a autre, sous le regime francais, puis il 
s'ecoula pres d'un siecle pendant lequel il ne se fit aucune importation de moutons. 
Ces moutons francos etaient de petite taille et on dit , qu'ils ressemblaient beau- 
coup au Cheviot, surtout par la conformation de la tete, amsi que par le poids 

6t \era la fin du dSuitieme siecle, les Loyalistes de l'Empire-Uni venant de 
New-York de la Pensyilvanie et d'autres Etats de la Nouvetle-Angleterre pour 
^'etablir dans les Provinces maritimes, Quebec et l'Ontano, apporterent avec eux 
aes moutons de ces Etats. C'etaient des metis des principales races anglaises de 
cette epoqu. .-dire les Cotswold, Leicester, Hampshire et Southdown. 

Des 1830 les immigrants britanniques commencerent a amener de petits 
troupeaux dc moutons et grace a ces animaux, la quality des troupeaux canadiens 
s'ameliora. Vers 1842, un petit nombre de Leicesters et de Cotswolds furent 
importes d'Angleterre, et quelques annees plus tard, les Southdowns firent leur 
apparition. A partir de ce moment, des expeditions arnverent presque tous les 
ans Un rapport de la premiere exposition provinciale tenue a Toronto en 184b 
dit aue les groupes de Leicesters et de Southdowns etaient d'excellente qualite 
et adantes au pays. Deux ans plus tard des Merinos furent aussi presentes a 
l'exnosition nrovinciale. Le nombre de sujets de race pure augmenta chaque 
ann'efa re?polition de London, en 1854, il se oompos.it de 400 tetes parmi 
Sues «e trouvaient 200 Leicesters, 44 Southdowns et 30 Cotswolds, ces der- 
nie?s nouvellement importes par George Miller, de Markham. Outre le petit 
groupe de Cheviots, presente cette annee-la par George Ruddick, du comte de 
Northumberland, le reste etait compost- de metis. . L ; annee t sulva " te ^XoS s n 
de Leicesters n'etait pas aussi considerable, mais les entrees de Southdowns, 
Cotswolds et Oheviota furent plus nombreuses que precedemment. Voici la 
liste des exposants qui remporterent des prix: 

Leicesters.— Chris. Walker, London; Wm. Miller, Pickering; Geo. Miller, 
Markham, et Jas. Dickson, Clark. 

Southdmms.-John Spencer, Whitby; RW. Gordon, Paris; R. W. Stanley, 
Haldimand; Richard Coats, Oakville, et A. Burroughs, Brantford. 

Cotswolds.- John Snell, Edmonton; Wm Smith, Clark; Wm. Miller, 
Pickering; F. W. Stone, Guelph, et Geo. Miller, Markham. 

Cheviots.— Wm. Ruddick, Markham. 

Plusieurs de ces eleveurs exposerent de temps a autre a 1'exposition de 1 htat 
de New-York et y remporterent un grand nombre de prix. Le nombre des sujets 
de race pure exposes se maintint. Trois ans plus tard en 1858 1 exposition de 
Leicesters comptait 188 tetes; celles de Cotswolds, 39; Cheviots, 15; South- 
downs, 49; Longwool metis, 68; Merinos, 29, et moutons gras, 19. Les Long- 
wools, qui comprenaient des metis Coldwolds, Leicesters et Lracolns, etaient des 
moutons magnifiques, egaux sous bien des rapports aux sujets de race pure. Les 

5 



Merinos et les Cheviots ne gagnerent pas de terrain, mais la plupart des autres 
races s'ameliorerent, se multiplierent et leur popularity augmenta si bien que, 
vers 1860, Pindustrie ovine de la province etait devenue une branehe tres lucra- 
tive de Fagrieulture. 

Desirant encourager I'importation, la Chambrc d agriculture resolut, vers 
1850, de doubler et, quelques annees plus tard, de tripler le montant du premier 
prix gagne a Imposition provincial par tout animal qui avait ete importe durant 
Pannee. Des eleveurs entreprenants, dont le nombre augmentait chaque ami 
saisirent cette occasion d'introduire du sang ameliore dans leurs troupeaux, qui 
s'etaient alors beaueoup accrue. Les societes d'agriculture de comtes prenaient 
alora un vif interet dans Amelioration du betail et rencourageaient en achetant 
d distribuant parmi leurs membres des m&les ameliores. Ainsi, en 1854, la 
societe du comte de Grev acheta 10 beliers et les revendit pour $285. Trois ans 
plus tard, la societe du comte de Kent deboursa $320 pour 21 beliers qirellc 
revendit pour $175. Cette initiative eut les plus heurcux resultats. 

Les moutons furent introduits au Manitoba des 1833, lorsque la Compagnie 
de la Baie d'Hudson commenca a developper le pays. Cette annee-la, le gouver- 
neur Simpson de la Compagnie de la Baie d'Hudson, voulant venir en aide au 
petit groupe de colons qui peuplaient la colonie de Selkirk, organisa une com- 
pagnie cooperative et envoya des agents dans les Etats-Unis pour acheter des 
moutons. Ces agents se rendirent d'abord dans le Missouri et de la dans le 
Kentucky, ou Hs aclfaeterent, a environ $1.50 par tete, 1,745 moutons qu'ils 
voulurent ranicner a la colonie etablie sur les rives de la riviere Rouge du nord. 
Mai traites, la plupart des moutons moururent en route; 251 animaux seulement 
arriverent a destination. Plus tard, les aetionnaires de la compagnie se que- 
rellerent, et le gouverneur prit ce qui restait du troupeau. Ceux-ci furent 
vendus aux encheres et rapporterent jusqu'a deux piastres par tete, une forte 
somme pour l'epoque. Vers 1840, la Compagnie de la Baie d'Hudson importa 
d'Angleterre quelques beliers de race pure pour ameliorer les troupeaux de la 
colonie. 

Quelques annees plus tard, des moutons furent importes dans la province du 
Pacifique dans des chvonstanres a pen pres semiblables. La Compagnie de la 
Baie d'Hudson et, plus tard, la Cmnpaunie d' Agriculture de Puget Sound, celle-ci 
largement composee d'employes de la Baie d'Hudson, etablirent des fermes au 
Fort Nisqually, sur les plaines du territoire qui forme aujourd'hui 1'Etat de 
Washington, a quelques milles de la cite actuelle de Tacoma. A cette epoque, 
ce territoire etait gere par la Compagnie de la Baie d'Hudson, et la ligne-fron- 
tiere Internationale entre les Etats-Unis et les possessions britanniques 1 n'avait 
pas encore etc arr€t6e sur cette partie du continent. Des moutons venant de 
Californie furent achetes par les agents de la Compagnie, et vers 1840, les trou- 
peaux comptaient quelques milliers de sujets. Des beliers de race pure, importes 
de Grande-Bretagne par les voiliers qui, contournant le Cap Horn, apportaient 
aux Compagnies leurs courriers annuels et de nouveaux approvisionnements de 
marchandises, contribuerent beaueoup a l'amelioration de ces troupeaux. Quand 
la ligne-frontiere fut reglee, ces troupeaux furent vendus et un grand nombre de 
moutons furent envoyes dans 1'Oregon, ou ils servirent de base a la grande Indus- 
trie ovine de cet Etat. De la, ils se repandirent dans tous les Etats voisins. On 
voit done que les premiers colons anglais furent les premiers promoteurs de 
Felevage ovin dans le Nord-Ouest du Pacifique. 

Lors de r&ablissement, en 1843, d'un poste de la Baie d'Hudson sur le site 
actuel de Victoria, Colombie-Britannique, a Fextremite sud de Pile de Van- 
couver, des fermes situees pres des limites actuelles de la cite furent mises en 
exploitation par ces deux compagnies et des moutons furent amenes de Fort 
Nisqually pour les peupler. Ces moutons, qui etaicnt principalement des Merinos, 
des Southdowns ekdes Leicesters, formerent la base de Findustrie ovine dans la 
province. lis reussirent tres bien, et vers 1849, ils comptaient deja quelques 



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milliers de tetes, malgre les depredations causees par les pantheres, les loups et 
les ours, et parfois les chiens errants. Pendant le jour, les troupeaux etaient 
eardfe par des Indiens armes et le soir, ils etaient renfermes dans un enclos. Les 
Indiens d'alors, qui se nourrissaient de poissons et de gibier, montrerent pariois 
qu'ils appreciaient un changement de regime en enlevant des moutons Le 
gout pour la viande de mouton fut meme la cause d'un episode dans 1 histoire 
de la Colombie-Britannique; une bande d'Indiens, sortant de leur village, a 
une petite distance de Victoria, fondirent sur un troupeau, tuferent le berger et 
emporterent un grand nombre de moutons. Peu apres, leur village fut visite par 
une canonniere anglaise de Victoria et les meurtriers furent pns et pendus a un 
arbre voisin. Cette premiere experience de la justice britannique fit une proionde 
impression sur les Indiens et ils en perpetuerent le souvenir en sculptant une 
grande figure d'un marin anglais au port d'armes, sculpture qui occupa, pendant 
bien cles annees, un endroit en vue dans le village. # 

La Compagnie de la Baie d'Hudson continua a venir en aide aux euitiyateurs 
de la province °en etablissant de petits troupeaux de moutons pres de Victoria. 
Ces troupeaux appartenaient aux employes de la Compagnie et ils etaient con- 
duits par eux Cette Compagnie, de meme que la Compagnie de Puget bound 
et les particuliers, importa des beliers ameliores de la Grande-Bretagne pour 
1'emploi des colons de la cote du Pacifique. 

Des 1671 1'Acadie (aujourd'hui la Nouvelle-Ecosse) contenait 407 moutons. 
Huit ans plus tard, la Nouvelle France (aujourd'hui Quebec) en avait 719. Cent 
ans plus tard les troupeaux de Quebec comptaient 84,696 tetes et au bout de 
soixante autres annees, plus de 600,000 tetea La province voisme du Haut 
Canada (aujourd'hui 1'Ontario) nourrissait a cette epoque 500,000 moutons. En 
1851 le Bas Canada (Quebec) avait alors 650,000 tetes 1 et la Nouvelle-Ecosse 
282 000 Dix ans plus tard, le Haut Canada avait 1,170,000 tetes et le Bas 
Canada 683,000. Le nombre de moutons dans ces jours corresponds de pres 
au nombre de vaches, c'est-a-dire qu'il etait bien superieur a celui des pores ou 
des chevaux maintenus sur les fermes. 

Dans le systeme d'exploitation mixte, Pelevage du mouton se pratique prm- 

cipalement sur une petite echelle avec d'autres animaux, mais il se conduit egale- 

ment sous le systeme de ranches dans le sud de r Alberta ou il a attemt son plus 

grand developpement, ainsi que dans les provinces de la Saskatchewan et de 

la Colombie-Britannique. Les troupeaux de ranches vanent depuis miile 

jusqu^a vingt mille tetes. La plupart des animaux de souche des troupeaux des 

ranches venaient principalement des Etats voisins de 1'Union amencaine; lis 

etaient principalement de race Merinos. Les sujets onginaux donnaient peu de 

viande mais de lourdes toisons de laine fine. En ces dermeres annees, on a 

introduit des moutons Downs et Longwools qui ont augmente le poids de la 

viande et allonge le brin de la laine. Les troupeaux paissent sous le^som de 

bergers toute l'annee; en hiver, on compte qu'ils se suffiront a eux-memes en 

fourrageant. Ils regoivent generalement un peu d'aide de la part du berger 

qui, lorsque cela est necessaire, brise la croute au moyen d'une charrue a neige 

et decouvre 1'herbe, et fournit meme parfois une ration de fourrages mis en 

reserve la saison precedente. Les moutons de ces troupeaux, engraisses avec des 

criblures ou d'autres aliments convenables, donnent une viande et une toison 

d'une tres bonne qualite. . , ^ Q „^ 

Voici le nombre de moutons gardes sur les fermes par decades, de 1871 

jusqu'aujourd'hui: 

1871 3.155,509 

1881 3,(W,78 

18 9l" 2 563,781 

19 0i' 2.510.239 

i9u.; :: ;; :: :: :: ;; :: :: ;; :: ;; ; 2,174,300 

1921 , 3.675.S60 

1925 ' ' '.'. . . . . . . ■ • 2.755,556 



8 

Voici la repartition de ces moutons par provinces en 1925: 

He du Prince-Edouard 87,219 

Nouvelle-Ecosse 273,499 

Nou ve^u-Brunswick . . . . 151,349 

Quebec 843,579 

Ontario 868,526 

Manitoba. . , 101.997 

Saskatchewan.. .. . 131,350 

Alberta 236,804 

Colombie-Britannique 61,224 

A Fexception des Rambouillets, les moutons qui ont ete importes au Canada 
appartiennent aux races britanniques ; lis comprennent les Shropshire, Lincoln, 
Cotswold, Oxford, Leicester, Dorset a cornes, Suffolk, Hampshire, Southdown, 
Cheviot, Romney Marsh et Corriedale. Pour toutes ces races, Fenregistrement 
de la genealogie a ete etablie sous' ce systeme du Bureau national d'enregistre- 
ment du betail. 

Aide doniiee par le gouvernement a Findustrie 

Avant 1910, le gouvernement venait en aide a Findustrie ovine en accordant 
une subvention pour l'organisation dc ventes de moutons dans certaines pro- 
vinces. On distribuait ainsi un grand nombre de moutons reproducteurs, spe- 
cialement dans les Provinces maritime^ et Quebec. II se faisait, a cette epoque, 
beaucoup de conferences sur ce sujet, on publia un bulletin sur Findustrie ovine 
et on fit des travaux speciaux de propagande par Fentrernise des foires d'hiver, 
par des conferences et en fournissant des juges. L'enregistrement de moutons de 
differentes races avait ete egalement bien organise. Vers cette epoque, une 
commission fonmee de M. Wm. A. Dryden, de Brooklin, Ontario, et de M. W. 
T. Ritch, fut chargee de faire une enquete sur Findustrie ovine. Le rapport de 
cette commission fut imprime et distribue a nombreux exemplaires. Conforme- 
ment aux recommandations de la commission, un service des moutons, sous la 
direction d'un chef, fut cree a la division federale de Tindustrie animale. Ce 
service devait se charger de developper un systeme pour la vente de la laine et 
pour Tamelioration de Findustrie ovine en general. Le programme adopte en 
vue de favoriser ce developpement, comportait la formation de societes locales 
de producteurs de laine et l'organisation de demonstrations sur le classement de 
la laine. Bientot apres un bon nombre de ces societes fournirent des quantites 
considerables de laine pour le classement et la vente cooperative. La division 
entreprit de faire le classement des laines offertes par toutes les cooperatives, et 
des experts-classeurs de laine vinrent s'ajouter au personnel du service des mou- 
tons. En outre, pendant plusieurs annees, les agents du service des moutons 
s'associerent aux bureaux locaux de direction des societes de producteurs pour 
leur donner des conseils et les aider dans la vente des laines. 

Vers 1918, les eleveurs avaient pu se rendre compte des avantages qui resul- 
tent du classement des laines et Forganisation des societes de producteurs de 
laine s'etait developpee au point que tous les eleveurs de moutons, dans toutes les 
provinces, formaient une organisation pour la vente cooperative des laines. Les 
prix des laines canadiennes pour la vente s'etaient egalement grandement 
ameliores et les laines classees se vendaient a bon prix au Canada et a Fetranger. 

On etait d'avis que le moment etait venu de pourvoir une agence permanente 
de vente pour les laines canadiennes classees. On appela en conference des repiv- 
sentants de differentes societes et on organisa, en 1918, sous Fempire de la Loi 
des compagnies federales, la Cooperative canadienne des producteurs de laine, 
*limitee. Toutes les societes locales de producteurs de laine s'affilierent a cette 
societe. Le bureau de direction et les officiers sont nommes par les produeteurs 
de laine; on engage les membres du personnel administratif tous les ans et on les 
charge de vendre la laine pour chacune des societes. Le bureau-chef est a 



Toronto, Ontario, et il existe des succursales a Regina, Saskatchewan, et a 
Lennoxville, Quebec. L'organisation ne se contente pas de vendre la laine; elle 
fait egalement le commerce des fournitures de berger et des etoffes de laine. La 
division federate de Findustrie animale fournit toujours des' experts-classeurs 
pour classer toutes les expeditions coperatives de laine. 

Lorsque la Cooperative canadienne de producteurs de laine eut ete forrnee 
on reorganisa le sendee des moutons pour prendre soin de Findustrie ovine dans 
son entier. On nomma des agents de propagande en Industrie ovine dans les 
differentes provinces, on continua a aider dans la preparation de la laine pour 
le marche et on institua en outre un certain nonibre d'initiatives ayant pour but 
d'ameliorer la qualite des moutons canadiens et de mettre en vente des agneaux 
d'un type superieur. L/initiative de la prime sur les beliers, qui fonctionne depui- 
1913, a beaucoup contribue a repandre Femploi de beliers de race pure sur les 
troupeaux metis. Le systeme de primes introduit en 1919 pourvoit au paiement 
de deux primes annuelles de cinq dollars ohacune aux cultivateurs qui achetent 
des beliers de race pure pour la premiere fois. Cette initiative a f acilite Forgani- 
sation de cercles de proprietaires de beliers dans beaucoup des anciens districts, 
ou Fetablissement de ces cercles a permis de developper Felevage regional et 
d'inaugurer un systeme bien arrete, tendant a Famelioration des moutons, et 
qui comporte Femploi des bains, l'amputation de la queue et la castration des 
agneaux. 

On s'apercut bientot, cependant, que la plupart des agences locales de vente 
n'etaient pas organisees pour vendre des agneaux sur la base de la qualite et que 
Fon n'obtenait pas ainsi Favantage que Fon etait en droit d'attendre de ces 
travaux d'amelioration. Les Provinces maritimes etaient peut-etre les plus 
arrierees sous ce rapport, le manque de pares a bestiaux, Feloignement de- 
marches faisaient qu'il etait difficile aux cultivateurs de se renseigner sur les prix 
du maorche. On organisa un certain nombre d'expeditions cooperatives qui eurent 
un tel succes qu*en peu de temps il s'etablit un grand nombre de centres coopera- 
tes d'expedition dans chacune des trois Provinces maritimes. Les condition- 
ient les memes dans -les autres provinces, dans des districts isoles, mais en 
general on obtenait des prix un peu meilleurs, et e'est pourquoi on se rendit 
compte qu'il etait necessaire de fake quelque chose pour dinger les efforts sur 
Felevage ameliorant et sur la vente. La premiere exposition et vente d'agneaux 
fut tenue a Quebec en 1921. Cette vente eut un tel succes en demontrant Feffet 
des reproducteurs de race pure sur la valeur marchande des agneaux et Favantage 
de l'amputation de la queue et de la castration qu'en 1922 on inaugura un systeme 
d'expositions et de ventes d'agneaux qui fut applique dans les provinces du 
Nouveau-Brunswick, de la Nouvel'le-Ecosse, de Quebec, de FOntario et du 
Manitoba. Le nombre minimum d'agneaux exige sous ce systeme est de trois 
cents, et Fon accorde des prix pour des groupes de cinq betes et de dix betes et 
pour un belier de race pure et sa progeniture. Les agneaux, apres' etre juges, sont 
classes e*t offerts, soitpouir La vente locale ou expedies au meilleur marche public. 
Aucun systeme n'a plus contribue a faire connaitre aux cultivateurs Fimportance 
commerciale des bons soins dans Felevage des moutons et a etablir la confiance 
dans Findustrie que ces ventes et ces expositions, qui sont devenues un evenement 
annuel dans certains districts. 

Ce developpement de la propagande ovine a ete marque par une cooperation 
tres intime avec les Ministeres provinciaux de Fagriculture et surtout avec les 
representants agricoles et les agronomes de ces Ministeres. Les agents de pro- 
pagande exterieurs ont permis de centraliser les travaux d'une maniere tres pre- 
cise donnant ainsi plus de stabilite et plus de suite aux differentes initiatives. 



10 

LE MOUTON DE BOUCHERIE 

En fait de viande de mouton, le marche actuel demande surtout des 
agneaux, on du moms des animaux jeunes et relativement legers, de meme 
que pour le boeuf et le pore, et meme encore plus que pour cee deux derniers. Le 
cuisinier veut des quartiers epais, bien garnis de viande, mais plutot legers, pour 
la table de la maison ou pour celle du restaurant. Le consommateur a appris a 
apprccier l'agneau tendre et savoureux, si bien que la proportion de moutons 
envoyes au marche avant l'age d'un an est aujourd'hui de 70 a 80 pour 100 du 
total. Le regne du mouton lourd, fortement developpe, semble avoir disparu, 
circonstance des plus favorables a l'elevcur auquel elle permet d'obtenir des 
rendements rapides de son troupeau. Sans doute, il se vendra toujours des 
moutons d'un age mur, car dans le cours ordinaire des choses, les sujets repro- 
ducteurs doivent un jour ou Tautre passer a la boucherie. Cette demande crois- 
sante d'agneaux est d'un bon augure pour l'avenir de rindustrie, mais il faudra 
prendre les precautions nficessaires pour maintenir et ameliorer la qualite du 
produit. Ce n'est pas tout que d'obtenir des agneaux a developpement rapide; 
il faut encore qu'ils possedent les qualites requiscs par le commerce de choix. 
Les sujets de choix obtiendront toujours un prix eleve, tandis que les agneaux 
maigres, decharnes, a dos mal garni ne sont recherche? par personne. Le marche 
veut de la viande, et cette viande est d'autant plus estimee quand elle se trouve 
sur le dos, les reins ou les cuisses. 

Celui qui veut produire des agneaux pour le marche doit tout d'abord se 
former un troupeau uniforme de brebis vigoureuses, toutes bonnes fourrageuses, 
actives, bonnes meres, reproductrices fecondes et regulieres, et bonne laitieres. 
La production de laine ne doit pas non plus etre negligee. 

La vigueur est une condition essentielle chez la brebis, comme du reste 
chez les femelles de toutes les autres categories de bestiaux. Une femelle robuste 
met au monde des petits qui prennent courageusement a la vie. II faut aussi 
qu'elle soit bonne mere, e'est-a-dire qu'elle s'occupe promptement des jeunes 
agneaux, des leur naissance, et qu'elle leur fournisse beaucoup de lait. Les brebis 
de ce genre ont une poitrine Large et profonde; elles sont assez compacted, tout 
en avant une longueur suffisante pour presenter dos cotes de bonne dimension. 
La the doit etre large entre les oreilles, les yeux sont larges, doux, bien otiverte, 
et les narines bien dilatees. Elles ne doivent pas presenter de signes d'empate- 
ment, pas plus du reste que d'exces de raffinement, indice d'une constitution 
delicate. Ce sont la des caracteres que 1'eleveur doit rechercher s'il veut obtenir 

agneaux sains et vigoureux. Nous en venons maintenant a l'autre aspect de 
la question: les exigences du marche. 

Le mouton de boucherie considere au point de vue du boucher 

Le corps de Panimal, considere au point de vue du boucher, nous servira de 
base pour evaluer les bonnes et les mauvaises qualites du mouton. Au point 
de vue de la boucherie, la valeur de la viande varie beaucoup suivant les diffe- 
rentes parties de FaxumaL La viande la plus precieuse est celle du dos, des reins 
et des quartiers de derriere. C'est pourquoi le boucher veut un dos large, des 
reins larges et bien garnis, et une cuisse bien recouverte de chair; Tepaule ne 
vaut pas autant que les coupes posterieures. Le cou est une partie bon marclir. 
il vaut d'autant plus qu'il est plus epais, mais comme il se vend peu cher, on ne 
doit pas chercher a le developper outre mesure. II faut cependant eviter un cou 
mince, qui indique une constitution faible et qui du reste s'associe geiu'ralement 
a un corps frele. I^e cou doit done etre court et epais et ce caractere se retrouve 
fc egalement dans tout le corps de l'animaL Le boucher divisc habituellement l'ani- 
mal entre la deuxiunr et txoisifeme cote. La partie de devant vaut environ deux 
centins de moins par livre que la partie de derriere. Au point de vue du marche, 
il faut done rechercher surtout le developpement du dos, des reins et de Tarriere- 



11 



train. Une conformation lisse de toutes les parties est egalement importante. 
L'animal dont la conformation est anguleuse ou grossiere a generalement le dos 
peu garni et la chatpente trop osseuse; souvent aussi le corps est tres ouvert au 
sommet de l'epaule, accusant une depression marquee entre les omoplates. Cette 
region doit etre plate sur une etendue de 6 a 7 ponces, et bien recouverte de 
chair, dans le mouton gras. Les cotes doivent etre bien arquees et bien garmes 
de chair feme. L'epine dorsale ne doit jamais etre saillante sur aucun point 
de sa longueur, meme dans les moutons.peu cliarnus. On rencontre souvent, dans 
les animaux bien reconverts de chair, une depression le long de Tepine dorsale; 
cette depression n'est pas un mauvais signe, mais un dos placet bien lisse doit 
etre prefere. Les reins (lombes) doivent etre bien garnis et bien cliarnus, mais 
il faut eviter un rein eleve et voivte. L'egalite, la symetrie, recommandees pour 
l'epaule, le dos et le dessus des cotes, doivent egalement se trouver dans les reins. 
Un rein eleve est plus generalement nu que bien fourni de viande, Quelquefo 

isi, les reins peuvent paraitre eleve a cote d'un dos bas et creux, que l'on doit 
toujours rejeter comrae une mauvaise conformation. Pour produire une bonne 
qualite de chair, les reins doivent etre larges et -'pais. On voifc souvent, parmi 
les troupeaux eommuns du pays, des croupes tombantes. C'est la un tres grave 
defaut, soit que 1'inclinaison soit dans la direction de la queue ou vers la cuisse. 
Le train d'arriere doit se prolonger droit et bien rempli, aussi bien sur le de>- 
que sur les cotes. Un mouton en bon etat de chair doit etre surtout fort du 
jarret aux handles. Le gigot de mouton doit non seulement etre bien garni de 
viande a 1'exterieur mais aussi a Pint&ieur, entre les cuisses, et la chair doit 
bien descendre jusqu ? au jarret, en forcant les jambes de derriere a se temr bien 
rtees l'une de 1'autre. En tatant le gigot, a l'mterieur, on doit trouver dans 
un mouton de boucherie, une bonne epaisseur de viande. 

t 

Au point de viie du nourrissenr 

Tant qu'on ne juge 1'animal qu'au point de vue du mfcrche, le tour de poi- 
trine, le poitrail ou la ligne des flancs ne regoivent que peu detention, mais 
des qu'on le considere au point de vue de Televeur, ces memes parties prennent 
une grande importance. Pour etre d'un bon rapport le mouton doit avoir une 
constitution vigoureuse, pouvoir consommer une grande quantite de nourriture 
et la transformer en viande d'un bon prix au cout le plus bas possible. Ces qua- 
lites vont invariablement avec une poitrine large et profonde, un corps profond 
et des cotes bien arquees, donnant beaucoup de jeu aux poumons et aux organes 
digestifs. L'eleveur judicieux recherchera aussi une bonne taille, parce qu'il 
faut un animal qui atteigne un bon poids de bonne heure. Une tete courte, large, 
'les youx pleins et brillants, des narines dilatees, des levres epaisses, un cou 6paia 
et fort, un corps profond et des jambes courtes, tous ces traits indiquent un 
animal vigoureux, prospere, qui donnera un bon rendement pour la nourriture 
consommee et fournira a l'abatage une bonne charpente, bien garnie de chair 

Outre ces marques d'excellence exigees egalement pour le boucher et l'ele- 
veur, ce dernier, s'il veut former un troupeau de race pure, doit aussi donner une 
grande attention a la qualite de la toison, a la couleur et a la qualite de la lame 
"uvrant la tete et les jambes, et a la couleur de la peau. II doit egalement 
idier la conformation generale et s'assurer si elle correspond bien au type de la 
race a laquelle l'animal appartient. 



12 
Echelle cle points pour le mouton de boucherie 

Points 

A. Apparence generate, 24 points, 

Poids evalue — livres suivant Page et la race. 

Pointage suivant I'age et la race 4 

Conformation: longue, large, profonde; animal bas snr pattest, unifor- 
mement lisse; ligne du dessus du cou a la croupe et ligne du dess 
du poitrail aux flancs. di*oites et paralleles . 8 

Qualite : ossature fine et nette ; poils doux sur la face, les oreilles et lea 
jambes; peau fine et moellcuse; toutes les parties charmies bien 
developpees, indiquant une eouche egale de chair ferine.. .. .. 8 

Allure: active, alerte, vigoureuse, mais non agitee; port noble et fier.*. . .* 4 

B. Tete et cou, 9 points. 

Museau: bien defini; bouche large et forte; levre forte sans emp&te- 

ment; narines larges. 1 

Yeux larges, saillants, nets, calmes [] . , 1 

Face: plutot courte que longue; traits nets et attrayants.. . .' .. .. 1 

Front: large et proeminent . . l 

Oreilles: de texture fine, de dimension moyenne pour la race, s'agitant 

vivement d'avant en arriere . . . . . . l 

Cou: court, epais, rond, eneolure bien garnie, sans plis a la gorge, 
portant la tete bien droite, solide, plus cintre chez les beliers que 
chez les brebis 4 

C. Quartiers de devant, 6 points. 

Epaules: larges, liases et bien garnies; larges pardessus. arrondies d'un 
cote a Tautre, bien remplies en arriere et en avant, et so novant 
imperceptiblement dans le cou et dans le dos .. 4 

Jambes: bras larges et, bien muscles; jambes droitcs, fortes, bien 
espacees, et cependant bien plaeees sous le corps; fermement 
posees sur des onglons de bonne forme et de bonne qualite. . .. 2 

I). Corps, 30 points. # 

Poitrine: ample, large et profonde. ofTrant beaucoup de place pour le 

cceur et les poumons; poitraii bien sorti et large; bon tour de 

poitrine . .♦ , , 9 

Dos: droit, egal, large, bien reconvert, de chair ferme; colonne verte- 

brale cachee, et meme deprimee des reins a la naissance de la 

_ q ue ue 9 

Cotes: bien sorties, bien arquees et bien recouvertes de chair 4 

Reins: larges, pleins w epais 6 

Flancs: de bonne epaisseur, egaux avec les cotes et la ligne du 

dessous 2 

E. Quartiers de derriere, 16 points. 

Handles: bien espacees, egales, Iisses, bien recouvertes de chair.. . . 2 

Croupe: longue, large, continuant la ligne du dessus et la largeur jus- 
qu'a la naissance de la queue, recouverte d'une coucbe profonde 
de chair t 4 

Cuisses: larges, bien garnies; chair descendant bien jusqu'a la ligne 
du dessous du corps 3 

Entre-cuisse : bien garni et profond, descendant presque aussi bas que 
leflanc. 3 

Jambes: droites, courtes et fortes, bien espacees. et cependant 

plaeees sous le corps, fermement posees sur des onglons de bonne 
forme et de bonne qualite; paturons forts, avec inclmaison 
legere.. .> 

Peau: de couleur rose riche, souple et moelleuse au toucher,',* .'. ' '" 2 

F. Laine, 15 points. 

Quantite: longue pour la variete, tassee et egale.. ., .. 6 

Qualite: fine pour la variete, pure, boucles serrees, re^ulieres et 

uniformes 5 

Apparence: briilante, sairie, propre, douce et lust rue . .. '" 4 



13 



PARTIES DU MOUTON 

1. Museau. 

2. Bouche. 

3. Narines. 

4. Levres. 

5. Nez. 

6. Face. 

7. Front. 

8. Yeux. 

9. Oreilles. 

10. Cou. 

11. Veine du cou ou veine de Fepaule 

12. Dessus dc l'epaule. 

13. Epaule. 

14. Bras. 

15. J arret. 

16. Poitrail ou poitrine. 

Pig. 2. — Partie du mouton (vue de cote et de devant) 




-15 



. -fcjfcL-t,, 




Pig. 3.— Parties du mouton (vue de derriere'). 



17. Ligne du dessus. 

18. Paleron (crops). 

19. Cotes. 

20. Tour de poitrine. 

21. Flancs de devant. 

22. Dos. 

23. Reins. 

24. Flancs de derriere. 

25. Ligne du dessous (ou du ventre). 

26. Hanches. 

27. Croupe. 

28. Naissance de la queue. 

29. Queue. 

30. Cuisse ou gigot de mouton. 

31. Entre-cuisse. 



PWNCIPALES RACES DE MOUTONS 

Origines, evolution, et caracteristiques 

11 existe un grand nombre de varietes de moutons domestiques, et toutes 
descendent sans doute d'un meme type. La domestication de cette categorie 
d'animaux date presque des origines de la race humaine; le deuxieme fils d'Adam 
fut le premier pasteuor. En se dispersant dans' les differentes parties du monde, 
les membres de la famille humaine emmenerent avec eux des moutons, et, sous les 
conditions diverses dans lesquelles ces? animaux se perpetuerent, ils formerent 
diverses races, donees chacune de qualites et de caracteristiques essentiellement 
differentes. Avec le perfectionnement des methodes agricales, les moutons, de 
meme que les autres animaux de la ferine, furent eleves pour des bute speciaux. 
Get elevage s'effectuant simultanement dans diverses parties de l'Europe et de 
lAsie, il etait naturel que des varietes a caracteristiques toutes differentes fussent 
creees. II est probable que le mouton domestique actuel a ete produit par la 
domestication de plusieurs races dans differentes parties du monde; les singulari- 
tea et les qualites de chacune ayant ete devefoppees, par la selection, jusqu'a ce 
que Ton ait obtenu un type plus ou moins parfait. Le nombre de nos races 
reconnues s'est aussi, sans doute, aceru par le croisement d'especes distinctes. 



14 

A 1'exception du merinos, dont on ne trouve que quelques troupeaux dans les 
provinces du Nord-Ouest, les principales races de moutons existant au Canada 
proviennent de la Grande-Bretagne. ELles rentrent dans la categorie des races 
a laine longue et a laine moyenne. Le merinos, sous sea diverses formes, est 

m' dans la eategorie des laines fib 




Fig. 4.— Types repreeentatifs dee races britanniques de moutons. 

II existe, dans les lies Britanniques, plus de yingt races, dans un etat de 
purete plus ou moins grand, et dont voici les principales: 



15 

Black Face Herdwick, Gray, Lonk, Devon. Longwool, Exmoor, Welsh, 

Cheviot, Suffolk, Leicester, Cotswold, Oxford, Shropshire, Hampshire, South- 
down et Dorset. , „ , .-. 

Seules les huit dernieres sont plus ou moms repandues au Canada. On trouve 
aussi un petit nombre de Suffolk et de Cheviot, mais ces deux vanctes n aug- 
mentent pas de f aeon appreciable. 

Les Lincoln, Leicester et Cotswold appartiennent aux vanetes a laine 
longue, et les Oxford, Shropshire, Dorset, Hampshire et Southdown rentrent dans 
la catigorie des especes a laine moyenne, la longueur de la toison d.m.nuant 
avee la race, dans l'ordre enumere. La toison du Cheviot de meme que celle 
du Suffolk, sont de longueur moyenne mais la premiere est la plus longue des 
deux. Ces deux especes sont done cla-ees avec les vanetes a lame moyenne. 

Leicester 

L ra L( ncienne des races de moutons a laine longue. 

Elle parait avoir peuple le comte de Leicester en Angleterre, et les comtes 
voi*hK meme avant 1660. A cette epoque, ces districts, connus sous le nom de 
SdS# reputes pour la quality de leurs moutons. Ceux-ci avaient, 
parait-i une forte Jssature, une charpente allongee etune toison lourde et forte. 
v\ £ ' 77 +, ^ 00 Hpvplonoer et a s'engraisser. II est generalement admis 

^^^^^^^^^ ^ ™^ danS k f0rmati ° n de !a 
race Dishlev. ou nouveau Leicester. ...... „ , ,_-_ 

M Bakewell se mit a ameliorer les troupeaux de son district vers 1 annee 1/55, 
ou environ II reconnut, et e'est la son principal merite, que les proprietes des ascen- 
dante peuvent etre transmises a leur progeniture jusqu a ee qui en result e un 
type fixe. II avait aussi, a un haut ^^^f^^^S^i^ !^ 
exterieure et le caractere de l a 
rait perpetuer. II etablissait x 
surtout de oe dernier point qu i. 
vai Afin de fixer de fawn permanente les quahtes quil desirait dans son trou- 
pefu, if eut recours a l'elevage consanguin qu'il employa presque jusqu'a xxn 
degre incestueux Bakewell recherchait avant tout une plus grande symetne 
de fonnes une p us grande aptitude a l'engraissement et un deve oppement p us 
rapideTn'e phJ ? Sfie proportion d'os et de graisse, et un developpement plus 
considerable des oarties du corps qui avaient le plus de va eur pour le boucher. 
Sans d e oSS ce" faraeteros furent obtenus, mais d'autres egalement de grande 
importance avaient ete negliges: la force de la constitution, la fecondite, a 
quantiS "et la qualite de la laine. En ces dernieres annees, les eleveurs de 
Leicester sont parvenus a corriger ces defauts. 

On admet ajourd'hui que nulle race ne possede un tour de poitnne plus con- 
siderable que la race Leicester. On ne saurait non plus accuser les Leicester 
d'aujourd'hui de sterilite, car on voit souvent des meres dormer naissance a trois 
petite, 'et il n'est pas rare, dans les troupeaux bien tenus.de consteter des aug- 
mentations de 150 a 175 pour 100. Quels qu'aicmt pu etre les defauts de la 
toison des Leicester de Bakewell, ces defauts ont depuis longtemps ete comges 
dans les troupeaux bien tenus. Regie generate les bons specimens de la race 
sont parfaitement recouverts sur toutes les parties du corps, excepte la tete et 
les jambes. La laine se distingue aussi par sa longueur et sa densite excessive., 
et nulle autre ne la surpasse en lustre. 

Desireux de propager aussi rapidement que possible la race qu il avait ame- 
lioree, M. Bakewell loua sy&tematiquement les behers de son troupeau, durant 
la saison de la lutte, aux cultivateurs du district. Ceux-ci furent lente a profiter 
de cette occasion et tout ce que M. Bakewell put obtenir pour le service de ses 
beliers, pendant une saison, fut 17/6 pour chacun. Cependant, telle fut l'ameiio- 
ration effectuee par ces croisemente qu'en peu d'annees la demande augmenta 



16 



dans une si grande proportion que les prix s'eleverent jusqu'a 100 guinees par 
tete, et on dit qu'au cours de la saison de 1789 la somme payee pour 
les services des beliers de M. Bakewell se monta a six mille guinees. 




Fig. 5. — Belier Leicester. 




Fig. 5.— Brebia Li 

Le mouton Leicester, apres avoir c'te ameliore par M. Bakewell, vers la fin 
du XVIIIeme siecle, etait un mouton a face blanche, sans cornes, tres apte a la 
production de la viande, a eou court et epais, dos large et horizontal, poitrine 
epaisse et profonde, profonds quartiers de derriere et fine ossature. La toison 
mesurait de 7 a 8 ponces de longueur; la laine en etait quelque peu grossiere et 
se terminait par une courte boucle. 

^ A la mort de Bakewell, un nomine Culley comment a employer le belier 
Leicester de Dishley sur la race Teeswater. Celle-ci avait alors une haute repu- 
tation pour sa longue laine. Les sujets provenant de ce croisement ont forme, 
parait-il, la race Border-Leicester, mais vu la proximite du centre de la race 



17 

Cheviot, on peut raisonnablcment supposer qu'au debut de la race Leicester le 
sang des voisins a face blanche a ete introduit dans un bon nombre des meilleurs 
troupeaux. Les beliers Border-Leicester devinrent bientot aussi reoherches que 
les beliers Bakewell, et on paya jusqu'a 100 guinees pour les services d'un seul 
animal, pour la saison. A partir de ce moment jusqu'a l'heure actuelie, le 
Border-Leicester a conserve une haute reputation comme race productrice de 
viande et de laine. Le Leicester Bakewell, plus tard connu sous le nom de 
Leicester anglais, fut perpetue a l'etat pur, et on en fait aujourd'hui Pelevage 
sur une grande echelle en Grande-Bretagne et autres pays. 

La difference entre le Leicester anglais et le Border-Leicester consiste sur- 
tout dans la forme de la tete. Dans la variete Border la tete est blanche, bien 
portee, propre et sans laine, le nez est legerement aquilin, le museau plein, les 
narines dilatees et les oreilles droites. Dans le Leicester anglais, la tete porte 
generalement une touffe de laine, et les j arrets sont egalement recouverts de laine. 
La tete du Leicester anglais est d'un blanc bleuatre, tandis que celle du Bolder 
est d'un blanc clair. Le Border a une charpente large et plus longue, et la ligne 
du ventre n'est pas aussi pleine; elle est portee un peu plus haut. 

Aucune race de moutons n'a ete plus largement employee que le Leicester 
pour ameliorer les autres races. Le Cotswold, le Lincoln, le Shropshire, le Hamp- 
shire et beaucoup d'autres lui doivent, directement ou indirectement, une partio 
de leur9 qualites. , 

Les Leicester canadiens comptent parmi les meilleurs sujets de la famille 
Leicester Nulle part au monde on ne saurait trouver de plus beaux specimens. 
La demande americaine a ete languissante au cours de ces dermers temps et nos 
eleveurs ont conserve dans leurs troupeaux les meilleurs sujets parmi les agneaux 
de chaque annee. Grace a la selection et a 1'elimination soigneuse, un grand 
nombre de bons troupeaux ont ete formes. L'excellence de nos Leicester 
demontre clairement que m les eleveurs canadiens d'autres races voulaient 
adopter les memes methodes, les troupeaux canadiens cle toutes les categories 
egaleraient ou surpasseraient bientot ceux de tous les autres pays. 

De meme que toutes les autres races de bouchene, le Leicester devrait pre- 
senter d'une facon generale, les caracteres typiques du mouton a viande, donnes 
dans la premiere partie de cet ouvrage. Le Leicester est une des grandes races; 
les beliers qui ont termine leur croissance et qui sont en bon etat de chair pesent 
de 250 a 300 livres, et les brebis, de 175 a 200 hvres. 

La tete petite pour la dimension du corps, est portee droite et avec digmte. 
Chez les beliers le nez est legerement rotoain, et presque droit chez les brebis. 
L'oreille est mince, moderement longue, et portee droite et alerte. La tete et les 
jambes sont d'un blanc de neige chez les jeunes ammaux, mais deviennent plus 
noires avec l'age. , , . . . . , ... , 

Le Leicester est classe parmi les races a lame ongue; toutefois sa toison 
est moins longue que celle du Cotswold et du Lincoln. La laine est lustree, a 
brins de bonne qualite. Elle couvre toute la carcasse, sauf la tete et les jamBes; 
cependant, on tolere une petite quantite de lame trescourte sur le front et sur 
les jarrets Elle tombe en spirales epaisses et elle est bouclee jusqua la peau; 
la toison consiste en une masse de boucles distmctes sur toute la surface du corps, 
et sans separation bien tranchee sur le dos, comme dans certames autres lames 
longues. 

Le Cotswold 

Le mouton Cotswold tire son nom d'une chaine de collines denudees des 
comtes de Gloucestershire et de Worcestershire, Angleterre, qu'il a habitees pen- 
dant une tres longue periode; a moins, oomme on le pretend, que ce ne soient 
les moutons qui aient donne leur nom aux collmes. Le mot Cotswold vient de 
<( cote" qui signifie bergerie, et "wold", colline depouillee. D'apres les histonens, 

3—2 



18 

cette race consistait autrefois en sujets a cou long, hauts rar pattes, de forme 
carree, a ossature puissante et revetuc tie laine fine et douce. Des l'annce 1464, 
les moutons de la race Cotswold furent, par autorisation royale, exportes en 
Espagne, au grand a vantage des troupeaux espagadla Ceci, joint a d'autres 
faits, tend a demontrer que la race produisait alors une laine fine, tres peu sem- 
blable a la longue laine actuelle. Pendant une longue periode aprfes la date que 
nous venons de mentionner, il ne semble pas que Ton ait rien ecrit de precis sur 
cette race. Deux ou trois siecles plus tard, le professeur Low, ecrivant sur le 
raouton Cotswold, donne Fimpression quil est le produit de la race Midland, a 
longue laine habitant les terres plates. 

D'apres les rapports des divers ecrivains, on peut conclure que le Cotswold 
initial, a laine fine, et le Midland a longue toison, ont produit, par leur fusion, 
le Cotswold du XVIIIeme siecle. Le sang Leicester, introduit en-suite, augment a 
l'aptitude de la race a produire la viande. Vers ce temps, la plupart des yieux 
p&fcor&ges furent releves, et Ton comment a cultiver des navets et des cereales, 
circonstance qui exerca une influence favorable sur le poids du corps et la lon- 
gueur et la force de la laine. Pendant longtemps, les eleveurs de Cotswold ont 
prefere et se sont efforces d'obtenir une toison a boucles larges, ouvertes, de 
preference a la spirale fermee du Leicester. Dans les premieres annecs de la 
race, des tarhes grises ou d'un brun 16ger, sun la figure on sur les jarrets, 
n'etaient pas consid6r6es eomme im defaut, et meme aetucllement ces marques 
sont encore pr6seiites sur les individus d'un grand nombre des meilleurs trou- 
peaux. bien que le Cotswold soft considere comme une race a tete blanche. 




Fig, 7.— Bel;« old. 

Quelle que soit I'origine de ce mouton, il est certain que pendant les derniers 
%D ans, au moms, il a ete tenu pur de tout melange, de sorte que le type est 
depuis longtemps cornipletement fixe. I/e mouton Cotswold est un animal de 
forte taille, liaut sur pattes, plus gros, et a ossature plus forte que le Leicester. 
II n'a pas le dos aussi large que eelui-ei, mais le corps est plus profond. En outre, 



19 

les quartiers de derriere ont une forme plus carr6e. Un trait trfcs caracterigtique 
du Cotswold, c'est la touffe de laine sur lc front, qu'on ne rase jamais comple- 
ment, mais qu'on laisse pendre sui la figure et qui s'etend parfois jusqu'au bout 
du nez. La toison est lourde. simieuse, plutot plus grossierc que celle du Leicester; 
die devrait peser de 10 a 15 livres de laine, assez propre, mais non lavee. Elle 
devrait eouvrir toutes les parties du corps. Regie generate, les medleurs speci- 
mens sont recouverts de laine jusqu'au j arret sur les jambes de derriere. De 
memo que chez lea I est portee tres droite. Le cou est plutot 

pins long et, dans Ken d< accuse une faiblesse qui lui donne. l'apparenee 

dun cou de brebis. On devra s'attacher a corriger ce defaut aussi rapidement 
que possible, partout oil on le constate. 




8.— Pain dd. 

La v.r, Cotswold jouit d'une haute reputation, en Grande-Br< 
I'etranger On fcro nombreux troup sujets pur- et de metis, en 

France, en Allemagne, en Australi* Z&ande, aux Etate-Unis, et an 

Canada, Us sont tree vigoureux et possedent, a un assez haut degre, la faculte 
tee leurs caract&istiques a leur prog6niture, quand on les croise 
avec d'auti s. On ne fait plus un aussi large emploi qu'autrefois des belters 

de cette race but les troupeaux mftia canadiens depuis que le marche demande 
des agneaux et des moutons do boucherie plus tegers. Ce sont encore les etats 
de l'ouest des Etats-TJnis qui constituent le principal debouche pour oes am- 
maux Le poids moyen dun belier CotswoW adulte, en bon etat de chair, est de 
250 a 300 livres, et celui d'une brebis, de 190 a 225 livr- specimens dispo- 

sition, specialement pe ttcignent encore de plus haute poids. lis deman- 

dent de bons paturages et r&ississ (i z bien a des altitudes n 3, en 

pays peu accidente Les meres sont en general bonnes nournces et amsi aptes 
a la production d'agneaux hatifs pour le marche L'aptitude a I'engra.issement 
est bonne, mais le grain de la chair n'a qu'iroe finesse relative, si on laisse les 
sujets depasser la maturite. Regie generale, les ammaux que l'on ne garde pas 
pour Tele vraient etre cngraisses et mis en vente avant d'avoir atteint 

1'age de six mois. 

^-2 J 



20 



Le Lincoln 

Le mouton Lincoln provient d'une race fortement developpee, qui peuplait 
les terres basses d'alluvion du Lincolnshire et les loealites avoisinantes sur la 
cote est de PAngleterre. C'etaient de grands moutons, a forme grossiere, portant 
de lourdes toisons de laine huileuse qui balayait presque la terre, Us avaient des 
cotes plats, des flancs creux, de gros pieds et de gros j arrets, et la cuisse etait 
peu developpee. Us ne se developpaient et ne s'engraissaient que lentement, 
mais ils produisaient heaucoup de graisse interieurement, bien que leur chair 
eut la reputation d'avoir une bonne saveur et un beau grain. Quand les Leicester 
ameliores se Brent remarquer, vers la fin du XVIIIeme siecle, les principaux 
eleveurs de Lincoln se procurement des beliers de cette race, qu'ils croiserent avec 
leurs troupeaux. Grace a ce croisement les formes grossieres de la race furent 
beaucoup ameliorees, et avec le temps, on parvint a obtenir un nouveau type 
plus fin que l'ancien. 




Fig. 9. — Belier Lincoln 

Le changement dans les methodes de culture qui s'effectua a peu pres en 
meme temps que ^amelioration de la race, et qui comportait la production de 
racines et de plantes fourrageres contribua egalement, avec les meilleurs soins 
et la plus grande attention donnee a l'elevage, a faire de la race Lincoln le plus 
grand productcur de viande et de laine du monde. On rapporte que dans les 
premiers jours de la race, des moutons de deux fcontes donnaient frequemment 
des quartiers de viande pesant 90 livres, et on cite un agneau de 14 mois qui 
produisit une toison pesant 26 livres et demie. 

La race Lincoln flit reconnue conmie race pure distincte par la Societe 
Royale d'Agriculture d'Angleterre, en 1862. Avant cette date, toutes les races 
a longue laine ctaient expoeiees ensemble, et les Lincoln, d'apres des comptes 
rendus veridiques, etaient generalement victorieux. Alors, comme aujourd'hui, 
c'etait une excellence race pour la laine ou pour la viande. II? se developpaient 
napidement, s'engraissaient facilement, faisaient des gains rapides, pour la nourri- 
ture consommee, mais demandaient de grandes quantites de nourriture en raison 
de leur dimension., Chez les animaux adult.es. la chair est un peu dure, mais 
elle est de bonne qiialite et abondante chez les agneaux gris ou antenais. 



21 

Pour le poids de la toison et la longueur des fibres, la laine du Lincoln n'est 
pas surpassee; en finesse, die egale presque la laine des Cotswold. Elle est 
hautement prisee par les fabricants d'etoffe rase (worsted), et tres demandee 
pour les tresses ou autres articles qui exigent des fibres longues et de bonne 
force. Le rendement habituel de troupeaux bien exploits varie de 10 a 14 livres 
pour les brebis, et de 12 a 18 pour les beliers, laine non lavee. La production 
de laine d'une annee est d'environ 8 pouees. 




Fig. 10. — Brebis Lincoln. 

Pour ameliorer un troupeau metis les Lincolns sont tres utiles quand on 
desire augmenter le rendement de viande et de laine; cependant on s'en sert 
aujourd'hui moins qu'autrcfois sur les troupeaux metis canadiens a cause des 
changements qui se sont produits dans la demande du marche. Pendant nombre 
d'annees les beliers Lincoln ont ete en vive demande pour ameliorer la taille et la 
toison des metis dans les Etats de l'Ouest de l'Union americaine, r Argentine et 
TAustralie. Us rapportent encore de tres hauts prix aux ventes annuelles des 
principaux eleveurs de 1'Angleterre; un grand nombre de bons specimens vont en 
Argentine. Pour les eleveurs canadiens, les Etats de 1'Ouest, qui prennent chaque 
annee un bon nombre de beliers-, a des prix remuncrateurs, constituent le prin- 
cipal marche. 

La race a une tete blanche et portc sur le front une touffe proemmente. La 
tete est massive, mais non grossiere. Le nez est quelque peu arrondi et non 
recouvert de laine. Le poitrail est profond et bien sorti t le corps rond et bien 
proportionne. Quoique lourd, ce mouton n'est pas grossier. Les beliers adultes, 
en bon etat de chair, atteignent des poids moyens de 250 a 325 livres, et les 
bons specimens de brebis font monter la bascule de 220 a 250 livres. Les 
specimens d'exposition atteignent souvent des poids plus considerables. 

Le Lincoln est plus massif que le Leicester ou le Cotswold. II ressemble 
plutot a ce dernier, au point de vue des formes. U est moins actif et porte la tete 
plus bas, en raison de son cou plus court et plus epais. 

Oxford Down 

Le mouton Oxford Down est le produit d'un croisement entre le Hampshire 
Down et le Cotswold. Ce croisement fut entrepris deliberement, vers l'annee 



22 

1833, par deux ou fcroifi ,'leveur> renommfe, qui desiraient combiner en une race 
les qualites des tnoutons a longue et a courte laine. Cette entreprise fut 
dans une^grande mesure, couronnee de succes; il en resulta un mouton de forte 
taille, a tete et a jambes noires, presentant la conformation des Downs et une 
lame dune finesse moderee. Les fondateurs de la race: M Samuel Bruce 
d>ynsham; Jo hn Gillett , de Braize-Norton ; William Gillett, de Souttileigh, 
Nathaniel Black, de Btanton-Harbour, tons eleveure marquante de leur teams 
cemeuraient a une demi-douzaine de milles Tun de lautre, et ils furent aides 
dans leur enti t -prise par MM. John Hitchnian, de Little-Hilton, et J L Twvman 
de la ferme de Whitechurch, Hampshire. Certains historiens pretendent que le 
sang du bouthdown fut introduit dans la race baissante, mais, comme cette 
vanete et la van&e Hampshire Down habitaient des districts voisins ftm de 
1 autre, et que m 1'une m lautre n'etaient encore bien fixees a cette date on peut 
supposer qu'll ne fut pas fait beaucoup de distinction entre les deux quand on 
soccupa de rechercher des types convenables des races Down. Dans les premiers 
croisements, le male etait un Cotswold et la femelle une Hampshire Down II 
parait y avoir eu un bon nombre de melanges avant que les eleveurs d'Oxford 
Down s arretassent a un programme fixe, M. Druce eonstata que les meilleurs 
resultate etaient obtenus quand on emplovait. des deux cotes, des animaux 
metis. On ne se fit pas faute d'employer dv< beliers metis sur (\v< brebis metiss 
qui possedaient des qualites desirables; les brebis de taille faible etaient accou- 
plees a des behers Cotswold et les males Down a des femelles metis de type plus 
ier. J1 ^ 




11— Bolior Oxford. 



Pendant nombre d'annees la race fut connue sous divers noms. Jusque vers 

1353, certainea personnes la designaient comme demi i d'autres eo*nme 

Down Cotswold". Quatre annees plus tard, a une reunion d'eleveurs tenue dans 

le comte d'Oxfard, on convmt de la baptiser "Oxfordshire Down". Bientot apres 

on adopta le terme Oxford Down, plus facile a prononcer. Depuis cette date 



23 

il n'a pas ete introduit de sang etranger, et le developpement et ^amelioration 
ont ete accomplis par la perpetuation des sujets seleefcionnes dans la race elle- 
meme. 

Pendant longtemps les troupeaux des divers eleveurs presentment, dans la 
toison et dans la face, des caracteres dissemblables dus a la preponderance des 
ascendants a longue ou a courte laine. Ces traits avaient compietement disparu 
avant la fin du sieclle dernier. La face tachetee est.devenue d'un brun egal dont 
les tons peuvent varier sans risque de defaveur. Le profil finement decoupe et 
le nez plus fin ainsi que 1'oreille longue et moderement fine sont, sans doute, des 
-tiges de l'ascendant Cotswold, tandis que la face noire et la toison relative- 
ment fermee proviennent du Down. Jusqu'a ces dernieres annees, les traits carac- 
teristiques principaux des deux race- aseendantes etaient visibles chez POxford, 
maris aujourd'hui les sujets primes aux grandes expositions ont une forme plus 
compaete qu'autrefois de conformation, ils ressemblent aux grands types Shrop- 
shire. Cette forme plus compaete est le resultat indirect des efforts que Ton a 
faits pour obtenir un animal a developpement plus rapide, suivant la tendance 
generale dans Pelevage de tous le- animaux de boucherie de la ferme. 

L'Oxford Down est une des plus grandes et- des plus lourdes varietes des 
Dunes; elle approche de tres pres le Hampshire, sous ce rapport. Un belier en 
bun etat de .chair devrait peser de 250 a 275 livres, et une brebds, de 175 a 220 
livres, a Fage adulte. 




Fig. 12i— Brebi 

En raison de sa forte taille et du caractere du pays ou il a etc Sieve, 
1'Oxford Down est mieux adupte aux terres arables qu'aux terres incultes. II se 
developpe rapidement et s'engraisse bien avec une alimentation moderee. Au 
point de vue de la qualite et du melange egal de graa et de maigre, sa chair 
semble a celle des autres varietes des Dunes. Pour les croisements, partout ou 
Ton desire une augmentation de taille et de rendement en viande, et partout ou 



24 

Ton a de gras paturages ou des fourrages riches pour elever les agneaux, l'Oxford 
Down est tres apprecie. Les brebis de cette race sont prolifiques et bonnes nour- 
rices. La laine est plus longue et plus grossiere que chez les autres races des 
Dunes; elle est aussi moins compacte. Dans les troupeaux bien exploites, une 
toison moyenne, non lavee, pese de 9 a 12 livres, mais les beliers bien developpes 
donnent souvent un rendement plus eleve a leur premiere tonte. 

Compares a la race qui leur ressemble le plus, c'est-a-dire les Shropshire, 
les Oxford se distinguent par leur taille plus grande ; leur toison est plus ouverte 
et plus longue au moment de la tonte; la tete et la face ne sont ni si foncees ni si 
completement recouvertes de laine, et la tete et Toreille sont plus longues. 

On trouve des Oxford Down dans la plupart des pays ou se pratique Pelevage 
des races ameliorees. II y en a de nombreux troupeaux dans presque toutes les 
provinces du Canada, les Etats-Unis, TAustralie et TAmerique du Sud. 

Le Hampshire Down 

Le Hampshire Down et le South Down sont proches parents. Les ascen- 
dants de ces deux races peuplaient les terres crayeuses des comtes Southdown, 
de l'Angleterre, depuis le temps de Guillaume le Conquerant. A Test de ces comtes 
le sol etait pauvre, accidente, ne fournissant qu'un paturage maigre. Les mou- 
tons que Ton y elevait etaient de petite taille, mais de forme compacte et renom- 
mes pour Texcellence de la chair. Ce sont d'eux que proviennent les South Down 
modernes. Ces terres crayeuses s'etendaient a Fouest dans les districts de 
Hampshire, Berkshire et Wiltshire, mais la le sol etait plus profond, plus fertile, 
fournissant un meilleur paturage et des recoltes plus touffues. Les moutons 
eleves sur ces terres etaient plus grands et plus massifs que les South Down, 
Ce sont les ascendants du Hampshire Down d'aujourd'hui. Plus a Touest on 
trouvait, dans ces jours lointains, les moutons a cornes de Dorset et de Somerset- 
shire. Pendant bien des generations, les moutons eleves a la lisiere de 
ces territoires se melangerent de telle fa^on qu'il etait impossible d'etablir une 
division bien nette entre les varietes. D'apres les premiers ecrivains, les trou- 
peaux des parties du nord et de Test des districts de Hampshire etaient de forme 
plus compacte et plus symetrique, et portaient une laine plus fine que ceux de 
la partie ouest; dans cette partie, les oreilles et faces blanches ou tachetees et 
les cornes en spirales etaient assez communes. Plus a Test, les cornes etaient 
inconnues et les faces et les oreilles des moutons etaient de couleur tres noire. 
Ces differences se maintinrent pendant toute la periode de 1815 a 1835. Vers 
cette epoque, on commence a cloturer les terres arables et a donner plus d'atten- 
tion a Televage du betail. On desirait obtenir une categorie de moutons qui se 
(k'velopperaient bien sur des paturage exposes et produiraient economiquement 
de la viande de choix, sur racines et autres cultures. On remarqua que partout 
ou les Southdown s'etaient longtemps melanges avec leurs voisins a cornes des 
comtes de Berkshire et Wiltshire, les troupeaux paraissaient mieux remplir les 
conditions desirees. Un grand nombre de cultivateurs entreprirent Tameliora- 
tion de la race par la selection et Televage. Pendant quelque temps, les types 
varierent suivant les centres d'elevage et la race manquait d'uniformite, mais 
plus tard le meilleur type s'affirma et fut universellement reconnu. Ce furent 
ces animaux que Ton pretend etre le resultat d'un croisement entre le South Down 
et les vieux moutons a cornes de Wiltshire, ainsi que les Berkshire Knot, qui 
formerent la souche de la variete Hampshire. 

Parmi les cultivateurs qui entreprirent de fixer la race Hampshire, M. 
Humphrey, de Oak-Ash, se distingua tout partioulierement. II possedait, de 
fagon indiscutable, les qualites particulieres que doit avoir un bon eleveur de 
detail. D ? autres, qui lui etaient contemporains, furent MM. Lawrence, de 
Bullbridge et Morrison, de Fonthill. La premiere mesure reellement efficaee 
que prit M. Humphrey, pour ameliorer la race, fut ^'introduction dans son trou- 



25 

peau d'un belier South Down, eleve par Jonas Webb, et qui avait remporte le 
premier prix de Liverpool vers 18cH. Une diminution de taille fut le resultat 
de ce croisement. Pour y remedier, Televeur s'appliqua a ne choisir, pour i'ele- 
vage, que les brebis Hampshire de plus forte taille qui repondaient a son ideal. 
Ces brebis furent accouplees aux beliers les plus virils et les plus robustes de son 
propre elevage. Les resultata depasserent les esperances de M. Humphrey. 
Ce n'est que tres rarement que M. Humphrey acheta des brebis, et encore fallait- 
il qu'elles fussent douees de qualites extraordinaires. C'est une de ees brebis 
ainsi achetees qui, accouplee a un belier d'une lignee fameuse, produisit Jack Tar. 




Fig, 13.— Belier Hampshire. 




Fig. 14. — Brebis Hampshires. 

Ces reproducteurs ne furent employes qu'avec la plus grande discretion, et jamais 
directement. Ainsi on donna a Jack Tar quelques brebis, et les agnelles qui en 
resulterent furent mises a part pour la reproduction. Ce n'etait done qu'apres 
qu'il s'etait intimement melange au sang du troupeau, que Ton permettrait au 
nouveau sang de se repandre dans le troupeau. 

On exerga le plus grand soin dans le choix des animaux qui devaient perpe- 
tuer la race. Les agneaux etaient severement inspectes a la naissance, et tous 
ceux qui revelaient des defauts ou des faiblesses etaient mis a l'engraissement. 
Seuls les meiileurs de ceux qui restaient etaient places dans le troupeau de repro- 
duction, tous les autres etaient vendus au boucher, et jamais a d'autres elevcurs. 



26 




27 



M Humphrey exerea aussi la plus grande discretion dans 1 i emploi des 
reproducteurs On essayaH des agneaux males sur un petit nombre de brebis et 
si lTproSn" ure repon<teit a L'atbente, on continuait a se servir du meme beher 
le« ™L "uivnnte- sinon on l'envoyait au boucher. II n'acheta jamais de 
^Iran^t n'.Xdu.srt jamai de sang (^Otata*^*. 
troupeau. Son troupeau fut disperse a sa mort en 18b8^ £a p upart de ste 
beliers se vendirent de 40 a 60 guinees par tete °^f ^. Raj^dont en 
methode* d'elevage avaient suivi de tres pres celles de M. Humphrey, qui en 
ad eta £ plufg and numb,,.. M. Rawlings avait obtenu ses aurc-ca grace a Ma 
selection rigoureuse et a lint reduction soigneuse des madtan beheraqu il pou- 
vait se procurer, beliers qu'il achetait generalement chez M. Humphrey. 

La rac Hampshire eet la plus forte des races Down; elk n'est ^surpassee e* 

poids, parmi les rare- a longue laine, que P" 1 ^^ ^*^^^ brebis 
beliers adultes, en bo* etat de chair, pesent de 250 a 325 "vre^et es Mwebu 
adultes, de 175 a 225 livres. c',tt, race se d^eloppe tres rapidment, et c ^t 
pourquoi on lui domic la preference quand on desire obtenir de lourd a gn aux 
pour le marche du pnntemps. Les brebis sont prohfiques et donnent du lai -en 
abondance. he Hampshire est assez haut sur pattes, mais il s engraisse piompU- 
ment et se couvre d'une couche epaisse de viande de choix. ba toison est tasset 
et egale en finesse a celle du Shropshire. Les troupeau* bien exploites donneni 
des toisons pesant de 8 a 10 livres en suint. La tete est umformement noire, avec 
une petite touffe de laine qui devrait etre blanche. Les oreilles sont larges, sans 
taches, de texture fine; elk- sont portees plus bas que chez les autres races. .Les 
j arrets sont egalement noirs et sans taches. 

La race se fait egalement bien aux paturages ou a la stabulation. Dans sou 
pays natal, on tient, sur beaucoup de fermes, plus d'une brebis delevage par 
acre, outre de grands troupeaux de betes a corn. ^e maintiennent 

en excellent etat dans les saisons ou les fourrages sont abondants. f 

Une <=ociete pour l'encouragement de la race et Institution dun livre genea- 
logique sW fondee en Grande-Bretagne en l'anne 1889. Cette meme annee, 
une organisation senildable se forma aux Ktat--l nis. 

Le Shropshire 

Le Shropshire, a l'otat de race pure, est une production du dix-neuvicmc- 
«Mp nSte vSte Bemble descendre de divers croisements. Elle parait pro- 
ven r'dSace d noutons d'assez petite taille, que Ton designa.t en 1792 sous 
knom Te Morfe Common, et que l'on elevait alors en grand nombre dans le 
district de Shropshire, en Angleterre. Ces moutons, v.goureux actifs, avaient 
a ors la tlte bn ne noire ou tachetee, et portaient des comes. In agneau bun 
noZi do^tTsqJartiers pesant de 10 a 14 livres et une toison d environ deux 
Hv^s et dei ie L'amelioration de cette rate date des croisements avec les 
Letter et les Southdown. Tandis que ces croisements eta.ent effectues et 
pendant des annecs apree, le type des sujets produits n avait nen de bien fb 
mais vers le milieu du siecle dernier on pamnt a creer une espece de Shropshire 
a earache fixe et eminemment desirable. Peuaprfc cette i epoque, leurs eleveurs 
les &ent reSnnaltre comme race distincte. D apres la description d alors ■ 
animaux .'avaient pas de come- *ibes eta.ent gr.ses ou tachet, 

le cou "ta t curt. bien forme; la V Q™ 8™nde, nen tormee, et les 

oreilles bien nosees; la poitr large et profonde; le dos droit la charpentc 

bonne les quarfer dc derrierc eta.ent souvent aussi arges que chez les South- 
down, et les jambes fortes, avec une ossature sol.de. lis eta.ent v.goureux, 
precoces, produisaient de 80 a 100 livres de ^ande et environ 7 livres de lame. 
Grace a une selection judicieuse, un bon accoup ement et une bonne methode 
d'elevage, le mouton Shropshire a aujourd'hui atteint un haut degre de perfection. 
C'est en 1853 qu'ils furent reconmuH pour la premiere fois comme race pure, par la 



28 

Societe Royale d'Agriculture d'Angleterre. Jusque vers 1870 les UmK» a »t l«= 
faces gnses ettechetees, et les toisons ouvertes n'etaienl pas „ £ r mais ct 
marques, de meme que les autres indications de croisements „„ S i * 

dispart, Pendant ces trente dernier* annees, la couleur de ta S fit 
brun nche, a moms qu'elle ne soit recouverte de laine Dresaupi ^nl?K f T 
nez, particularity que presented un grand nombre de "Laux Z^J? a h ,° Ut dn 
a l'heure actuelle. On ne s'oppose Pas , noHlis h un ™, *Z T de 1& - r&Ce > 
farineuse autour du museau P ' ^ peu de couleur g" s e ou 




Fig. 16.— Belier Shropshire. 




Fig. 17.— Brebis Shropshire. 



J 



29 

Le mouton Shropshire a obtenu, des 1859, une classe speciale distincte de 
celle des Southdown, Hampshire, ou Oxford, et peu apres ils surpassait toutes 
les autre© race, au point de viie du nombre des sujets exposes. En 1884, le 
groupe de Shropshire presente a ^exposition royale de Shrewsbury comprenait 
875 sujets, et toutes les autres races ensemble n'arrivaient pas a la moite de ce 
nombre. II s'est rapidement repandu sur toute la superficie du Royaume-Uni, 
et on le trouve maintenant en grand nombre dans toutes les parties du monde 
ou Ton eleve des races de moutons ameliorees. 




Fig. 18. — Groupe de beliers Shropshires. — Un puissant agent d'amelioration dans un district 
ou Ton eleve des mouton? de boucherie. 

L'amelioration de la race Shropshire ne fut pas rocuvre d'un seul individu, 
comme, par exemple, les races Leicester, Southdown et Hampshire, creees res- 
pectivement par Bakewell, Ellman et Humphrey. Un grand nombre d'eleveurs 
ont contribue au perfectionnement du Shropshire, et les progres accomplis ne 
furent que graduels. 

Si nous remontons j usque vers 1850, nous trouvons quelques noms d'Meveurs 
renommes: MM. Henry Smith, de Sutton; Green, de Marlow; Harton, de Shrews- 
bury; Farmer, de Brignorth; Adney, de Harley, et d'autres, dont les brebis se 
vendaient aux encheres a des prix variant de $40 a S75 par tete. I^es troupeaux 
de ces eleveurs, et d'autres que nous n'avons pas nommes, peuvent etre consi- 
deres comme la souche de la race actuelle, et leur sang coule encore aujourd'hui 
dans nos troupeaux modernes. 

Comme animal de boucherie ou comme producteur de laine, le Shropshire 
occupe une place proeminente. De corps, il ressemble au Southdown, has sur 
pattes, epais et charnu, mais il est plus large. II produit une forte proportion de 
viande maigre, tres estimee des bouchers. La toison est tassee, uniforme, et 
approche en finesse celle du Southdown; les brebis donnent de 7 a 10 livres, et 
tea beliers, de 9 a 12 livres de laine, non lavee. 

Pour croisements ou metissages, les Shropshires sont tres employes. Dans 
les districts des prairies, on emploie frequemment des beliers de cette race sur 
les metis merinos. Meme quand la brebis est de qualite inferieure, la proge- 
niture des males Shropshire est compacte, precoce, et a presque toujours la 
tete et les jambes noires. Les metis de caractere Shropshire remportent les 
meilleurs prix a la plupart des expositions de betail gras. La precocite du 
Shropshire est particulierement precieuse, etant donne le large emploi que Ton 
fait de cette race dans les croisements. 

Les associations d'eleveurs de Shropshire sont bien organisees en Grande- 
Bretagne et aux Etats-Unis, et 1'enregistrement de la genealogie est sur\ T eille 
avec soin dans ces deux pays. La American Shropshire Registry Association, 
organisee en 1884, comptait, a la fin de 1909, plus de 30,000 animaux enregistres, 



30 

tant au Canada qu'aux Etats-Unis. Un grand n ombre de pedigrees ont egale- 
ment ete enregistres dans les livres nationaux ranadiens. 

Le Southdown 

Le Southdown est une des plus anciennes des races de moutons a fcete noire, 
a laine de moyenne longueur. II est apparente aux races des Dunes, comme les 
Leicester ou autres especes a longue laine. C'est une de< varietes indigenes 
speciales aux collines' crayeuses des comics du <ud de l'Angleterre. Elle parait 




Fig. 19. — W 




Fig. 20.- B£liei S< 

avoir etc releguee aux terres des dunes ; au point ou la chaine des collines rrayeu- 
ses sur lesquelles elle passait penetrait dans le comte de Hampshire, elle etait 
remplacee par une variete de plus forte taille et de conformation plus ouverte. 



31 

Les premiers Southdown portaient des comes, mais elles ont depuis long- 
temps disparu; il n'en reste que des excroissances qui apparaisscm dv temps 
a autre sur les beliers de type assez grossier. Avant d'etre amelioree, la race 
etait petite, a cou long, a epaules legeres; le dos etait nu, la croupe tombante, 
mais la cuisse bien developpee. La toison n'etait ni aussi serree ni aussi ferme 
qu'aujourd'hui, et la laine etait plutot houclee. 

Un de& premiers ameliorateurs de la race fut M. John Ellman, de Glynde, 
comte de Sussex, qui commenga son travail vers 1789 et le termina a sa mort, en 
1832. Cot eleveur attachait beaucoup d'importanec a la forme du cou et a 
l'avant-train, qu'il voulait avoir nnisculeux, epais, bien prononce. II chercha a 
developper v^< raracteristiques, ainsi que Famiplitude des cotes, de la poitrine. et 
la profondeur et la largeur des quartiers de clerriere. "Le gigot de mouton", 
disait M. Ellman, "doit etre bien garni, en dehors, sur leg internes et 

extemes, et aussi rond qu'une balle de cricket." Sous sas soins, la toison clevint 
presque aussi ferme qu'une planehc, s'ouvrant jusqu'a la peat! quand l'animal 
se tournait, et presentant une surface ferme et elastique. Feu M. Jonas Webb, 
de Babraham, Uambridg 3ucceda a M. Ellman. Le type actuel de la race 

u en grande partie a Bes effo 




tthdown. 

Le Southdown est un dv> plus beaux moutons qui existent;, son corps lis 
egal, sa poitrine arrondie et oette, <mrtes, sa tete fine et ses reins 

larges, de meme que sa viande tendre, a gout fin et rarement trop grasse, le 
designent pour la pelouse du gentleman-fanner, tandis que sa precocity et son 
aptitude a l'engraissement le font egalement reehen-hcr du cultivateur pratique. 
C'est la plus petite des race- moyenmes; m: a sa forme compacte, elle 

attaint un poids remarquable pour sa taille. Un belier bien developp6, a point 
pour Pelevage, pese environ 200 livres, et a point pour ^exposition, de 225 a 240 
livres. Les brebis adultes pasent de 150 a 200 livres, suivant leur condition. 
Cette race convient mieux aivx terres roulantes ou accidentees, a herbage court 
et fin, mais elle s'adapte egalement bien aux prairies plates, non marecageuses. 
Elle estprecoce, poss&ie des aptitudes a l'engraissement exceptionnelles, et souffre 
moins de rencombrement, a la bergerie ou au paturage, que la plupart des autres 
races. 

La toison du Southdown est la plus eourte et la plus fine de toutes celles des 
ctanes, Sa laine ohtient un prix plus eleve que toutes les autres, a moins que les 
laines grossieres ne fassent defaut. Elle est compacte et en general uniforme 
sur toute la surface du corps. Un Southdown moyen rend de 5 a 7 livres de 
laine, en suint. 



Pour fins de croisement, le Southdown a ete particulierement utile et toutes 
les varietes arneliorees des dunes lui sont tributaires. Comme ses caracteres sont 
depuis longtemps fixes, il les transmet a sa progeniture jusqu'a un degre remar- 
quable. 

La face, les oreilles et les jambes du Southdown ont une teinte uniforme, 
gris brun ou gris souris. Le front, les joues, sont bien recouverts de laine de la 
meme densite et de la meme blancheur que la laine des autres parties du corps. 
Les oreilles sont plutot petit es, assez espaeees, recouvertes de poils fins, et ont 
un mouvement d'avant en arriere tres vif. 

Avec ses proportions adrairables, sa symetrie parfaite, son corps compact, ses 
pattes courtes, le Southdown represente le type ideal du mouton de boucherie. II 
a une allure vive, attrayante, un regard hardi et un pas ferme et fier. 

Le Suffolk 

Le mouton Suffolk, qui n'est represente au Canada que par un petit nombre 
de troupeaux, appartient aux races des dunes, qui peuplaient autrefois les comtes 
du sud de rAngleterre. Quoique plus large, de tattle plus allongee, et de couleur 
plus noire que le Southdown, cette race a cependant largement contribue a la 
formation du Suffolk. La scule autre race qui soit entree dans la combinaison 
est le Norfolk, qui parait avoir ete rave de la liste des races modernes de^ mou- 
tons. Les anciens Norfolk etaient hauts, robustes, actifs et prolifiques, a face 
et a pattes tres noires, munis de cornes chez les deux sexes, et rcvetus de toisons 
de laine fine et douce, qui rendaient environ 3 livres a la tonte. lis peuplaient 
lea pontes emyeuses des comtes de Suffolk, Norfolk, Cambridge et Essex. Le 
Southdown, qui habitait les comtes adjacents, est. comme nous l'avons^ dit, un 
mouton plus epais, plus bas sur pattes, et bon "raceur". Ce sont les beliers de 
cette derniere variete qui, employes sur les brebis de l'ancien Norfolk, ont forme 
la nouvelle race de Suffolk. 

L'honneur d'avoir cree le Suffolk revient principalement a M. George Dabito, 
de Lydgate, que Ton dit avoir ete un avocat enthousiaste de la combinaison 
Southdown et Norfolk. Bien que le nom de Suffolk n'ait pas ete generalement 
adopte avant 1859, epoque ou le Societe d'Agriculture de Suffolk erea des classes 
speciales pour cette race, on pretend qu'il en existait des troupeaux purs en 1810. 

En ces dernieres annees, les Suffolk ont tenu tete aux autres races a laine 
courte dans les expositions britanniques. En 1883, 1884 et 1885, ils battirent 
toutes les autres races a l'exposition de la Societe Royale d'Agriculture, et ils 
remporterent depuis de belles primes dans la categorie des moutons gras, dans 
les concours ouverts a toutes les races, a l'exposition de betail gras de Smithfield. 
D'appai^ence grele, en raison de la tete et des jambes nues et du peu de longueur 
de la laine, cette race ne parait pas aussi attrayante que la plupart des autres 
especes Down, mais e'est sur le bloc du boucher, la vraie pierre de touche de 
tous les animaux a viande, qu'elle montre reellement ce qu'elle vaut. Sa chair 
est rarement trop grasse, si elle Test jamais, et le grain en est beau et la saveur 
particulierement agreable. 

Actif et tres vigoureux, le Suffolk reussit aussi bien sur les collines a maigres 
herbages que sur les gras paturages. L'infusion de Southdown et le soin apporte 
a Televage, au cours de ces dernieres annees, en ont fait une race tres precoce. 
Les troupeaux produisent une haute proportion de jumeaux vigoureux qui se 
developpent rapidement, grace a la quantite abondante de lait donnee par leurs 
meres. 

La Societe du mouton Suffolk, d'Angleterre, fut etablie en 1886. Les pre- 
mieres importations au Canada eurent lieu en 1888, et quelques troupeaux se 
font depuis etablis dans rOntario, Tile du Prince-Edoaurd et la Colombie- 
Anglaise. Les premiers Suffolk des Etats-Unis furent importes en 1888, mais 
un grand nombre d'autres suivirent, et Fassoeiation americaine pour Tenregis- 
trement de cette race fut constituee en 1892. 



33 




24298—3 



34 



Si on les compare aux autres races des dimes, c'est avec le Hampshire quo le 
Suffolk presente le plus de points de ressemblance, et aujourd'hui encore, a quel- 
ques-unes des grandes expositions, ces deux varietes sont classees ensemble. 
Toutefois, ils leur sont inferieurs sous le rapport de la taille et du poids, mais ils 
sont plus lourds que Jes Southdown et les Shropshire. Les beliers adultes" en 
bon etat de chair, pesent de 240 a 260 livres, et les brebis, de 190 a 210 livres, 
lis ont le corps et les membres plus longs que le Shropshire. La tete est plus 
longue, plus etroite, et nue; mais Ton ne s'oppose pas a la presence d'une petite 
touffe de laine blanche et courte sur le front. La tete et les jambes sont d'un 
noir lustre. Au point de vue de la production de la laine, ils rendent un peu plus 
que le Southdown, et la qualite de la laine est egale a celle du Hampshire ou du 
Shropshire. 

Dorset 

Le mouton Dorset a comes, constitue Tune des plus anciennes races de 
moutons anglais. II peuple, depuis une date tres ancienne, les oomtes fertiles de 
Dorsetshire et de Somersetshire, situes dans le sud-ouest de TAngleterre. Le pavs 
d'ongine de la race est parseme de collines et de vallees fournissant des patura- 
ges crayeux et eleves, ou des pertfes et des vallees argileuses et riches Le 
mouton Dorset original etait un animal large, plutot massif, a longues pattes et 
extraordmairement precoce. Les deux sexes ont conserve leurs cornes depuis 
1 ongme de leur race jusqu'a nos jours. Ils appartiennent aux especes a laine 
moyenne, mais, contrairement a la plupart de celles-ci, ils ont la face et les patter 
blanches. On s'efforga, mais sans succes, d'ameliorer la race par des croisemenb 
bien que l'on ait employe pour cela les races Leicester et Southdown L'amelio- 
ration tres sensible effectuee dans la forme et le precocite du mouton Dorset 
au cours du dernier quart de siecle, s'est faite enticement dans la race elle-meme' 




Fig, 23. — B&ier D< 



Pour 1 elevage, le Dorset possede des qualites qui le rendent superieur a 
toutes les autres races. Les brebis, contrairement aux autres varietes, peuvent 
etre sailhes presque a tout moment de l'annee, et il n'est pas rare qu'elles agnel- 
Imt deux fois en 12 mois En Angleterre, on voit souvent, a Noel, des agneaux 

ti!! %T TChe de Smithfield > f* ils eommandent alors des prix fantaSS 
Beaucoup d'eleveurs, sur ce continent, de meme qu'en Grande-Bretaene 

^^f?*' J" 1 ag r UX d :- tom -.des le mo Q is de SSibSrSdis 
que d autres preferent ne pas les avoir avant Janvier. La brebis Dorset es" 



une 



35 

mere excellente; elle produit rarement moins de deux agneaux, et souvent trois. 
Elle donne du lait en abondance, et ses agneaux, bien nourris, se developpent 
tres rapidement. Pour ces raisons, les Dorset occupent une place speciale, 
comme producteurs de ce que Ton appelle des "agneaux de serre", qui rendent 
frequemment de 40 a 45 livres de viande nette, a quatre mois. 

La conformation generale du Dorset est celle du type de boueherie; il se 
rapproche plus du Southdown, sous ce rapport, qu'aucune des autoes races. II 
est plus gros que le Southdown, egalant presque le Shropshire, mais moins 
symetrique que Tune ou Pautre de ces varietes. Le poids moyen des beliers 
adultes est d'environ 200 livres, et celui des brebis, d'environ 170 livres. 

Au point de vue de la qualite, la laine du Dorset ressemble beaucoup a celle 
du Shropshire; la toison est tres tassee, tres blanche, et elastique. Le front et 
les machoires sont recouverts, comme che2S le Southdown. Les beliers de bonne 
venue rendent environ 10 livres, et les brebis, de 7 a 8 livres de laine, non lavee. 

Les comes du Dorset s'inclinent gracieusement en avant, assez pres des 
machoires, Elles sont petites et plates chez la femelle, mais beaucoup plus lon- 
gues, beaucoup plus fortes et beaucoup plus anguleuses chez le male, ou elles 
s'enroulent en spirales vers Pexterieur, a partir du dessus de la tete. 




Fig. 24. — Rrebis Do 

Les Dorset sont tres apprecies aux Etats-Unis pour le croisement, surtout 
dans les districts ou Pon trouve des metis merinos. lis communiquent d'une 
fa§on remarquable leur fecondite, leur vigueur, leur excellente aptitude laitiere 
et leur forme compacte, a leur progeniture. Leurs oornes les rendent peu propres 
a des croisements avec des races sans comes. Cependant, si Pon devait s'en 
servir dans ce but, les Dorset, dans le croisement, ne devraient fournir que les 
femelles. On obtient ainsi des agneaux a face noire, qui s'ecoulent plus facile- 
ment que les agneaux purs Dorset et qui sont souvent primes aux expositions, 
dans les categories ouvertes aux metis. 

L'elevage du Dorset a ete peu pratique, en dehors de son pays natal, j usque 
vers 1885. Dernierement, de petits troupeaux ont ete etablis dans d'autres parties 
des lies Britanniques. On a commence a en importer au Canada vers 1885, et 
aux Etats-Unis en 1887. On en trouve maintenant de nombreux troupeaux au 
Canada et aux Etats-Unis. 

Le Cheviot 

La race Cheviot est peu connuc des eleveurs canadiens, mais elle gagne 
rapidement en faveur partout ou on en fait un essai loyal. Venant d'un pays 

24298— 3i 



36 



accidente, elle possede une faculte particuliere d'adaptation pour leg pays de 
montagne, ou Ton ne peut donner une attention journaliere aux aniraaux. 




Fig. 25. — Belier Cheviot. 




Fig. 2C. — Brebis ct agneau Cheviot. 



37 



Le Cheviot est 1'une des plus anciennes races mod e moutons. II 

appartient a la categoric des races de montagnes et vient aprfes la race Black 
Face, des Highlands de I'Ecosse, au point de vue de la rusticite. II provient des 
terres inontagneuses qui bordent PEcosse et r Angle terre, et ou Ton en pratique 
1'elevage depute une 6po«que trcn rcculee. Dans son pays natal on ne lui fournit 
pas d'abri, et il paittoute l'annee sur les pentes des montagnes et dans les vadtees. 
Cettc vie en plein air a fait du Cheviot Tune des races les plus rustiques parmi les 
especes a lainc moyenne. 

Le premier essai efficacc d'amelioration du Cheviot remonte a l'annee 1756. 
Cette meme annee, quatrc cleveurs renommes visiterent le Lincolnshire et revin- 
rent av( liers 3 qu'ila employment avec grand succes sur leurs troupeaux. 

On pretend que le troupeau de M. James Robson, de Philhope, fut si bien ame- 
liore par le croiseraent Lincoln que, pendant de nombreuscs annee, M. Robson 
vendit plus de beliers a lui seul que la moitie des fermiers de la montagne ffits 
ensemble. 

La race fut baptisee vers 1792. Elle etait alors decrite comme race a laine 
fine. De 1800 a 1860, le mouton Cheviot gagne graduellement du terrain, et ,ea 
Black Face disparaissent de la plupart des meilleures fermes du sud de I'Ecosse, 
sauf dans les districts montagneux de V Ayrshire et de Lanarkshire. Ensuite vint 
une serie de saisons rigoureuses, qui remit les Black Face en faveur dans toutes 
les localites, sauf sur les pentes inf&rieures et herbeuses de la montagne, ou le 
Cheviot se maintient encore aujourd'hui. 

■n animal de taille moyenne, a peu pres semblable au nre 

pour le poids. Les brebis peseni de 150 a 160 livres, et les beliers, de 180 a 215 
livres. lis ont la face blanche, sans conies. Le corps est crime longueur excep- 
tionnelle si on le compare au mouton des bruyeres du nord de la Grande-Bre- 
tagne. Comme la plupart des races dv> montagnes, lis ont ravant-train leger, 
mais les quartiers de derriere sont bien d6velopp&3 et produisent <\v< gigots de 
qualite exceptionnelle. La viande du' Cheviot, comme celle des autres races 
de la montagne, est d'excellente qualite. II i quYlle devienne fcrop grai 

>>st une viande persJIW :t-dire melangee de gras et de mai| Ire, 

et qui possede un gout fin- 
La laine du Cheviot appartient a la classe moyenne. L une ten- 
dance a etre ouverte et elle est quelque peu plus longue et plus grossiere que le 
meilleur type de laine Shropshire, Comparde it la laine des Oxford, elle lui 
plutot superieure en qualite. Lee brebis rendent de 6 a 9 livres, et les beliers, de 
8 a 12 livres de laine, non laviV. 

Le Cheviot est doue d une vigueur de constitution extraordinaire. II est tres 
prolifique, les brebis produisant plus souvent des jumeaux que des agneaux 8« 
Les brebis prennentbien soin de leurs agneaux et ceux-ci Be dSveloppent rapide- 
ment, dormant, a Tage de 6 mois, de 50 a 60 livres de viande. 

De fa$on gencrale, la forme du Cheviot resemble beaucoup des 

autres bonnes races a viande. La tete. re trop lourde, est large, bardie, 

a\, bux noire* brillants, et des oreilles droites de moyenne longueur. Le 

nez est romain; la peau, autour de la bouche. est noire; les jamfbes, la lace et les 
oreilles sont recouvertes de poils Wanes, dure et pro]) 1 

Le Cheviol convient tout particulierement aux districts accidents. 11 r&issii 
bien menie sur un pfcturage maigre, pourvu qu'il puisse avoir acces a une gmnde 
superficie de terrain, et s'engraisse promptement sur racines, bon p ou 

BUS fourrages, meme sans ration de grain. Ces m sont tout a fait ohez 

eux dans les' Provinces maritimes et lesi parties . a de la province de 

Quebec, ou l'on en trouve maintenant quelques troupeaux. 



38 



Le Merinos 

Tres repandus dans la Republique Amcricaine, les merinos ne sont -pas deve- 
nus populaires dans ce pays. Au Canada, de meme qu'en Grande-Bretagne, il 
faut qu'un mouton soit au moins un peu apte a produire de la viande pour que 
les eleveurs s'en emparent, ou que le cultivateur ordinaire, qui ne garde que 
quelques sujets, y trouve son profit. Toutefois, dans les prairies, la majeure 




Fig. 27. — Brebis Merinos. 





__ * 








m 








■nnHHSMBiiHi 



Fig. 28— Belier Merinos. 

partie des troupeaux sont fonm'< <\v merinos, et bien que le type de boucherie 
squt en liriu'ral prefetv par tout le Canada, tout indique que Ton continuera a 
faire appel p6riodiquement, sinon de fanm persistante, au sang merinos, tant 
qu'il restera de grands espaces en prairie. C'est a cause des qualites superieures 
dont le merinos fait preuve sur paturage, et egalement a cause de la demande 
de nos manufactures naissantes pour une qualite de laine superieure a la laine 



39 

<j- t QO lamps des Bfcairies out beaucoup augmente de valeur, 

grossiere ou mediocre Les laines des PJ™ K encourager l e deve- 

au cours de ces dermeres annee* C est la un » qu ir un r61e 

loppement de. l'elevage du mouton, et . 1 !^ "™ ^ n0 P u P s somme , interesses a 
important dans ce deve oppement JW£JJiX3 de la production de la 
l'elevage du mouton qu'au point ^^^ d es nombreuses sortes 
viande, mais il ne faut pas oublier que ce n est ^ J U P™ , all ,iis que la 

de viande que nous prodmsons, et ^/™ C K point dc vue de la 
laine est un produit particular et ^^^ a ^^mSaa generate dans 
laine que nous devons nous attendre a a on une ameno 
l'elevage ovin. ,, ^ £\ ev (, pr esque exclusivement 

Le merinos est un mouton a lame fine. I * ^ete .Jj 4 ^^ qudqueg 
pour sa toison depuis les premiers ages de i lj ere u. _ i' e ngraissement de 

annees, on a donne plus ou moms d'atten ion a 1 hapWade a gr ^ ^^ 
quelques families, mais a ce point «e vue le monnos ch ez i ^ & ^^ 

pas plus ^attention que les races stridemen > J? 1 ™** et r air plus rigou- 

Toutefois, on pent fort bien concevoir Q™ 1» ™*« J^W ^ ^ 1>apti . 
reux des latitudes temperees causent a »» ^^J^^ie des formes, 
tude a la production de la viande et dans f™&™* £e tant et depuis si long- 
Le merinos est d'origme espagnole, mais ;™ e ° e l^™J t mai P t enant con- 
temps, en Allemagne et en France, que «^ n ^J"!jS™ il s'en est fait des 
siderees eomme particulieres a ces pays. *<^$f$* ^ e l e ve en cate- 
importations de divers pays europeens aux Etate^Jms ou on ^ 

gories plus ou moins distinctes, connues ^^l^^^fo^pagoole, est 
caine-f "Delaine", et "Rambauil let". L * ™^!^^Sto ££que exclu- 
la plus petite et la plus legere, et, en.ore aujourd 1 m, on Utej^ 1^ ^^ 
sivement pour la production de lame fine, ^elaine est un j ^ ^ 

avec peu ou point de rides, et presentant, au point f\™°£m^ de a vian de. 
formifl remarqu,ble quant a mipo *»»»** ive de la oison et u 
Le merinos franeais, ou ^ boul11 VtndueHon de h viande, en France et aux 

Nouvelle-Zelande et en. Argentine .matt ,* mme , j t aux E t ats . 

popularite. dans l'Amenque du Nord, e t liimtu M I m6rinos 

Urns, ou 95 pour 1CK) des -jjgj&j ^f introdui • sent repandues 

Ces annees dermeres, les races i an g» (ks t a vian d e . 

si rapidement, que la P^ rtl °°*& m !£Sement aujourd'hui des beliers de 
Sur les plaines de l^est, on «y lo« ^ » aeau i qui arriven t .aux mar- 

race de boucherie, et les nulliers de ™ on ^ e cmen f ? ang!ais sur SO uche merinos. 

ches des Etats-1 !Use ^e c* ^SmSSE Tont une bonne conformation 

Les agneaux qui proviennentj le ces croi souvent ime gur k 

pour la production de la viande et, bien nou , 

marche. . , . tTine \ , iutr » de former de petits troupeaux 

Au Canada, on a entrepns, de d P ^ *■ « n . , )re a lv , tat pur; 

merinos purs, et l'on en P'^^S^i "nportcs ont servi a des 
niais, jasqu'a present, la grande majori i R bouillet ont ^ 

eroisenWte. Des brebis De ^^Xou ieTau^s Etats de l'Ouest, pour 
importees en grand nonibre f Montana ^ ^ ^.^ de race3 de 

peupler les prairies de I'Ouest, et on ^les ia n^ j ge d eveloppent que 

boucherie. Dans les conditions des pi a int* le. a a Qn 

lentement. et la majorite des nioutun, »g ^jd»Jk Ug ^e ^^^ ^ ^ 
vend peu d'agneaux en autoim, ,c, po l-g^g nou ; rig) en hive r, avec du 
dermeres saisons plusieurs mfluers o« suje« u 



40 

foin et des criblures, aux elevateurs, et etaient en excellent etat pour le com- 
merce d'hiver et de printemps. 

La race Merinos est la plus legere des races de moutons enregistrees. Le 
belier moyen pese de 150 a 200 livres, et les brebis, de 90 a 1£0 livres; mais 
parmi les Rambouillet on rencontre parfois des brebis de 200 livres et des beliers 
de 300 livres. La race a fait preuve de facultes d'adaptation egales sous des 
conditions fort differentes; elle reussit egalement bien sur les collines maigres et 
sur les plaines fertiles. Elle supporte Pencombrement, le manque de soin, les 
longues marches, mieux que les autres categories de moutons. Pour toutes ces 
raisons, bien que moins prolifiques que les races anglaises, les merinos, gardes 
en grands troupeaux dans les prairies et dans des conditions ou il est impossible 
de leur accorder une attention individuelle, se multiplient de facon satisfaisante. 

Races pures favorites 

Aucune restriction n'a ete apportee a Introduction et a la distribution des 
races pures au cours du developpement de Industrie ovine au Canada et le 
nombrc de ces races a augmente dans la mesure oil elles etaient appreciees par 
les eleveurs eux-meraes. Les eleveurs de moutons de race pure et les societes 
d'eilevage chercherent naturellement a repandre leurs races de predilection, si 
bien que Ton trouvait souvent, dans beaucoup des vieux districts, plusieurs trou- 
peaux de race pure de different elevage. On se scrvait, dans ces districts, de 
beliers de differentes races sur 1* ux m£tia, si bien que les agneaux man- 

quaient d'uniformite et qu'il ny avait pas de systeme bien arrete d'ameliora- 
tion. ^ En ces dernieres annees, la propagande ovine a etc conduite de facon a 
etablir une race distincte pour chaque groupement et Ton a fait des efforts pour 
empecher la multiplicity des races duns les districts ou dans les provinces en 
encourageant ces races qui sunt devenues le plus generalement appreciees et qui 
produisent de la laine et des agneaux repondant a toutes les exigences du marche. 
Le choix des races varie quelque peu suivant les provinces mais en general, celles 
sur lesquelles se porte la preference sont les suivantes: Shropshire, Oxford, 
Hampshire, Suffolk, Southdown et Leicester. On pent aussi mentionner le 
Dorset a cornes pour la Colombie-Britannique et le Cheviot pour Quebec. 

FORMATION D'UN TROUPEAU DE MOUTONS DE RAPPORT 

Le cultivateur intelligent qui veut se former un bon troupeau de moutons 
de rapport a aujourd'hui beaucoup plus de facilitcs que n'avaient ses prede- 
cesseur. Autrefois — il y a deja bien des annees — on ne trouvait comme sujets 
de souche dans les anciennes provinces du Dominion que les moutons communs, 
nom par lequel ils etaient generalement designes, et communs ils Tetaient en 
effet a plus cTun titre. Partout on les rencontrait sur les fermes des cultivateurs 
anglais du Dominion, et ils etaient absolument depouvus de tous les signes de 
bon elevage qu'attestent aujourd'hui par leurs qualites les bons types de bou- 
cherie. Mais ils etaient vigoureux et si dcbrouillards qu'ils ne causaient que pen 
de frais a leurs proprietaires. Cependant, leur agilite a escalader les clotures 
et a prelever leur nourriture sur les recoltes cultivees fut souvent une cause de 
querelles entre voisin 

Ils etaient assez hauts sur pattes, a corps peu profond et peu garni de chair. 
Leur laine, quoique courte et epaisse, in'tait cependant pas tres fine; elle etait 
meme tres grossiere sur les handles et sur les cuisses, et, ce qui etait encore pire, 
elle s'eclaircissait beaucoup avant Fage de deux ans, jusqu'a laisser les parties 
inferieures du cou entierement a nu. 

Ceux qui employaient ces moutons comme sujets de souche ne pouvaient 
guere obtenir de leur troupeau dv< types sufli^amment uni tonnes avant d'avoir 
employe un belief' d'un bon type de boucherie sur plusieurs generations succes- 
sives d'animaux. 



41 






Auiourd'hui, les choses ont bien change. Le debutant a a sa disposition des 
troupeaux presque purs des different* races; il pent commencer avec un trou- 
peau dc metis selectionnes et presentant tous es caracteres de la vanete pour 
laquelle ils se sent une predilection. Depuis longtemps, les meilleurs eleveurs 
de ces races s'efforcent d'etablir dans leurs troupeaux respectifs le meme. type 
ideal de conformation. II n'y a que la taille qin vane. II sera bon I avoir «•. 
ideal dans l'esprit en faisant un choix. II faut un dos bien re ouvert ^^mrh- 
quant des cotea bien arquees et des rein. larges; l* chair base et easbque an 
toucher, si I'animal eal en bon etet, et non pas molle, m Basque J» *«*• » 
l'anhna est en bon etat de chair, l'epine dorsale ne devrait pas se .senta au tou- 
cher. II faut rechercher des qnartiers longs, bien garn.s, b'^^ 1 ^ 18 ,^^ ' s 
cuis«e et «ur les face internes et externes des cuisses. Ce sont la les parties Its 
Xsprti^'du corps Mais il nous fan. aussi des cotes de bonne profondeur, 
une pSne;^ et profonde, si nous voulons avoir une ^^^SSZi 
Cos caracteres doivent s'assocler a un con de longueur i»»M»^ pus Jortaux 
epaules et bien plante. Une tOte nette et mtelhgente des yeux JJnUjjtj, as** 
saillante, nolle mollesse dans I'apparence; tous ces traite sont a rechercher 

Dans le choix des brebis, il faut donner une attention part.cuhere a 1 o>- 
ture, qui doit etre bonne et ferine; les jarrets doivent etre courts et sohdes, pas 
trop inclines en arriere; les pieds de bonne forme et de bonne dimens.on, 
jambes droites et d'aplomb. 

La toison demande anssi beaucoup d'attention. Les meilleurs produ^teurs 
de lame qui prescntent en mime temps tous les traits -t.ques de leur 

race sont les sujete les plus avantageux, et pour qu'une toison soit pesante il 
faut que les fibres soient longues et bien tassees. La quabte doit etre uni forme 
sur toute la surface du corps; il ne faut pas que la lame soit grossiere sur les 
cuisses Ceci est un point tares important. 

Le tvne une fois clairemeni grave dans notre esprit, il faut ensuite Oous 
attacher a obtenir des sujets oniformes. Ce poh, P^ B SLH?Sl 

car un groupe d'agneaux uniformes se vend toujours mieux et obtient des pm 
Sus^evS Quand nous disons uniformes, nous ne voulons pas dire seulement 
que les «u ets du troupeau doivent presenter le meme type e etre de la men e 
t dlle mS que chaque sujet du troupeau soit hii-meme uniforme. ire 

que tout! sJparties soient de qualite egale, que la conformation genera le soit 
bonne; Une faut pas qu'elle excelle en certainc< parties pour laisser a desirer 
dans d'autres. 

Choix du belier 

C'wt surtout dans le choix du belier que cette question de l'uniformite indi- 
viduellfnrend le plu d'iinportance, car le belier. son elevage soigne peut 

IransmeS sa conformation et son type a sa progeniture, et il est en reahte la 

^ UnttaSo^eBne plutot forte que faible, est la meilleure. Dans la brebis, 
on doi "re^erS Weur des formes, car les brebis de ce genre font generale- 
men de meil eures mSes. II faut eviter une brebis a cotes courtes, a .apparence 
re strt L bel r Toit posseder les meme qualites de ^^^fj^^ 
mais il doit egalement presenter une apparence plus compacte, denotant plu, de 
force, de la virihte, un port fier, hardi, une ossature plus orte sans toutefo.s 
dena^ser la taille moyenne des beliers de son troupeau. II faut qu'il soit pur 
san, e! qttil posSeoe Lus les caracteres de sa race. CM presque toujours une 
erreur que de croiser les races, a moins qu'on ne se propose un but special. Les 
crokementa continue!* et peu judicieux ruinent toujours un troupeau. 



42 




43 

Dimension du troupeau 

Toute ferme de 100 acres sur laquelle on pratique un systeme de cultures 
varices, devrait avoir un troupeau de 15 brebis au moins. A mesure que Ton 
acquiert de 1'experience, on pourra augmenter ce nombre, mais sans depasser 20 
ou 25 tetes, a moins que l'on ne desire se specialiser dans l'elevage du mouton. 
Un troupeau bien exploite doit augmenter par les agneaux qu'il produit dans la 
proportion de 150 a 175 pour 100, plutot ce dernier chiffre. 

Un troupeau de cette dimension detruira, si on lui en donne Poccasion, un 
grand nombre de mauvaises herbes sur une terre; mais il ne faudrait pas faire 
l'erreur de supposer que les moutons tireront entierement leur subsistanee des 
mauvaises herbes, ou des endroit© perdus de la ferme. II faudra faire provision 
de fourrage supplementaire, comme la navette; cette plante, produite a tres bon 
marche, est generalement tres avantageuse, et on ne devrait jamais negliger d'en 
semer. Une fois sevres, les agneaux se developpent tres rapidement sur la navette, 
et quand on y ajoute un peu d'avoine, vers la fin de la periode de nourrissage, on 
obtient une chair ferme et bonne qui rapporte les plus hauts prix. Si Ton nourrit 
pour la vente au mois de mars, ce qui est generalement 1'epoque la plus avanta- 
geuse, la navette prepare bien au nourrissage d'hiver. Ces aliments supplemen- 
taires sont neeessaires pour Sexploitation avantageuse d'un troupeau. 

A quel moment doit-on acheter les brebis? 

La meilleure epoque pour acheter les brebis est le mois d'aout, immediate- 
ment apres le sevrage des agneaux. Elles ne coutent pas plus cher a cette epoque 
qu'a aucune autre et Ton peut mieux juger de leur force et de leur aptitude lai- 
tiere, si elles ont eleve des agneaux. En outre, en les achetant a ce moment, on 
a le temps de les preparer pour le prochain agnelage. 

II est vrai qu'une brebis d'une tonte qui n'a pas eu d'agneau — c'est-a-dire 
une brebis de 16 a 17 mois — peut rendre des services pendant un an de plus. 
cependant il vaut mieux, regie generale, choisir des brebis de deux tontes. Nous 
savons alors qu'elles sont aptes a la reproduction et nous pouvons choisir celles 
qui promettent d'etre les meilleures meres et les meilleures laitieres. Disons 
cependant que tres peu de brebis d'un an sont steriles. On devra laisser ces brebis 
sur un chaume qui n'a pas ete ensemence de trefle, ou sur de vieux paturages, 
jusque vers le milieu de septembre, et les mettre alors sur un champ de navette 
ou de trefle. Quand on n'a pas de fourrages verts en abondance, il vaut mieux 
donner une petite quantite de grain pour tenir les brebis en bon etat. C'est la 
le moyen d'obtenir de fortes proportions de jumeaux. Certains eleveurs preten- 
dent qu'il vaut mieux choisir pour l'elevage des brebis qui etaient elles-memes 
jumelles; mais meme dans ce cas 3 ces brebis de\Tont etre tenues fortes et vigou- 
reuses, si nous voulons obtenir les meilleurs resultats. Nous aurons non seu le- 
nient des rendements plus eleves, mais les agneaux seront plus yigoureux et se 
developperont mieux, pourvu que Ton continue a donner aux brebis de bons soins 
jusqu'au moment de la mise bas. 

Lutte 

Le belier doit egalement etre sain et vigoureux au moment de la lutte. Gene- 
ralement, on obtient des agneaux plus vigoureux quand on se sert de beliers 
ages d'un an ou plus, mais pour un troupeau cle 16 brebis, un agneau male, bien 
developpe, donne des resultats satisfaisants. Non seulement il eoute meilleur 
marche qu'un belier plus age, mais il a aussi l'avantage d'etre plus jeune d'un an, 
et on peut ainsi en disposer plus facilement quand on veut le changer. Mais 
quand le nombre des 1 brebis va jusqu'a 20 ou depasse ce chiffre, on doit prendre 
un belier plus age. 



44 



Quand on emploie un tres jeune belier pour 15 a 20 brebis— chose que Ton 
devrait eviter autant que possible— on ne doit pas Ie laisser courir avec ses brebis, 
mais le tenir separe, en lui laissant une brebis seulement pour eompagnie et en 
lui permettant chaque matin de raster assez longtemps avec le troupeau pour 
lutter les brebis qui sont pretes. II serait inutile de le laisser plus longtemps, 
sans compter que sa vitalite et son utilite en souffriraient. Quand on n'a pas 
l'aide necessaire, ou quand on ne desire pas prendre soi-meme le temps qu'exige 
ce systeme— pas tres considerable, il est vrai— on peut, si le belier est entierement 
dweloppe, lui permettre de courir avec un petit troupeau de brebis pendant la 
saison de la lutte, sans qu'il paraisse en souffrir. Toutefois, il vaut mieux 
restreindre un agneau, car il a generaJement plus d'ardeur; il est expose a se faire 
du mal et produit par consequent des agneaux plus faibles. Les benefices depen- 
dent principalement du nonibre d'agneaux de developpement uniforme qu'on 
obtient, et, avec des precautions raisonnables, les soins et I'attention voulus, il 
est possible d'obtenir ces agneaux, pourvu que les brebis soient bonnes laitieres. 

Hivernage 

A Tapproche de l'hiver, le troupeau doit etre fort et en bon etat de chair, 
condition que l'on pourra obtenir, si les fourrages sont abondants a l'automne' 
L hivernage coute d'autant moins cher que le troupeau est en meilleur etat 
On peut le mamtenir vigoureux avec du foin de frefle et quelques racines — disons 
trois hvres par tete et par jour,— et une portion genereuse de pesats de pois On 
fera bien de donner aux brebis une petite portion de grain pendant les quatre 
semames qui precedent 1 'agnelage— une livre par tete et par jour d'avoine et de 
son melanges,— pour qu'elles soient en bon etat au moment de la mise bas Apre* 
1 agnelage, on doublera la ration de grain et on donnera a peu pres toutes les 
racines (betteraves ou aavete) que lee brebis voudront consommer. On obtiendra 
amsi une bonne production de lait, chose essentielle, car un agneau bien nourri 
pendant les. deux premiers mois fait un animal avantageux tandis que celui qui 
est insuffisamment nourri devient rabougri. Apres ces deux mois, il est plus 
tacile de venir en aide au jeune animal avec d'autres aliments. 

II faut se garder de donner aux brebis de fortes quantites de racines avant la 
mise bas; les racmes sont froides et volumineuses en raison de la grande quantite 
deau qu'elles renferment; consommees en grande quantites, dies semblent affec- 
ter le foetus et les agneaux naissent mous et faibles, tres difficiles a elever On 
peut donner aux brebis des navets ou des betteraves indifferemment, quoique 
beaucoup d eleveurs preferent donner les navets avant la mise bas, et les bette- 
raves apres parce que celles-ci sont considerees meilleures pour la production 
du lait. Mais on ne devrait jamais donner de betteraves aux beliers, car elles 
occasionnent la formation de pierres dans la vessie et causent parfois des pertes 
seneuses. Les navets n'ont pas cet efTet. II importe que les moutons continuent 
a recevoir une noumture succulente quand ils ne sont plus au pacage. L'en^iiage 
ne leur convient pas, il est souvent trop acide et cause des indigestions graves 
qui engendrent une chaleur fievreuse de la peau et la laine se detache. On perd 
IbaLSk * ^^ ^ ** t0iSOn ' SaRS compter <i ue la vitallt ^ de 1'animal est 

Agnelage 

I/agnelage est le *eul moment de l'annce ou le troupeau exige pendant 
quelques^ semaines des soins et une attention continus de la part du berger II 
est bon de visiter souvent les brebis a ce moment, pour eviter que les agneaux 
ne se reiroidissent quand ils viennent au monde ou qu'ils ne s'affaiblissent par 
tnanque de nournture. II est bon d'avoir quelques petites loges que Ton pourr-i 
facilement constrmre avec les clotures portatives (claies) dans un coin de la 
grande loge. Les brebis refusent rarement de prendre soin de leurs agneaux, 



45 

quand elles sont settles avec eux, separees du reste du troupeau. II est rare que 
les brebis aient besom d'aide au moment de la mise bas, niais, souvent, un peu 
d'aide a propos pourra sauver la vie dun agneau i'aible. Une fcis que les agneaux 
sont sur pied et qu'ils ont trouve les trayona de leur mere, ils n'exigent plus 
guere d'attention, a moins que la brebis ne soil mauvaiso laitiere; dans ce <• 
il sera avantageux d'aicler les agneaux avec un peu de lait de vache, jusqu'a ce 
qu'ils mangent bien. 

II faut couper la queue des agneaux avant que ceux-ci aient .plus de 10 
jours. Si on la laisse plus kmgtemps, ou si l'on attend qu'ils ^deviennent assez 
dodus, l'ebranilement ou la perte de sang peuvent parfois entrainer la mort. On 
pent eviter la perte de sang en liant la queue avec une corde bien serree, juste 
au-dessus de l'endroit ou Poperation doit se faire, et Ton pout reduire Pebranle- 
inent en coupant un joint ou environ plus long. Les agneaux males devraient 
etre chatres en meme temps. 

Tonte et lavage 

La tonte devrait se faire aussi tot que possible au printemps. Le commence- 
ment d'avril, tres peu apres la mise ba&, est generalement une bonne epoque, ou, 
si 1'agnelage doit avoir lieu plus tard. avant la mise bas. Si Ton attend pour la 
tonte jusqu'apres 1'agnelage, il faudra avoir soin d'enlever toutes les touffes de 
laine autour du pis avant la mise bas ou immediatement apres. Si Ton negligeait 
be operation, les agneaux pourraient sueer ees touffes et les avaler, et il se 
formerait ainsi dans leur estomac des boules de laine, qui causent frequemment 
^inflammation et la mort. La memo chose arrive parfois quand les agneaux 
sont infestes de poux, car ils sont alors portes a se mordre et a tirer la laine, en 
avalant une portion, et les boules se forment de la meme maniere. 

Des que la temperature s'est suffisamment rechauffee au printemps, les 
agneaux et les moutons doivent etre trempes dans un des lavages que Ton trouve 
dans le commerce. On peut rapidement, et a peu de frais, construire une cuve 
pour cette operation. On doit laver lea animaux a nouveau a 1'automine, avant 
que la temperature clevienne tres froicle. Une demi-journee de travail passee a 
cette operation evitera bien des ennuis. La vermine laissee sur les moutons 
entrant en hivernement coute tres cher au proprietaire du troupeau. 

Soin du troupeau au paturage 

Le troupeau au paturage demande peu d'attention; tout ce qu'il exige, e'est 
de l'eau propre en abondance et du sel. L'eau propre, toute le long de 1'annee, 
est necessaire pour assurer le maintien du troupeau en bonne sante. On ne 
devrait jamais laisser les moutons boire de l'eau stagnante. Ils sont exposes, on 
ce faisant, a introduire dans leurs organes des parasites qui les feront souffrir. 
On ne doit pas non plus compter sur la neige pour les abreuver en hiver, car ils 
ne se porteront pas aussi bien. Si la chose est possible, on devrait changer le trou- 
peau de pacage toutes les deux ou trois semaines; les moutons se developpent 
beaucoup mieux. II n'est pas necessaire que le nouveau pacage soit superieur a 
l'ancien. II suffira d'avoir deux champs et de transferer les animaux d'un champ 
a l'autre toutes les quelques semaines. 

Sevrage 

Une bonne epoque pour le sevrage des agneaux est la premiere moitie du 
mois d'aout. II vaudra mieux ensuite les separer conipleteriient des brebis et les 
niettre dans un petit enclos de jeune trefle et de navette. Les brebis auront ainsi 
Foecasion de se remettre et de reprendre du poids. Pendant quelque temps, 
apres le sevrage, il faudra surveiller <oigneusement les mamelles des brebis et 
les traire a fond chaque fois que cela est necessaire, jusqu'a ce qu'elles soient 



46 

taries. Les brebis qui ont de mauvais pis devront etre marquees pour la reforme; 
on devra aussi prendre note des meilleures laitieres. Pour reussir dans l'elevage 
des moutons, il faut, avant tout, s'attacher a ne conserver que des brebis bonnes 
laitieres. car ce sont les bonnes laitieres qui elevent les meilleurs agneaux, Chez 
les agneaux, de meme que chez les brebis, les queues devraient etre tondues a ras, 
en travers et jusqu'au moignon, avant qu'on mette les animaux a la nourriture 
verte, comme le trefle ou la navette, afin qu'ils soient moins exposes a salir leur 
laine quand les excrements deviennent mous, chose qui arrive frequemment. 

Precautions a prendre quand on donne de la navette 

Quand on met des agneaux ou des brebis dans un champ de navette, on doit 
aussi ouvrir a leur disposition un autre pacage ou ils pourront se rendre de temps 
a autre, car s'ils restaient continue llement dans la navette, leurs oreilles, et 
parfois meme leur tete, enfleraient et se crevasseraient tout comme si elles 
et aient gelees; BOUVent meme les oreilles tombent. Avec un pacage supplemen- 
taire, a cote du champ de navette, cet accident est bien moins a craindre. II se 
produit parfois des pertes par la meteorisation dans les premiers jours qui 
suivent la mise des moutons sur un champ de navette, ou meme sur du jeune 
trefle. II suffit d'un peut d 'attention pour eviter cet inconvenient. On ne devrait 
jamais lacher les agneaux pour la premiere fois sur un champ de navette quand 
les feuilles de cette plante sont encore couvertes d'humiclite, de rosee ou de pluie. 
On choisira un bei apres-midi ensoleille et ou aura soin de leur donner aupara- 
vant un bon repas de quelque autre nourriture. lis mangeront d'abord goulu- 
ment de la navette, puis ils resteront quelques jours' sans y revenir. Le danger 
n'est alors plus a craindre, pourvu qu'ils aient un autre paturage ou ils puissent 
se rendre a volonte. On trouvera de plus amples renseignements sur les precau- 
tions a prendre au sujet de ralimentation a la navette dans le chapitre intitule: 
"Aliments efc aIimentation n . 

Apres le ler juillet, quand on met les moutons dans un champ quelconque 
ou ils n'ont pas encore sejourne de Tete, on devra enlever soigneusement les 
bardanes de toutes especes. Les piquants qu'elles produisent deprecient Taspect 
et la valeur de la laine. 

Selection et reforme 

On devrait marquer. au moment du sevrage, les agne'lles bien developpees 
provenant des meilleures brebis et des meilleures laitieres. C'est parmi elles que 
Ton choisira les sujets pour perpetuer le troupeau en s'attachant a ne conserver 
que celles qui se rapprochent le plus du type ideal. On les nourrira genereuse- 
ment, pour assurer un bon developpement, mais il n'est pas necessaire de nourrir 
avec extravagance. On ne devrait pas les faire lutter avant qu'elles aient depass6 
Page d'un an. Luttees plus tot, leur croissance serait retardee et elles ne feraient 
pas des meres aussi vigoureuses. Leurs agneaux seraient aussi plus petits et 
rapporteraient moins. On choisira a Tautomne les meiMeures de ces brebis pour 
remplacer celles que Ton aura reformees, e'est-a-dire retirees du troupt^au pour 
une raison quelconque. Mais il ne faut pas rejeter une bonne vieille brebis, bonne 
mere et bonne laitiere, pour la remplacer par une jeune, a moins qu'elle n'ait plus 
de dents ou que son pis ne soit abime. 

On traitera alors les brebis de la meme maniere que pendant la premiere 
annee. Celles qui ont des pis peu satisfaisants, qui ne sont pas bien develop- 
pees, ou qui ne sont pas bonnes laitieres, seront mises avec les sujets de boucherie 
et engraissees pour lemarche. On en achetera d'autres pour les remplacer. 

Si Ton desire vendre les agneaux en automne, disons au mois d'octobre, on 
tfouvera avantageux de leur donner une petite quantite de grain; mais quand 
on a des fourrages verts en abondance, ils s'engraissent generalement bien, sans 
aucun grain. ^- 



47 

Avant de les ofifrir pour la vente, on devra les rendre aussi presentable* que 
possible, en leur taillant proprement la queue et en enlevant toutes les meches, 
etc., qui pourraient nuire a leur apparence. Quelques bons bergers disent qu'il 
est avantageux de les laver soigneusement, si ce sont des sujets a longue laine, 
et ils ont probablement raison, car ce lavage ameliore certainement Fapparence 
de ces moutons. On trouvera generalement plus avantageux de conserver les 
moutons jusqu'au mois de mars, en les nourrissant avec du foin de trefie, des 
racines et quelques grains. A cette saison, ils sont generalement exportes, soit 
aux Etats-Unis, soit en Grande-Bret agne, ou le marche demande^ des agneaux 
de gros poids. Non seulement les agneaux conserves jusqu'a cette epoque pesent 
beaucoup plus, mais ils se vendent aussi beaucoup plus cher la livre. 

Le debutant sans experience qui desire se speeialiser dans Felevage du mou- 
ton et y eonsacrer toute sa ferme, fera bien de commencer avec un petit troupcau, 
comme celui que nous avons decrit, et qu'il augmentera graduellement, au fur 
et a mesure qu'il pourra mettre la ferme en etat d'utilisation et preparer les abris 
et les cours necessaires, etc. Si la ferme, tres accidentee, ne convient pas pour 
un autre genre de culture, le debutant pourra commencer avec un troupeau plus 
nombreux; mais, meme dans ces conditions, il fera bien d'aller lentement, jusqu'a 
ce qu'il ait une annee ou deux d'experience. Dans tous les cas, pour reussir dans 
Felevage du mouton, aussi bien, du reste, que dans toute autre entreprise, Foeit du 
maitre joue un grand role. L'eleveur devra etudier les methodes par lesquelles 
d ? autres ont reussi et se guider sur leur avis, mais non, toutefois, sans tenir 
compte des conditions dans lesquelles il se trouve place, et sans exercer librement 
le meilleur de son jugement. 

TYPES DE MOUTOINS DE BOUCHERIE 

Pour que Fengraissement du mouton rapporte, il faut que Fanimal ait une 
bonne conformation, et cette conformation depend principalement du soin avec 
lequel Felevage a ete conduit. L'animal ne presente un type ideal que s'il 
repond parfaitement au but auquel il est destine. S'il ne donne pas de viande 
savoureuse et nourrissante, si sa laine n 'est pas propre a la fabrication d'etofifes 
de choix, il ne merite pas 1 'attention du berger. S'il ne remplit pas ces conditions 
economiquement ou de fagon suffisante pour laisser un profit au nourrisseur, il 
lui manque quelque chose, et son eleveur devra s'efforcer de corriger ce defaut 
par un elevage approprie, 

Heureusement, Faptitude a Fengraissement et la qualite de la viande 
dependent de la genealogie de Fanimal. Plus un animal a du sang de race dans 
les veines, plus il produit de viande et moins cette viande coute cher. L'amelio- 
ration des races s'est en effet portee sur trois points principaux: le developpement 
des meilleures parties du corps, Faugmentation du rendement et la precocite. 
Le mouton de race ou Fanimal qui presente les caracteres de la race pure — carac- 
teres qui ne se trouvent jamais dans le specimen non ameliore — est celui qui 
coute le moins cher a elever, qui engraisse le plus vite et qui se vend au plus haut 
prix par livre. Les bons eleveurs ne Fignorent pas et se servent invariablement 
d'un male de race pure, sachant que cela rapporte, quand bien meme il leur fau- 
drait payer deux ou trois fois plus pour un animal de ce genre que pour un metis, 
quelque bon que soit ce dernier. Ils savent que par ce moyen ils ameliorent 
surement leurs troupeaux et que cette amelioration reste fixee, dans une^ large 
mesure, parmi les generations qui suivront. L'uniformite d'excellence s'etablit 
plus fermement dans chaque generation amelioree qui suit le croisement jusqu'a 
ce que le troupeau cesse de donner des produits inferieurs et non avantageux. 
Chaque brebis represente alors un type parfait de mouton de boucherie, et quand 
cette brebis est accouplee avec un male vigoureux et de race pure, elle produit 
infailliblement de bons agneaux a moins d'accidents, de maladies ou de mauvais 
traitement. Le type est fixe; elle ne peut faire autrement. 



48 

Que d'elevcurs de moutons meconnaissent totalenient cette verite si simple 
et si evidente et que cet oubli leur coute cherl Dans toutes les provinces on se 
Bert encore de beliers metis, et memo, dans bien des cas, de beliers communs; 
aussi, la proportion d'agneaux de qualite inferieure est-elle considerable. Voulant 
se rendre compte de la difference de quality dea agneaux de divers districts, I'au- 




Fig. 30. — Groupo dc brebis commi; 




Fig, 31 



belier sans race. 



teur de ce bulletin visita plusieurs districts notes pour leurs agneaux pauvres, 
passables ou bons. Muni de renseignements foumis par de grands eleveurs, con- 
naissant parlaitement les diverses sources d'approvisionnement, je voyageai, 
kodak en main, et visitai de nombreuses fermes. Malheureusement, la sauvage- 
ria de quelques-uns des pires specimens m'empecha d'en prendre de bonnes pho- 
tographies, et il est un bon nombre de troupeaux degeneres que je ne puis repro- 
duce ici. Cependant, les quelques types recueillis et les chiffres representant le 
poids des expeditions constituent une eloquente le^on de choses. 



49 

Le district n° 1. qui comprend de varies superficies ^ P^^g™™^ 
Produit imp rateeorie d'aeneaux de quahte excessivement faible D octobrc a 
Kte le pods de ceYanimaux varie de 50 a 75 livres, et la moyenne ne 
depose mere 60 livres Non seulement ils sont legers, mais Us sont maigres et 
PeSYv e an?a e ge e ux° aS bien pour 1'eleveur f*X»*£^-Jfig T nl 
logues, leurs cuisses minces, et leur dos nu font ^f^^J^^LiS^i 
rendent mie tres neu de viande— pas plus de 45 pour 100 de leur poms vii. 
L'aJheteur coupe dine fortement suV les prix, et il ne reste au producteur qu'une 
tr£ faible soZepoii ses agneaux, si faible qu'il en arnve a douter que 1'elevage 
du mouton soit une industne avantageuse. mftlTO «5. 

L'appareil photographique nous apprend pourquoi ^^^^ 
bestiaux Non seulement on ne salt pas ce que c est qu un male d ^ race pure 
dans re* districts mais on trouverait meme difficilement un metis passable a la 
tete dtn ioupeau Rlgle generale, on met en requisite , les se = de l^gneau 
le plus vigoureux que l'on possede, ou cehu du voisin , d ,ont le troupeau °e jaut 
pas mieux et il en resulte infailliblemen une vanete degeneiee Cest dans ces 
districts que Tagneau noir est le plus repandu, et partout aussi il ne pese pas 

gran il C i°ra e it iniuste d'attribuer entierement la mauvaise qualite des agneaux au 
mauJiff choix des rep oducteins. On n'attache que peu d'importance au trou- 
S et la n°ourntur r e P et les abris s'en ressentent. En hiver les = - ™ -*£ 
vent guere que de la paille, et on ne leur donnerait jamais de ™™™ r * supple 
menteire en ete, quelque pauvres que soient les paturages On ^ Penserait 
jamais, non plus a faucher les bardanes, etl'on ne se preoccupe ^bj™~™ 
des sexes avant que les agneaux soient expediesau marche. Disons aussi que 
le rendement de la tonte, dans un bon nombre de troupeaux non ameliorc,, ne 
depasse pas 4 a 5 livres par tete. 




Fig. 32.— Groupe d'agneaux commuDs. 
Le district n° 2 produit des agneaux pesant de 60 a 90 livres. On commence 
ici a recoStre la valeur de la race et des bonnes methodes d'ahmentation. 
Le beher commun cede la place au metis, et, de temps a autre, on introduit un 
male Se ra^eTur? £eu c\J. Cette mesure est generalement suivie de mallear. 
Sfi et d'unemeilleure alimentation, et il en re*. Jymeame mreteon de^rage. 
Le district sort lentement, mais surement, des methodes primitives. Zemins 
cJltivSs recoltent des racines et du foin de trefle pour 1 'alimentation d'hiver. 
On donne auss p us d'attention a la castration etaubien-etre general du trou- 
Ptau au«si la majorite des agneaux depassent la hmite de poids qui leur donne 
5'aux meUleurs prix du marche. Le rendement de la tonte est de 6 a 8 livres 
de laine par tete, et la situation generale est prospere. 



50 




33. — Groupe de brcbia nifties 
M 34L— Group :\ metis 

'' 35. — Belier Leicester a la tetc dun t: 

36.— Better Oxford I la t£te dim troupeau m 



51 



Le district n° 3 produit une excellente categoric d'agneaux dont beaucoup 
sont expMies aux marches lea plus exigeants. Ce sont en grande partie des 
agneaux ehatn's, bien garnis de viande, et qui obtiennent les meilleurs prix du 
marche lb pesent vers les mois d'octobrc et de novembre, de 80 a 100 hvres 
par tgte, et rendent de 47 a 53 pour 100 de viande. Depuis longtemps les pro- 
Prietaires ont abandonne l'emploi de beliers metis et la plupart ne redoutcnr 
Pas de paver un bon prix pour un bon reproducteur. Nous n avons pu fious 
procurer de photographies que de deux races, tea Leicester et Oxford, quoique 
les reproducteurs de la plupart des races de boucherie Shropshire, Southdown, 
Oxford et Leicester y soient en proportion a peu pres semblable. Les figures 36 
et 37 represented des belies employes dans les troupeaux metis, la figure 34 
represente un groupe de brebis mctisses, la figure 35 represents des agneaux 
resultant de cette parente. On chercherait vainement dans ces troupeaux des 
agneaux de mauvaise qualite. De fait, on peut dire que 100 sur 100 de < 
agneaux sont de qualite n° 1 et obtiennent souvent un prix legerement supeneui 
aux cours les plus eleves. M&ne sur un marche enmnibre, ces agneaux de bonne 
race se vemlent, car il se trouve toujours des aeheteurs pour des produits de choix. 

On constate dans la plupart des troupeaux metis, les resultats des change- 
ments de males, des types a longue laines au type Down. Les brebis larges, 
Passives, quelques-unes avec des faces brunes, d'autres a la face grise ou tachetee, 
font l'orgueil de maints proprietaires. Elles rendent de 8 a 10, et parfois meme 
12 livres de bonne laine, et quand leur utilite dans le troupeau est finie, elles 
engraissent rapidement et se vendent a un bon prix, Ces animaux donnent une 
chair exquise, formee d'uiie couche profonde de muscle, ou de viande maigre, 
avec une proportion de gras suffisante pour flatter le palais le plus fastidicux. 

Les districts 1, 2 et 3 ne sont pas circonscrits par des limites geographiques 
bien definies. Le premier, comme on peut le supposer, represente une localite des 
plus arrierees, ou le sol est de qualite inferieure, ou les cultivateurs sont pauvres, 
et ou I'esprit d'initiative fait defaut. Le district n° 2 couvre de grandes portions 
eparses de territoin end meme dans de bons centre- agricotes, ou, rnalheu- 

reusement, on trouve trop souvent des cultivateurs de deuxieme ordre. Regie 
g&ierale, ce district comprend ce que Ton pourrait appeler les cantons arrieres 
des comtes moderement progressifs. On y eleve beaucoup de bons agneaux, en 
raison des conditions eminemment favorables a l'industrie ovine; mais la propor- 
tion considerable de produits inferieurs donne une qualite moyenne relativement 
foible. 

PRODUCTION DE LA VIANDE DE MOUTON EN 
GRANDE-BRET AGNE 

L'elevage du mouton n'a pas ete Tobjet dune attention aussi soutenue au 
• nada que la production du boeuf, du pore, ou l'industrie laitiere. En Grande- 
Bretagne, et jusqu'a un certain point aux Etats-Unis, la production de la viande 
de mouton est une branche import ante de I'agrieulture. Au Canada, elle ne c< 
titue guere qu'une petite branche de la culture mixte, et, comme telle, ne regoit 
relativement que peu d'attention. 

Nul pays au monde ne produit de meilleurs moutons que la Grande-Bre- 
gne, et inille branche de l'industrie animale n y est plus avantageuse que cet 
elevage. La, on s'en occupe comme d'une industrie hautement sp6cialis6e et Ton 
y gagne sa vie maigre des fermages eleves et des frais considerables. 

En Angleterre, et en Ecosse ggalement, on rencontre des troupeaux de plu- 

tura centaines de brebis portieres, et chaque troupeau est confie aux soins 

d ? un bcrger intelligent, exena' souvent depuis l'enfanee dans son art. On lui 

donne souvent un ou plusieurs assistants, et ces hommes consacrent leur ten 

t'ntier au troupeau. On se rend compt- dWe fait vaut 



2421 8—44 



52 

la peine d'etre bien fait; et suivant ce principe, on ne conserve que les sujets les 
plus avantageux du troupeau et on leur fait donner un maximum de rendement. 
La rotation que Ton suit sur la ferme est etablie d'apres les besoins du troupeau, 
et quand on achete des aliments, on ne se procure que les sortes qui respondent le 
raieux au but pour lequel elles sont donnees. L'industrie du mouton est depuis 
si longtemps etablie sur une base commerciale en Grande-Bretagne que le sys- 
teme general d'elevage et d'alimentation varie peu, et seulement pour se con- 
former aux conditions diverses de la terre et de la localite. Partout, on cultive 
des rapines suoculentes en abondance, ainsi que des herbes speciales dans l«s 
p:\turages. L'eleveur se fait aussi une regie de fouruir des tourteaux aux brebis 
qu'il engraisse, bien que cet aliment exige une depense considerable. II sait que 
deux choses sont necessaircs pour assurer le succes: la sante d'abord, et la nour- 
riture g6nereuse ensuite. La vie en plein air, les racines succulentes, les riches 
p&turages assurent la sante des animaux, tandis que l'emploi genereux de tour- 
teaux de lin ou de eoton, et d'autres aliments concentres, donne un maximum de 
rendement. 

Bien que les methodes suivies par les bergers des vieux pays soient a peu 
pres un cependant, la plupart des troupeaux ont un caractere qui leur 

propre. L'eleveur a toujours son type particulier en vue, et il se guide sur 
ce type pour faire le choix de ses sujets d'elevage. II s'aper^oit promptement des 
defauts que presente un animal d'elevage ou de boucherie et choisit invariable- 
ment, pour les generations futures, des beliers forts dans les parties oil les brebis 
sont faibles. Un Qeveur intelligent ne pardonne jamais les points faibles, ou, 
du moins, les points qui lui paraissent faibles, et son troupeau est ainsi la repro- 
duction exacte de son ideal. 

Lea anciens troupeaux etablis ne varient pas beaucoup dans leur composition 
d'une annee a Pautre. Le merae troupeau, visite a la meme saison, dans des 
ani) jrentee, presentera toujours le meme aspect. Les brebis qui atteignent 

un certain age sont cngraissees et vendues, et de jeunes agneaux, soigneusement 
choisis, sont ajipeles a prendre leur place. Les methodes d'k peu pres n'ont pas 
de place sur la ferme anglaise; on cherche toujours a obtenir des resultats precis 
et uniformes, et on y n'ussit dans une large mesure. 

Naturellement, e'est sur les fermes ou Ton garde des troupeaux de race pure, 
que Pelevage du mouton atteint son plus haut dcveloppement. La plupart de ces 
troupeaux, sinon la totalite, sont des troupeaux d'utilite; e'est-a-dire que l'on 
engraisse, chaque annee, un grand nombre de moutons qui sont vendus au bou- 
eher. On ne conserve, pour la perpetuation du troupeau, que les sujets de choix, 
representant au plus haut degrc le type et Pexcellence de la race. 

Les troupeaux anglais de race pure contiennent depuis 200 jusqu'a 1,000 
brebis, et meme plus. On trouve ces troupeaux, outre un grand nombre de betes 
a comes et de chevaux. sur des fermes do 450 a 500 acres. Le systeme de stipu- 
lation conimunemem adopts sur un so] enrichi par des nombreuses annees d'ele- 
ge intensif permet dc nourrir tous ces animaux. Les plantes comme le ray- 
grass, le dactyle pelotonne, le trefle rouge et le sainfoin, donnent une vegetation 
luxuriante. On cultive aussi, pour les moutons, la navette, les racines, les choux 
etles plantes de ce genre, et, sauf aux saisons de 1'annee ou Ton desire pousser au 
dcveloppement. les diverses parties du troupeau sont r&mies en enclos fermes par 
des clotures mobiles et nwivent, outre les fourrages succulents, quelques tour- 
teaux de lin ou autre- aliments concentres. Au commencement de Pete, et apres 
q U{ eaux sont sevrfe, les matrones, et parfois aussi les jeunes brebis, sont 

laissees en liberty au paturage; mais la meme, elles ne son! pas obligees de par- 
courir de grandee distances pour se rassasier. Part out la nourriture semble 
abonder, et eette condition es1 assume par les ehangements de paturages et une 
exploitation judicieuse a itm< les points de vue. 

Apres que les agneaux sont sevrgs, on les >ntinuellemeut dans les 

champs divises par des clotures mobiles, et ou les vesees d'hiver, la fetuque des 



53 

Pres et les trefles les cachent presque continuellement a la vue. lis resolvent, en 
outre, une ou deux fois par jour, une portion d'avoine concassee et de gram. 
On change les clotures mobiles de place chaque jour, en ne laissant en arriere que 
des terrains bien rases, et en prenant dans 1'enclos suivant une abondance de 
nourriture. Sur un grand nombre de fermes, les brebis au paturage sont mises 
sur les parcelles que viennent d'abandonner les agneaux, et elles mangent avide- 
nient les tiges dont elles sont friandes et qui leur procurent un changement de 
uourriture. Ces changements continued expliquent, dans une large mesure, la 
v igueur si remarquable du troupeau de moutons anglais. Rien ne se perd, et le 
terrain a de nouveau l'occasion de se regarnir pour fournir un nouveau paturage, 
npres quelques semaines. On seme, dans ce but, des recoltes en succession par- 
tout ou l'occasion se presente. Les betteraves fourrageres et les navets viennent 
frequemment apres un paturage, et on fait manger ces racines, soit sur le champ 
meme, soit par portions journalieres, clans les auges, en hiver et au printemps, et 
ttteme jusqu'a une date avancee du printemps qui suit. II sernble y avoir une 
provision continuelle de betteraves sur la plupart des fermes anglaises. On les 
donne aussi bien avec le paturage qu'avec la nourriture seche, et on les apprecie 
iiautement pour la variation qu'elles apportent dans la diete et pour Pinfluence 
bienfaisante qu'elles exercent sur les fonctions digestives. 

Sud de l'Angleterre 

Dans le sud de l'Angleterre, une grande partie du sol est eonsacree a l'ele- 
vage du mouton. Dans le district Dorset, on a l'habitude de faire lutter les brebis 
Dorset deux ou trois fois de suite par des beliers de cette race, et une fois par un 
belier Down, apres quoi on les engraisse pour la vente avec leurs agneaux. De 
cette maniere, le troupeau d'elevage reste pur; on dispose des brebis a un age 
auquel elles eonviennent au marche, et les agneaux demi-sang Down, venus au 
monde au commencement de i'hiver, mm m undent les rilus hauts prix de Tannce. 




Fig, 37.— Agneaux anglais bien developpes. 

Dans les exploitations agricoles, l'elevage des moutons constitue le souci 
Principal. La rotation est courts; elle consiste en ble, suivi par des herbes four- 
rageres et du trefle. La terre peut ne rester en trefle qu'une annee, et une partie 
de la recolte est convertie en foin. On cultive ensuite une partie en vesce, que 



54 

Ton donne verte, et rn foin, et une partie considerable en navets, suivie de nou- 
veau par une recolte de ble. Les moutons sonl tenus en enclos mobiles, et ils 
emportent tres pou de la fertilite de la terre. Les trois points principalis de 
I'elevage des moutons. id comme dans les autres parties de l'Angleterre, sont, 
premierement, la cloture mobile, deuxi&nement, le champ fraiehement ensemence 
et, enfin, le berger intelligent. Au Canada nous iravons pas l'hiver anglais, si 
favorable a Pelcvage des moutons. mais fcoutes lea autres conditions presentes fen- 
dent a assurer le maximum de developpement de cette Industrie. Ce qui serait 
peut-etre le plus difficile a obtenir, c'est le berger devoue et exerce, qui consacre 
sa vie an soin de son troupeau et recherche toujours les agnelks d'avenir, pour 
les perpetuer. 

Elevage du mouton en Ecosse 

L'elevage du mouton a atteint un haut degre de developpement dans cer- 
taines parties de I'Ecosse. Quelques fermes ne portent que ce que Ton appeHe 
un troupeau mobile, c'est- a-dire que les moutons ne sont gardls sur la ferme 
que pendant un an, ou moins, soit qu'on les eleve ou qu'on les achete. D'autres 
fermes, cependant, gardenl dee troupeaux de brebis d'&ge rt'.milier. Partout ou la 
premiere die ces methodes est en vogue, on a I'habitude d'acheter, au mois de 
septembre, des brebis qui out deja porte trois fois, et on les vend, engraissees, 
avec leurs agneaux, le printemps suivant ou au commencement de V&tL Beau- 
coup preferenr des brebis croises (Leicester-Cheviot) ou des Leicester Black 
Lace, mais on achete aussi des Oxford Down ou des Suffolk. On fait lutter ces 
brebis par des miles Leicester ou Oxford purs. On achete aussi defi agneaux, 
en automne, pour eonsommer la recolte de navets ou de fourrage, et que Ton 
lvvend. gras, en hiver ou au printemps. Cette method© convient surtout aux 
terres riches sur lesquelles on suit une courte rotation. La terre ne demeure en 
prairie qu'un an ou deux au plus. 

Sur les fermes plus Slevees ou plus pauvres, qui ont une superflcie conside- 
rable en paturages permanent*, on garde les troupeaux toute 1'annee, et d'une 
amnV a l'autre. En general, les brebis sont des metis des croisements dejJi men- 
tioning. On les accouple avec des Leicester ou des Oxford purs, et, dans quelques 
cas, avec des Hampshire, Suffolk, ou Shropshire. Beaucoup ont pour habitude 
de diviser le troupeau en deux parties a pen pres egales en nomibre. Sur les 
vieux p&turages, une moitie du troupeau consists d un tiers d'agneaux gris achi 
pour avoir lour premier agneau, un tiers de brebis de deux ans, et un tiers de 
brebis de trois ans pour avoir leur troisieme portee d'agneaux. La progeniture 
cette moitie du troupeau de moutons est gardee et engraissee pour le marche, 
principalement avec des nav< 

i deuxieme mnitic du troupeau de brebis se compose de brebis de premiere 
et de troisieme portee. transferee- de la premiere a la deuxieme partie du trou- 
peau, oil elles formenl a peu pres un tiers du nomibre des sujets. J. 
compose de brebis du memo age, achefcees de ces cultivateurs qui ont l'habitude 
de disposer de leurs brebis apres leur troisieme mise I 3 vieilles brebis <ont 

luttees (le bonne heure en automne, afin que leur quatrieme portee d'agneaux 
soit prete pour le marche de betail gras, auquel on envoie egalement brebis et 
agneaux. 

La nourriture produite par la ferme se compose d'herbe fourragere et de 
navets. On donne la plus grande attention aux semis d'herbe fourragere. Pour 
une lison de p&turage, on -erne un melange compose de 12 livres de ray- 

grass italien, de 14 livres de mil et de 10 livres de trfefle rouge, a Pacre. Quand 
la terre doit rester plus longtemps en paturage, un melange favori est de 12 livres 
de ray-grass italien, 6 livres de ray-graes vivace, 14 livres de mil, 4 livres de 
tffefle rouge, 4 livres de trefle d'alsike, 3 livres de trefle blanc et 2 livres de trefle 
jaune. Ce -out la des semis fipais, mais le cultivateur 6eoesais les trouve avan- 
bageux pour l'elevage du mouton. Ils lui permettent de maintenir sur la terre 



55 



un nombreux troupeau, et la varicte de fourrages qu'ils fournissent assure clea 
gains rapides chez cea animaux. ^ 

On attache unc grande importance a la rceolte de navets. Pendant 1 an tomno, 
on se sert de la variete blanche, eonnue sous le nom de Gnaystone. Quand ceux- 
ci <ont consommes, uneaorte plus tardive de nayete Wanes est prete, et vers a 
nouvelle annee, on a lea rutabagas, que Ion pent faire coneommer Bur place, ou 
que r„„ donne a la main. Donnes plus tot, les rutabagas ferment du mal aux 
"gneaux; parfois meme ils sont fatals. 

Renouvellement du troupeau chaque saison 

Dan. les saisons ou l'herbe est drue, on achete, au mois de septembre, deux 
brebis par acre, environ. On les tient au paturage jusqu'a la lutte. On charroie 
au ,l,:,inp. pen avant la saison de la lutte, qui commence vers la mi-septembre, 
une provision de navets. pour mettre les brebis en bon etat, Les fleveurs sont 
persuadea que lea brebia vigoureusea au moment de I'accoupleiBent prodmsent une 
plus forte proportion de jumeaux. On laisse de 40 a 50 breb5 * £f Jf be J\ ours 
fcprea l'aecouplement, au fur et a mesure que I'hiver approche on a recours 
'alimentation a la main. Les navets sont donnes en quantite modferee, environ 
1,400 livres par 100 brebis. On donne aussi jusqu'k unc bvre par tete de tour- 
teaux de coton. Quand I'agneiage approche, on donne un quart de byre par teg 
d'un melange compose de B on et dWoine. Quand il fait from, on leduit la 
quantite de navets ct Ton donne une bonne proportion de fom. 

Quand l'epoque de I'agneiage approche, les brebis les plus uvaneees sont 
retirees du troupeau et raises par petite groupes, afin d'eviter 1 entasscment, et 
des qu'elles ont pu gagner le paturage, d'autres prennent leur place 

Quand les agneaux peuvent se suffire a eux-memes, on les mot au paturage 
ec leur mere, en leur dormant commie abris des cloture-; mobiles garmes de 
paille. La partie du paturage qui fournit l'herbe la plus -ucculente est resev 
pour les agneaux les plus precoces, afin de les pousser autant que possible, et de 
profiW des haute prix du debut de la saison. Mais tous sont engraisses aussi 
rapidement que pos>ihle et vendue aussitfit qu'ils sont prets. 

methode d'engraissemont suivie pour tee agneaux achetes maigres est 
interes«ante Les rentes de cos agneaux eommencent fin juillet et se eontinuent 
jusque dans l'automne. Comme on desire des gains rapides, on prend soin de 
ne pa* surcharger lee paturages, et l'on donne aussi une ration de gram compasee 
d'avoine, de son. de tourteaux de coton ou de tourteaux de hn en quantite tres 
moderee d'abord, mais augments graduellement. a la discretion du berger On 
K les ffS troupeaux. ct le nombre de fc&tes ne depasse pas une centame. 
Les groupes sont assortis suivant la taille et l'etat des animaux et Ion d.spose 
de cSs groupes au fur et a mesure qu'ile sont prets pour le marche. 

L'espace donne a chaque groupe depend de la grandeur du pacage et du 
nombre de groupes; chaque parcelle, ou enclos, mesure generalennent 50 verges 
—la longueur des cloture- mobiles employees. Dans le district dont nous parlons, 
on se sert de clotures en fil de fer pour les divisions laterals, et de filets pour le 
devant Mais dans la plupart des autres parties de l'Angleterre, on emploie des 
clotures portatives en bois, faites avec des baguettes entrelacees. 

L'attention donnee a rengraissement des agneaux etonnerait plus d un ele- 
veur canadien On s'efforcc de faire consommer, par les moutons, la plus grande 
quantite possible de navets par tete, ear on desire envoyer ces animaux au 
marche dans le plus court delai possible. Les pamers qui doivent seryir a la 
distribution de la nourriture, le matin, sont remphs la veille au soir. Des qu il 
fait iour, le matin, les bergers donnent, dans des boites scparees, autant de tour- 
teaux que les agneaux peuvent consommer en une heure, et versent, dans d autres 
tnangeoires, des navets qui ont ete prepares la veille. On ne donne d'abord que 
quelques navets, pour que tous les groupes de moutons puissent se mettre a 



56 



manger aussi rapidement que possible. L'eleveur revient alors au premier 
groupe, et verse dans la mangeoire une quantity suffisante de navets pour en 
recouvnr le fond d une couche de deux a trois pouces d'epaisseur et il fait de 
nouveau le tour de tops les groupes, en lee servant de la meme maniere- il 
continue ainsi toute la joumee. Cette methode de donner les navets fraichement 
coupes, et a intervalles rapproches, engage les moutons a en consommer une 
plus grande quantite. Vers trois heures de l'apres-midi, on donne une provision 
de tourteaux de coton, de meme que le matin, et, le soir, on remplit de nouveau 
les mangeoires de navets. On place dans chaque loge un ratelier de foin, que 
Ion rempht 1 apres-midi. Cette routine est continued, chaque jour iusauVce 
que les moutons soient en etat d'etre envoyes au marche. ' 

ENGRAISSEMENT DES MOUTONS SUR LES FERMES CANADIENNES 

S'il est vrai qu'un tres grand nombre des moutons et des agrieaux veivmt 
de la iernie sortent du paturage meme, sans qu'aucun effort special ait ete fait 
pour les engraisser, il est egalement vrai qu'un bon nombre d'eleveurs conseien- 
cieux et intelligents donnent a I'engraissement de leurs moutons le meme soin 
qu a 1 engraissement de leurs bceufs et de leurs pores, afin d'obtenir les plus hauts 
prix du marche. Un produit a point est toujours en demande et se vend toujours 
a prime. J 

Un mouton de boucherie a point, de meme qu'un pore a bacon a point, n'est 
plus 1 animal lourd et. excessivement gras que Ton recherchait autrefois Le 
gout des consommateurs sest affine; ceux-ci sont devenus plus difficiles et de^i- 
rent avoir leur viande de mouton ou d'agneau, maigre, tendre et succulente Ceci 
ne veut pas dire cependant qu'un animal maigre, mince, soit un produit desirable 
pour la consommation. On ne devrait jamais exprdur des animaux en cet etat 
si ce nest comme agneaux maigres, dont rengraissement doit etre complete sur 
une autre ferme. 

Cependant, comme la production de viande de mouton est insuffisante dans 
la plupart des provinces du Dominion, les sujets maigres, decharnes, se vendent 
quand meme, quoique a un prix plus faible par livre que ceux qui donnent de 
bons rendements de viande. Bien nourris et bien soignes, les moutons et les 
agneaux a type compact, de bonne race, sont generalement assez gras en automne 
pour satislaire aux exigences du marche. Les agneaux naturellement tendres 
fournissent une chair succulente et de bon gout, Cependant, si le marche regorge 
de produits et que Ton desire attendre une hausse de prix, il faudra soumel 
les agneaux a une ration dengrai?soment jusqu'a ee qu'ils soient a point A 
iir du milieu de fevrier, la demande est generalement tres vive, et les produits 
amsi prepares devraient faire prime, quand on desire les vendre. 

Quand les agneaux sont sevres, les sujets chatres et tous les sujets d'engrais 
doivent etre mis sur des pacages varies. Une parcelle de regain de trefle, de 
luzerne, de navette, ou une combinaison de ces cultures, a cote d'une vieille 
prairie, pour varier, fournira im excellent menu. Une portion d'avoine et de 
son, donnee le matin a des agneaux a Pengrais, ne sera nulleinent gaspillee. On 
lie devra jamais laisser les moutons manquer de sel, surtout au moment ou 
les geleea blanches commencent a se faire sentir. Cependant, une portion trop 
forte de sel, surtout quand la diete est succulente, serait dangereuse, et e'est 
pourquoi il vaut mieux donner le sel sous forme de pierre. Les moutons, sur 
un paturage de navette ou de luzerne, n'ont pas besoin d'eau pour boire. ' En 
automne, tous les animaux ont une tendance a engraisser, et l'on devrait autant 
que posssible, favoriser cette disposition naturelle. Quand les nuite' froides 
arrivent, il faudra s'attacher non seulement a retenir les gains deja faits, mais 
aitfsi a pousser raccroissement du p* i rapidement que possible. L'appe- 

tit est alors vif, et a moins qu'il ne se forme chaque jour une nouvelle couche 
de chair, la nourntiire est donnee a perte. Pour empecher tout arret dans Ten- 



57 

graissement, il est bon de donner, le matin, une portion de bon foin de trefle 
Leg agneaux le mangeront avec deliee et se remettront a profiter. Les bons 
eleveurs, soucieux de reduire la mortalite du troupeau a un minimum, ont Thabi- 
tude de ramener les animaux le soir pour les parquer dans un enclos herbeux 
€ t de leur donner une portion de foin preparee d'avance, soit dans cet enclos, 
Soit dans un enclos separe ou on les fait passer le matin. Ce n'est pas une mau- 
v aise coutume que de leur donner, le soir, une portion de grain, et le matin, du 
foin ou encore de leur donner lee deux, foin et grain, le matin, avant de les faire 
sortir pour la journee. Les agneaux soignes de cette maniere s'engraissent tres 
rapidement. II est surprenant de voir le nombre de moutons que Ton peut en- 
graisser sur une superficie de terre relativement petite, lorsqu'elle porte de bons 
fourrages. 

Engraissement en hiver 

Tous les bons eleveurs evitent, en tout temps, les changements brusques 
d'aliments, mais c'est surtout au moment ou Ton met les agneaux en hivernage 
que cette precaution s'impose rigoureusement. Les portions journalieres de foin 
e t de grain, donnees quelques semaines avant que Fhiver ne vienne mettre un 
terme a la saison de paturage, preparent a ^alimentation a la main qui doit 
suivre. Quand la navette, la luzerne, ou les autres recoltes qui ont j usque-la 
forme la ration principale, viennent a manquer, on peut les remplacer graduelle- 
ttient par des racines. On augmiente la proportion de foin jusqu'a donner tout 
c e que les agneaux peuvent consommer en deux ou trois repas par jour, et on 
aocroit graduellement la ration de grain en memc temps. Le but principal est 
de chercher a obtenir un gain de poids continuel, sans arret, et payant chaque 
jour pour la nourriture consommee. 

La ration de grain a donner variera suivaat les cours du marche ou les 
recoltes cultivees sur la ferme. Si on peut cultiver le grain sur la ferme meme, 
ce sera plus sage de le faire pousser que de Facheter. On devra done, en autant 
que le sol et les conditions le permettent, semer au printemps pour pourvoir a 
l'engraissement des agneaux. 

L'avoine convient tout particulierement pour ralimentation des^ moutons. 
C'est un grain nourri?>ant, que Ton pout donner sam rrainte, facile a cultiver, 
et qui convient bien, en melange avec les autres grains. Deux parties d'avoine, 
une partie de pois et une partie de son, forment une bonne ration pour les 
moutons de toutes categories. On peut aussi avantageusement remplacer les 
pois par du ble d'Inde. Vers la fin de la periode de nourrissage, on pourra aug- 
menter la proportion de grain aux trois quarts par poids. Les tourteaux de lin 
sont tres apprecies de beaucoup d'eleveurs. On peut les substituer au son, mais 
alors il faudra diminuer, en proportion egale, la quantite de grain. Quand on 
donne une quantite genereuse de fourrage de bonne quahte, la ration de gram 
pour T engraissement peut se composer d'une demi-hvre a une livre et demie par 
tete et par jour, suivant le but que Ton se propose. • . j 

Necessairement— et cette remarque s'apphque a toutes les categories de 
bestiaux— les animaux doivent, avant tout, etre confortablement installes. A 
moins de precautions speciales, les moutons seront surement mfestes de tiques, 
et peut-etre de poux, qui les irritent encore plus. Pour les en debarrasser, il 
faudra les laver soigneusement avec une des bonnes preparations que l'on trouve 
dans le commerce et qui non seulement detruisent la vermine, mais nettoient la 
peau, reduisent l'irritation et Tagitation au minimum. 

Engraisser a point 

Les moutons destines a la vente ne devraient pas etre mis sur le marche a 
moins qu'ils ne soient a point, et on ne devra pas non plus retarder la yente une 
fois cette condition atteinte. Si une partie du troupeau n'est pas aussi avancee 



58 




Fig, 40.— Viande portant suffisammeiii de p ir fe c 



le commerce ordinaire. 




Fig. 41.— Viande parfaitement a point. 



59 

Que le reste, et si Ton desire expedier le troupeau entier d'un seul coup, il faudra 
Sparer les agneaux plus maigres et les pousser plus rapidement. II faut un pen 
d'habitude pour distinguer le moment oil un mouton est juste a point. Dans un 
animal de bonne race, le dos fournit une indication sure; mais, pour les sujets 
d'un type inierieur, le dos pent etre deeharne alors que l'animal est assez gi\ 
Pour examiner l'etat d'engraissement d'un mouton, on pose fermement la paume 
de la main sur le doe en allant d'un cote a l'autre. Dans un mouton a point, 
lupine dorsale est bien recouverte et donne une sensation de coussin elastique. 
On examinera aussi la queue et la poitrine, Dans un mouton a point, la queue 
est assez dodue, et la poitrine doit etre bien garnie de chaque e6te de facon a 
remplir l'espace entre le poitrail et la jamhe. Un mouton trop gras porte une 
quantite considerable de graisse, qui pend le long des cotes anterieures et de 
rimque cote du poitrail. Le marche ne desire pas des sujets extremement gras. 
La figure 41 presente une coupe de mouton a point; la figure 39, un animal beau- 
coup trop gras, et la figure 40, 'l'etat recherche par le consommateur ordinaire. 
La figure 38 presente un groupe de brebis a point, choisies pour te marche de 
Toronto par des bouchers experimentes. Ces brebis pesent de 140 a 155 liv 
eliacune. 

Avantages du marche du printemps 

En hiver et au printemps, la viande de jeunes moutons est tres rare sur le 
Marche, parce qu'on a Thabitude de vendre la plupart des agneaux en automne. 
On ne trouve alors que des viandes gelees, entreposees depuis le commencement 
de 1'hiver. Cette viande ne saurait convenir aux meilleurs^ clients, et c'est pour- 
quoi les prix des moutons d'un an sont toujours en hausse a cette saison. 

Emploi de criblures dans I'engraisseinent 

L'engraissement des moutons et des agneaux se pratique sur une grande 
6chdle depuis un certain nombre d'annees aux centre d'expedition de grain et 
dans le voisinage des pares a bestiaux de l'Ouest du Canada. On engraisse pour 
le marche des milliers d'agneaux et de moutons a un certain nombre de point? 
Mir les provinces des Prairies et a Port-Arthur, Ontario. On se sert principale- 
nient pour cet engraissement de criblures d'elevatf airs qui se composent de ble 

■a' et retrait, de graines de mauvaises herbes et de pet its morceaux de paille, 
auxquels on ajoute comme fourrage du foin et de la paille. II faut de deux a 
trois mois d'engraissement pour bien finir les agneaux qui pesent de quatre- 
vingt-dix a cent livres a la fin de l'engraissement; ils rapportent en general les 
plus gros prix du marche. 

Les animaux sont tenus dans des cours ouvertes, generalement entourees de 
refuges n'avant qu'une epaisseur de planche et un toit. Les gros fourrages sont 

vis sur des rateliers et les criblures dans de grandes tremies automatiques 
recouvertes d'un toit. Les agneaux qui ne sont vendus en mars sont en generai 
tondus apres quoi ils' augmentent rapidement de poids jusqu'a ce qu'ils soient 
engraisses. 

DE LA BOUCHERIE A LA TABLE 

Bien que le mouton soit une des viandes le plus saines qui se produisent sur 
la ferme, elle n'est pas aussi recherchee que la viande de bceuf et de pore par le= 
families canadiennes. En Grande-Bretagne et dans' tous les pays ou l'elevage et 
l'engraissement du mouton des races de boucherie se pratiquent avec intelligence, 
et ou la viande de boucherie est bien preparee, cette -categorie de viande prend 
place parmi les meilleures qui entrent dans la consommation journaliere de la 
population. II n'en est pas ainsi dans les pays ou la production de lame 

le but principal de l'eleveur, car la chair est de quahte infeneure 
et manque de gout et de texture. Ce n'est qu'en ces dermeres annees 



60 



que le gigot cie mouton a obtenu une place sur le menu des meilleurs 
restaurants des villes americaines. La viande de mouton n'est entree cou- 
ramment dans la consommation aux Etats-Unis que lorsque Peleveir 
amencam a introduit les races de boucherie et pousse Tengraissement de ses 
moutons jusqu'au meme point que celui des bceufs et des pores. La qualite de 
la viande depend beaucoup des methods de production et de preparation- 
suivant ces methodes, elle peut etre savoureuse et nourrissante ou dure fibreu^e 
et a gout de lame. Nulle categorie de viande n'est plus susceptible ^ameliora- 
tion. Au Canada, la consommation de la viande de mouton a augmente dan* 
une tres forte proportion depuis que ces animaux sont mis sur le marche avant 
d avoir atteint 1 age d'un an. Ceci est surtout vrai pour les villes possedant des 
abattoirs bien conduits, et ou les consommateurs ont le gout forme. Les bouchers 
sont aujourd'hui en mesure de satisfaire les clients de ce genre en leur offrant 
une viande de bonne qualite. 

Le developpement de l'industrie au point de vue du commerce de la viande 
dans la mesure ou elle vient en contact avec l'influence de l'abattoir moderne et 
du boucher, fait des progres satisfaisants'. On le voit dans les prix payes par 
le marche pour le mouton engraisse. C'est sur la ferme, la source de la viande 
du mouton, que la consommation de ce produit nourrissant et sain a surtout 
besom d'etre developpee. Aucune autre categorie d'animaux ne se prete aussi 
bien a la demande du menage rural pour une provision de viande fraiche II 
est essentiel que les moutons soient en bon etat pour iPabatage et que cet abatage 
et le traitement de la viande soient faits promptement et bien. 

L'animal de boucherie 

Les animaux maigres ne donnent pas une viande de choix. II faut une 
proportion raisonnable de graisse pour rendre la chair juteuse et lui donner du 
gout, et plus un animal est gras dans des limites raisonnables, meilleure est «a 
viande. "Ne jamais tuer un animal qui est en train de maigrir", est une maxime 
suivie par les bouchers, et 1'observation etablit que ce dicton repose sur une 
raison logique. Quand un animal perd du poids, les fibres musculaires diminuent 
de volume et la proportion d'eau qu'dles renferment est reduite dans une mesurp 
correspondante. La viande devient plus dure et plus seche, en consequence. 
Quand un animal gagne du poids, e'est le contraire qui se produit, et il en resulte 
une viande de meilleure qualite. On obtiendra un meilleur produit d'un animal 
qui n est pas encore en etat moyen d'embonpoint, mais qui engraisse rapidement, 
que d un animal tres gras dont l'engraissement est interrompu, ou qui commence 
a maigrir, 

La qualite de la viande depend largement de l'etat de sante et de T'etat 
d embonpoint des animaux, au moment de 1'abatage, mais les' animaux communs 
produisent rarement une viande de choix. Le persillage de la viande, e'est-a-dire 
le melange egal, si desirable, de gras et de maigre, n'est jamais parfait dans les 
animaux communs, et les sujets prepares de longue date pour l'exposition ne 
fourmssent pas non plus cet ideal de qualite. Cette viande bien persillee ne se 
trouve guere que chez les animaux a conformation lisse, egale et bien garnie 
de chair. & 

L'age affecte aussi, dans une grande mesure, la saveur et la texture de la 
viande. 11 serait impossible de dire exactement a quel age un animal fournit la 
meilleure qualite de viande, mais e'est un fait bien connu que la viande de* 
animaux ages est souvent plus dure que celle des jeunes sujets. La chair des 
jeunes animaux est aqueuse et manque de gout. Un vieil animal, bien engraisse 
et en bon etat de sante, est preferable a un jeune mouton en mauvais etat 



61 

Abatage 

Les moutons destines a l'abatage ne devraient recevoir aucune nourriture 
Pendant les 24 ou 36 heures qui precedent. Si on continuait a les nourrir, l'appa- 
reil digestif serait encombre, et le sang, charge de prineipes nutritifs assimiles, 
serait aux extremites des veines capillaires. II est impossible de faire sortir com- 
pletement le sang des veines d'un animal qui est en cet etat, et il en resulte une 
viande rougeatre, d'aspect peu attrayant. En outre, la nourriture contenue dans 
1'estomac se decompose tres rapidement apres l'abatage, et les gaz auxquels 
cefcfce decomposition donne ! lieu ^oontaminetat souvent la viande, surtout si 
1'habillage se fait lentement. C'est la souvent la cause du gout laineux de la 
v iande de mouton, si repugnant pour beaucoup de gens. On devra continuer a 
donner de l'eau jusqu'au moment de l'abatage; elle aidera a maintenir la tempe- 
rature normale et a debarrasser le systeme des dechets elimines, ce qui permet 
d'obtenir une viande de bonne couleur et de bon gout. 

Le soin donne aux animaux, avant l'abatage, exerce un effet considerable sur 
* a duree de conservation de la viande. II importe beaucoup que les' animaux 
n e soient pas excites au point d'etre fievreux. Un animal fievreux ne se saigne 
Pas bien, et la viande peut surir tres peu de temps apres l'abatage. Jamais on 
&e devrait abattre un animal immediatement apres un long voyage ou une course 
r apide au paturage. II vaut beaucoup mieux, dans une circonstance de ce genre, 
r emettre l'abatage au lendemain que de courir le risque de voir la viande se 
gater. II est aussi essentiel qu'un animal soit traite avec soin, afin d'eviter les 
^eurtrissures. Le sang se rassemble dans les parties meurtries, leur donnant un 
aspect peu attrayant et causant souvent la perte cl'une partie considerable de 
*a viande. Un jeune de 36 heures, de l'eau en abondance, un traitement soigneux, 
et le repos avant l'abatage, voila les regies qu'il importe d'observer si Ton veut 
°btenir la viande dans la meilleure condition pour Futilisation, soit a Fetat frais, 
soit en conserve. 

U ne faut, pour l'abatage, que des appareils tres simples. Un bon couteau a 
§ aigner r un couteau a ecorcher, une petite poulie, un certain nombre de broches 
J* un petit nombre de tinets et cle crochets, fabriques a la maison, voila tout 
* outillage requis pour l'abatage des moutons. 

Comment eviter le gout de Iaine 

Comme nous l'avons deja explique, le gout de la laine, dans la viande de 
Jtoouton, provient le plus frequemment de la formation de gaz dans l'estomac 
de l'animal, apres l'abatage. Pour cette raison, il serait bon, outre le jeune deja 
indique, de depecer l'animal aussi rapidement que possible. Une plate-forme 
de 6 a 8 pouces de hauteur facilite les operations' et aide a tenir la viande propre. 
Ce travail devrait se faire dans un endroit sec et propre. La presence d'eau ou 
de sang sur la laine rend 1'habillage (depegage) tres difficile. 

Si r animal est age, on pourra l'assommer avant de le saigner. S'il est jeune, 
d suffit de lui disloquer le cou avant de lui couper la gorge. Pour disloquer, on 
P°se une main sur le dessus de la tete et l'autre main sous le menton, et 1'on 
lr nprime a la tete une torsion vigoureuse de has en haut. On etend le mouton 
Sll r le cote, sur da plateforme, la tete depassant le bout de la plate-forme et pen- 
dante. On saisit le menton de la main gauche et 1'on enfonce le couteau a travers 
* e cou, juste en arriere de la machoire. Le tranchant du couteau sera tourne 
v prs la colonne vertebrale, et la chair devra etre coupee jusqu'a l'os. On evite 
a ^ n si de couper la trachee-artere. 

Enlevement d<e la peau et habillage 

Pour ecorcher l'animal, on fend la peau en remontant, sur le dos des jambes 
du devant, a partir des onglons jusqu'a un point un peu au-dessus des genoux. 
On fend ensuite la peau, par-dessus la trachee-artere, depuis le poitrail jusqu'au 



62 

menton, et on la separe legerement sur les cotes du ecu. On repete eette opera 
tion sur le dos des jambes d'arriere, jusqu'a mi-hauteur, puis Ton depouille la 
culotte. On souleve alors la peau de la bourse et des flancs. On depouille les 
j arrets, en descendant jusqu'aux sabots, et Ton coupe les pieds de derriere au 
joint du paturon. On fait courir le couteau entre les cordes et les os, sur le dos 
des jambes, et Ton attache les jambes ensemble, juste au-dessus des jarrets, 
jusqu'au moment ou Ton suspend la carcasse. On suspend le mouton par les 
jambes de derriere et Ton fend la peau sous 1'animal, le long de la ligne du centre. 
On commence alors a soulever la peau, avec le poing, au poitrail. Pour ceci, on 
saisit fermement dune main le bord de la peau, on la tire a soi fortement, et Ton 
introduit le poing ferme entre la peau et le corps. On presse le poing, en descen- 
dant, sur les quartiers de devant, et en remontant a reculons, sur les quartiers 
de derriere et les jambes. C'est une mauvaise methode que de tirer la peau sur 
les jambes de derriere, car la membrane qui couvre la chair se dechire infaillible- 
ment et gate l'aspect de la viande. La laine doit toujours etre separee de la 
chair, pour la proprete. Sur les jambes. la peau doit etre tiree dans une direction 
opposee au corps, plutot que vers le corps, a fin de preserver la membrane qui 
recouvre la viande. Une fois que la peau sera degagee du corps, sur les cotes 
et sur le dos, on la tirera pardessus le cou et on la coupera pres des oreilles. On 
peut alors enlever la tete sans 1'eeorcher, en coupant a travers ^articulation du 
cou. 

On commence alors a enlever les entraiiles, en taillant autour du rectum 
qu'on laisse tomber a l'interieur. II ne faut pas fendre le bassin. On ouvre le 
long de la ligne du ventre, depuis la bourse jusqu'au brechet, et Ton enleve la 
panse et les intestins, en laissant le foie attache a la carcasse. Si le mouton doit 
servir a la consommation domestique, on fend le brechet et Ton enleve ensemble 
le cceur, le poumon et le diaphragme. On explore ensuite le bassin et Ton en 
retire la vessie. On enleve ensuite le sang et la poussiere avec un linge grossier, 
que Ton a plonge dans l'eau chaude et tordu presque a sec. On replie ensuite les 
jambes du devant, et Ton passe le petit ligament, que Ton troiive en coupant la 
partie eharnue du bras du devant, par-dessus la jointure de la cheville. 

Refroidissement et debitage 

t II i important que la viande soit refroidie hientot apres 1'abattage, 

niais il ne faut pas la laisser geler. La meilleure temperature, pour cette ope- 
ration, est de 34 a 40 degree, et on obtiendra les meilleures resultats en se tenant 
dans ^^ Hmites. 

Kn ete, il vaut mieux habiller l'animal le soir, laisser la carcasse a 1'air toute 
la nuit. et la porter dans une cave fraiche et sombre avant que les' mouches soient 
actives le matin. On peut egaiement se servir d'une chambre fraiche, dan* la 
grange, apres Tavoir obscurcie. II ne devrait pas y avoir de peinture fraiche, 
de goudron, de petrole, ou de substance de ce genre clans le voisinage, car la 
viande fraiche absorbe promptement les odeurs. On hate souvent le refroidisse- 
ment en fendant la carcasse en deux, ou menie en parties plus petites. II vaut 
mieux, cependant, ne pas la diviser avant que la viande se soit bien raffermie, a 
moins que cela ne soit absolument necessaire pour i'empecher de surir. L'air du 
local oil la viande est radfee h ivtroidir doit etre frais ct sec; une libre circulation 
de l'air emportera toutes les odeurs mauvaises et les spores de moisissure. II 
faut aussi veiller a ce que les mouches et it te puissent avoir aeces a 

la viande. 

Pour bien debiter la viande, il faut un couteau recourbe (un couteau a 
ecorcher fait parfaitement 1'affaire), une scie a viande, et une hachette de huit 
poiftes. On peut remplaeer la hachette par une hache, mais cet instrument 
beaucoup moins commode. Un morceau dun gros tronc d'arbre, coupe en 
travers, servira de biHot. On peut aussi se servir d'une table. 



63 



En debitant, on devrait toujours eouper a travers le grain de la viancle. On- 
°btiendra ainsi des morceaux uniformes. et la viande, une fois cuite, se clecoupcra 
Plus facilement. On coupera jusqu'A l-os, avec le couteau, et on se servira d'une 
Sc ie plutot que d'une hache pour eouper To-. 

NECK SHOULDER 




Fig. 12. — Diagramme montrant la ma&iere de decouper un mouton. 

Neck, collet; shoulder, epau'le; rack, carre; loin, filet; plate, poitrine; flank, 
flune ; leg, gigot. 

On fendra d'abord la carcasse en deux moities, puis on coupera le flanc et la 
Poitrine, en suivant la ligne A B C D (fig. 42). La jambe sera eoupee au-dessus 
de la rouelle, de A a K, en touehant a la jointure de la hanche. On enleve le 
J arret au-dessous de la partie charnue de la jambe. On decoupe ensuite l'epaule 
e &tre la troisieme et la quatrieme cote, et le cou a la veine de l'epaule. Le j arret 
de devant se separe a Tarticulation du coude. Quand on desire avoir une 
fehine de mouton, il faut varier un peu cette methode de decoupage et decouper 
J'echine en un s'eul morceau avant que la carcasse ne soit fendue en deux partie?. 
Le gigot de mouton est parfois coupe en tranche-, mais on le fait generalement 
r otir ou bouillir en entier. Le filet (reins) est coupe en tranches paralieles aux 
cotes, pour fournir des eotelettes, ou le morceau peut etre roti entier, si on le 
desire. Les eotelettes devraient avoir l'epaisseur d'une cote. Si Ton fait cuire 
j e filet entier, les articulations de l'epine dorsale dvraient etre fendues a la 
"Hfohette, pour faciliter le decoupage, but la table. On traite le carre de la nieme 
Uianiere que le filet. Les articulations de l'epine dorsale devront etre fendues et 
k? cotes rompues au milieu, a 1'interieur. Ce morceau pourra alors etre roti, 
8 *1 provient d'un jeune mouton, oil bouilli s'il provient d'un animal adulte. La 
Poitrine et le flanc serviront pour faire des ragouts, et le cou et les j arrets pour 
* a soupe. 

Conservation de la viancle 

La viancle de mouton, conservee au froid et consommee encore fraiche, est 
Plus nutritive et plus savouivuse que la viande salee ou fumee. II est done 
Preferable d'en employer la plus grande partie possible fraiche. Sans glace il 
es t tres difficile de conserver la viande fraiche pendant Pete, et merae avec la 
Slace on ne peut en conserver qu'unc petite provision a la fois, sur la fcrrae 
°rdinaire. Quand on a une chambre froide ou un refrigerateur de famille qui 

rvnii+ *±^ j_ 1 1_ x ' J-. J~ Af\ ^A/rrAtf nil Qll-floacniic of r*vi 1'air f*irmi1l"> 




.. que l air circuie Dien et qu : 
un refrigerateur tend a favoriser la croissance de moi et la plus legere 

Pourriture contamine bientot le morceau entier. On eprouve moins-de difficulty 
* conserver la viande fraiche dans une chambre ou la temperature est elevee, 
•m 1'air est sec, que dans une chambre a basse temperature, mais ou 1'air est 
humide. 

Quand on a une glaciere que Ton remplit ehaque annee, on pourra, au moyen 
de cloisons, en sSparer une partie qui servira de chambre froide. Avec la glace 
ei **pilee sur les trois cotes de cette chambre et un bon egouttement, cet endroit 



64 

•conviendra tres bien pour la conservation de la viande, et on pourra egalement 
s'en servir pour emmagasiner le beurre et d'autres produits perissables. 

Pendant la saison froide, on gele le mouton pour le conserver. On decoupe 
la viande en quartiers, ou meme en morceaux plus petits', et on la suspend dans 
un hangar ou elle reste gelee. Quand on desire en detacher un morceau, on pent 
le decouper a la scie. Si cette viande est mise en chambre froide et degelee 
lentement, le gout n'en sera que peu affecte. On ne devra pas en prendre une 
plus grande quantite a la fois qu'il n'en faut pour Pusage immediat. Le gel et 
le degel alternatifs abimentle gout et la qualite de la viande; il importe done de 
la tenir a une temperature suffisamment basse pour Pempecher de degeler. 

Un bon moyen de conserver la viande est de la mettre dans la neige. On 
debite la carcasse en cotelettes, en rotis et en viande a bouillir. Toutes les parties 
que Ton veut enlever devraient Petre avant que la viande ne gele. Chaque 
morceau est mis a geler separement, et de fagon a ce qu'il ne soit pas en contact 
avec d'autres viandes. On se procure une caisse assez grande et Ton met au 
fond une couche de neige seche. On y depose la viande gelee, en evitant que les 
morceaux ne se touchent. On reeouvre avec une autre couche de neige et Ton 
continue ainsi a poser des couches successivs de neige et de viande, jusqu'a ce 
que la caisse soit remplie. On place alors la caisse dans un hangar, ou elle n'est 
pas exposee a des changements subits de temperature. Pour pouvoir trouver 
plus commodement la viande dont on a besoin, on fera bien de mettre les tranches 
a un bout de la boite, et les morceaux pour rotis et ragouts a un autre bout. De 
cette maniere, on pourra sortir le morceau que Ton desire sans deranger les 
a litres, La neige employee devra etre seche et hi viande bien gelee; dans ces 
conditions elle se conservera tout Phiver, a moins qu'il n'arrive une periode de 
temperature tres elevee. 

Maturation 

Une fois bien refroidie et raffermie, la viande d'agneau ne continue pas 
•'Lisliorer. La conservation ne la rend pas plus tendre, et m,cme, trop pro- 
longee, elle tend a lui fairs perdre le gout delicat de Pagneau. Par contre, pour 
etre dans le meilleur etat possible la viande de mouton devrait etre laissee sur 
les crochets ou "mfirie" pendant un laps de temps variant de quelques jours a 
une semaine, ou plus, selon la temperature. Le mouton bien muri est plus tendre 
et a une saveur plus agreable que celui qui vient d'etre tue. Dans une atmos- 
phere seche, a une temperature de 40 a 45 degres, il est probablement dans son 
meilleur etat au bout de dix a quinze jours de suspension. 

Quand on n'a pas de chambre froide a sa disposition, il est necessaire de 
saler des parties de la viande, afin d'eviter qu'elles ne se deteriore. Le mouton 
sale est tres bon et les jambons de moutons sont delicieux. 

(hi ne devrait jamais faire cuire la viande avant que la chaleur animale ne 
s'en soit completement degagee et que la chair ne se soit raffermie. C'est a 
Poubli de cette regie que l'on doit attribuer le degout manifeste pour le mouton 
dans les districts ruraux. II y a des annees, avant Pepoque du a cercle de bou- 
cherie" et du boucher, alors que chaque fernie av;tit son troupeau de moutons, les 
preparatifs pour une corvee de sciage ou de battage comprenaient l'abatage d'uu 
mouton pour le repas du midi. L'hote prevoyant avait Ihabitude de faire jeuner 
Panimal et de le tuer le jour precedent; mais, trop souvent, le jeune etait entitle- 
ment neglige et Pabatage differe jusqu'au jour de corvee. Celui qui ecrit ces 
lignes a vu lui-meme un cultivateur, aide d'un jeune gargon, poursuivre, le 
couteau a la main, a 9 heures du matin, le mouton qui devait etre mange le 
meme jour. S'imagine-t-on le degout qu'eprouvaient alors les batteurs pour la 
vifinde de mouton? Avant la fin de la saison, plus d'un mouton innocent etait 
lapide en cachette, par un batteur qui, aujourd'hui encore, ne peut songer au 
mouton qu'avec horreur. 



65 

Salage 

Le mouton se conserve de bien des manieres differentes. On pent le tenir 
frais plusieurs semaines en le frottant simplement avec du sel sec et en le reeou- 
v ?ant bien. Chaque fois que Ton decouvre le recipient, on doit retourner les 
^orceaux. Voici trois recettes pour faire des conserves de mouton. 

1. Faire une saumure assez forte pour porter la moitie dune pomme de 
terre. Aj outer une demi-livre de salpetre pour un demi-baril de cette saumure; 
d en faudra moins si le salpetre est pur. Le sal age sera termine au bout de 10 a 
*2 jours. On peut alors mettre la viande dans une nouvelle saumure, propre ct 
faiblc. 

2. A j outer a quatre gallons d'eau deux livres de sucre brun et six livres de 
se l; faire bouillir environ 20 minutes; enlever 1'ecume; le jour suivant, verser la 
Solution sur la viande, que l'on aura mise dans une tinette; tous les deux mois 
e rilever la saumure pour la faire bouillir et l'ecumer de nouveau, apres y avoir 
ajoute trois onces de sucre de canne brun et une demi-livre de sel commun. 
^aupoudrez du sel sur la viande, avant d'y verser la solution. La saumure doit 
r Gcouvrir entierement la viande. On y ajoutera quatre onces de salpetre. 

3. Preparer une saumure en ajoutant, a chaque gallon d'eau froide, une pinte 
^ sel en pierre, une once de salpetre et quatre onces de sucre brun. Tant que le 
^ e | ne sera pas dissout, la viande ne sera pas salee. S'il se produit de 1'ecume, 
*aire bouillir le liquide et l'ecumer parfaitement et y ajouter du sel, du salpetre et 
du sucre. Chaque morceau de viande devrait etre frotte avec du sel avant d'etre 
j^Us dans la saumure. Si le temps est chaud, il faudra fendre la viande jusqu'a 

°s et f rotter Pinterieur avec du sel. On tiendra la viande immergee dans la 
s &Umure au moyen d'un poids. On fera bien de tenir le recipient recouvert d'une 
toile, qui permettra Faeces de Pair, tout en ompeehant les mouches de penetrer. 

Gigots de mouton conserves 

Les gigots de moutons se salent facilement. Comme la viande absorbe le 
Se l tres promptement, il faut avoir soin de ne pas en appliquer une trop grande 
Vjantite. Le gigot que Ton aura choisi sera coupe au j arret. Certaines personnes 
Preferent le desosser entierement. Le traitement est le suivant: 

Saupoudrer avec une cuilleree a the de salpetre, et bien frotter. Frotter 
^Gsuite avec un melange en parties egales de deux cuillerees a the de quatre- 
e Pices et de clou de girofle; frotter, en troisieme lieu, avec une tasse a the de 
sucre brun et alors appliquer le sel. Tourner et appliquer de nouveau les ml 
substances, tous les deux jours, pendant 3 on 4 scmaims. La viande ainsi pre- 
Paree est delicieuse, bouillie ou grillee en trancln 

COMMENT MANIER LES MOUTONS 

II est surprenant de voir combien peu d'eleveurs de moutons savent attraper 
c , e s animaux et les conduire. Le vieux baton de berger d'autrefois, si humain et 
futile, ne se voit plus que sur un tres petit nombre de fermes canadiennes. Ce 
oaton a encore sa place dans la plupart des troupeaux anglais, et, de concert, 
avec un chien intelligent, permet au berger de saisir et de conduire les moutons 
ia cilement et sans rudesse. 

Rien n'est plus penible a l'amateur de moutons que de voir la maniere rude 
Jt meme brutale dont on traite ces animaux dociles et timides, sur la plupart des 
^rrnes ou l'on pratique leur elevage. A cote des troupeaux de race pure, dont 
° n prend autant de soin et que Ton traite avec autant de douceur que le cheval 
^ e la famille ou la vache favorite, combien y a-t-il de troupeaux ou les moutons 
^orit pousses, saisis, tires et conduits, generalement de la facon la plus inhumaine. 
Quand on divise le troupeau, ou qu'on separe un individu des autres, on entasse 



66 

generalement le troupeau dans un coin, et les victimes sont saisies, Tune apres 
1'autre, par la toison et tirees, ruant et se debattant, jusqu'au point de sortie. 
La plupart des eleveurs ou des ouvriers de la ferme paraissent croire que la toison 
est fafte pour tirer Tanimal. Or, si Ton se rendait bien compte de la torture 
infligee a un mouton quand on le saisit par sa laine, beaucoup, sans doute, cher- 
cheraient une meilleure methode. L'examen de la viande d'un mouton venant 
d'etre abattii, et que Ton a souleve par sa laine, revele des parties enflammees et 
congestionnees, ressemblant a de vives meuiirissures, a tous les endroits ou Ton 
a tire sur sa laine. Cette inflammation a pour cause la rupture des vaisseaux 
sanguins, et les douleurs qu'elle occasionne causent neccssairement un arret dans 
l'engraissement de 1'animal, sinon une pcrte de poids reelle. Outre cet inconve- 
nient, dans le sujet qui doit etre abattu immediatement, la viande est endom- 
magee a un degre plus ou moiiis grand, suivant la brutalite exercee. 




Fig. 43. — Comment on attrape un mouton. 
44. — Comment on jette un mouton. 
■' 45. — Comment on conduit un mouton. 

On doit saisir un mouton par la jambe de derriere ou par la tete. Si Ton est 
dans une loge close ou les moutons sont serres les uns contre les autres, c'est une 
chose bien facile que de saisir la tete de Tanimal que Ton a ehoisi et de le tenir 
ferme jusqu'a ce que les autres se soicnt eloignes, laissant un passage par lequel 
on pourra Temmener. Si Ton se trouve dans une loge ou une cour plus grande, 
on peut saisir le mouton par la jambe de derriere, juste au-dessua du jarrei, 
comme 1'indique la figure 43. C'est la qu'un baton de berger bien fait est d'une 
grande utilite. Avec ce baton (figure 46) , qui a generalement une poignee de 6 
ou 7 pieds de long, on peut approcher assez pres des moutons pour les saisir, sans 
toutefois leur donner Tidee de plonger en avant pour se sauver. Une fois Tarti- 
culation du jarret saisie, on tire Fanimal en arriere, jusqu'a ce qu'on puisse facile- 



67 



j^ent le prendre par le cou. Quand on attrape un mouton de cette maniere, le 
f r °upeau n'est pas aussi alarme que quand on s'y precipite pour saisir un 
mdividu. 

Pour conduire un mouton qu'il vient d'attraper, le berger doit placer sa main 
Sauche sous la machoire inferieure. Si Tanimal plonge en avant, il pourra le 
Sai&ir doucement, par la lame, sur la joue opposee, tandis que la main droite 
^isira la queue ou le moignon qui reste. Un mouton, dans eette position (figure 
*>)j marche invariablement droit devant lui, dans la direction ou le conduit la 
me qui en a soin. II ne ressent aucun mal ni frayeur, et se laisse conduire 
* v <* facilite. 




Fig. 46. — Comment on prend un mouton avec un baton de berger. 



ts= 



=£- 




Fig. 47. — Baton de berger. 

On traite souvent aussi cruellement les moutons que Ton transporte dun 

; nclroit a un autre, et surtout quand on les conduit au marche. Pen d'eleveurs, 

^Part ceux qui ont des moutons de race pure, ont sur leur ferme une voiture a 

j°utons bien amenagee. II arrive done que pour transporter les moutons on leur 

^p'he les jambes et on les jette dans une voiture ou dans un traineau, pour les 

ahoter jusqu'a leur destination. L'incommodite et les meurtrissures qui en 

es ultent sont souvent graves, et constituent une cruaute tout a fait inutile. 

Le 

BBSS* 

« pour- 

un t^etre posees par-dessus, pour former un couvercle. Pendant des annees celui 
™ ecrit ces lignes se servit d'un cadre de chariot de 14 pieds de long, aussi large 
> f Un phariot ordinaire, et dont les cotes et les extremites etaient entoures de 
9-ttes jusqu'a une hauteur d'environ trois pieds. Les portes, aux exti vtnites, 
c t aie . n t fixees aux cotes et au plancher, par des tiges, — une a chaque coin du 
e !! ar j ot — passant du sommet jusqu'au fond et munies d'ecrous a filet. Ces portes, 
£ ^'ouvrant, formaient barriere, ce qui etait tres commode pour charger et 
Charger les animaux. Ce cadre etait employe sur ma ferme, et sur bien des 

24298-5* 




68 

fermes du voisinage, pour transporter non seulement les moutons, mais aussi 
les pores et, parfois, de jeunes bestiaux. 

Pour charger un mouton il n'est millement neeessaire de le soulever par la 
laine. Deux personnes sont necessaircs pour charger, une de chaque cote de 
Tanimal. La main gauche de Tune saisit la main droite de l'autre, sous la poi- 
trine du mouton, de preference entre les jambes de devant. Les deux autres mains 
se saisissent de la menie fa$on, sous les flancs. On peut ainsi facilement soulever 
les moutons et les charger sans leur fa ire mal. 

Bains ou lavages 

Une exploitation qui n'a pas une baignoire commode pour pratiquer le lavage 
des moutons, afin de detruire les parasites de la peau, n'est pas en mesure de 
retirer le plus grand rapport possible de 1'industrie. Tous les moutons sont 
exposes a avoir des tiques et des poux, et ils courent egalement le risque d'attraper 
la gale chaque fois qu'on les fait voyager en chemin de fer ou qu'on introduit 




48 — Coupc d'une baignoire avec loges. 

dans le troupeau des sujets nouveaux. Un ou deux insectes peuvent facilement 
repandre la maladie de la gale par tout le troupeau, causant ainsi des ennuis sans 
nombre et une perte d'argent considerable. Pour cette raison, la baignoire 



YARD 




Fig, 49. — Plan dune installation a laver. 

devrait etre mise a requisition pour chaque nouveau sujet qui arrive, et, en outre, 
le troupeau entier devrait etre lave au moins deux fois par annee. Cette methode 
preventive vaut infiniment mieux qu'un rankle apres que la maladie a fait son 
apparition. 

Peu d'elrvuurs de moutons au Canada oonnsissent la maladie de la gale, il 
nYn est aucun qui ne puisse identifier une tique. Le pou est un inseote bien 
moins connu, et, comme il est peu visible, il peut causer dans un troupeau beau- 
coup d'incommodite et d'amaigrissement avant d'etre decouvert. Un bon lavage 
aver une preparation insecticide connue permet de detruire ces deux insectes 
lacilennent et a peu de frais, et peut aussi guerir un commencement d'attaque d<3 
gale. 



Le bassin a lavage ou baignoire pent etre en beton, en metal ou en bois, 
J* en forme d'auge, de 16 pouces de large et de 4 pieds de profondeur (fig, 50). 
*^aB8 un bassin de cette dimension on peut plonger les moutons de fa^on a ee 
qu'aucune partie de leur corps n'echappe au contact du liquide. On peut les y 
^ter, ou les forcer a sauter dans le liquide, a un bout du bassin, pour marcher 
iusqu'a r autre avec un plancher en lattes. Pour un petit troupeau, il est inutile 
^e le fond ait plus de 4 pieds de longueur, Le plancher incline, en lattes, com- 
mence a cet endroit et monte graduellement jusqu'a une plate-forme d'egoutte- 
m ent ou le liquide est recueilli pour retourner de nouveau au bassin. Pour eco- 
^omiser le liquide, le bassin peut aller en se retrecissant jusqu a une largeur de 
^ Pouces au bas. Si le liquide a la force convenable, la toison en retiendra une 
<luantite suffisante pour tuer les poux et les tiques, mais si la gale est presente, 
0u si on la craint, les moutons devraient raster immerges pendant au moins 
deux minutes, et la tete devrait etre plongee dans le liquide deux ou trois fois. 




Fig. 50, — Baignoire en metal. 

°i le temps est moins precieux que le liquide avec lequel on lave, relativement 
f^rlant, il peut y avoir avantage a pressurer la toison avec la imam, pour en 
*aire sortir le liquide, sur la plate-forme d'egouttement, Une autre methode, qui 
^onomise a la fois le temps et le liquide, est de diviser la plate-forme d'egoutte- 
j^nt en deux loges dont chacune est remplie alternativement avec les agneaux 
| a ves. Cette disposition permlet aux moutons qui s'egouttent de rester dans une 
l°ge, tandis que l'autre est remplie avec les sujets qui arrivent du bain, et vice 
v ena. La figure 49 represente la loge d'egouttement divisee en deux parties. 

Un lavage chaud penetre mieux qu'un lavage froid et dolt par consequent 
av oir la preference. Une temperature de 106 a 110 degres est la meilleure, Quand 
° n emploie des lavages de goudron, on devrait se servir d'eau douce, ou si Ton 
11 e n a pas, ajouter au lavage un peu de lessive pour le rendre savonneux. On 
f^eparera le lavage en employant exactement les quantites prescrites par le 
labricant. Pour chauffer 1'cmu qui doit servir au lavage on pourra se servir d'une 
paudiere ouverte, comme il y en a generalement sur toutes les fermes. Pour 
|? rechauffer on pourra jeter dans le bassin des fer< rougis au feu. L'introduc- 
r l0 n des moutons dans le bain se fera plus facilement si Ton dispose une planche 
^clinee a Fentree meme du bassin. Cette planche devrait etre tenue graissee, 
t*>Ur que les moutons glissent promptement. 

t , Les lavages peuvent etre effectues en toutes ealsons, mais, pour des raisons 
oien evidentes, on devrait eviter de les faire quand le temps est tres froid. Si 
lo n est oblige de laver en hiver, les moutons devTaient etre tenus, apres L'ope- 
ra tion, dans un batiment conformable, jusqu'a ce qu'ils soient bien sees. 



70 

L epoque la plus favorable pour le bain principal de i'annee est une senxaio e » 
ou environ, apres la tonte. Tons les sujcts devroirt passer au bassin, car lfj 
plupart (les tiques se seront alors refugiecs sur les agneaux. A ce moment, H 
faudra relativement peu de substance. On fera bien de retenir les individ^ 
tondus une minute ou plus dans le liquide, car la laine est trop courte po ur 
retenir le liquide le temps qiril faudrait pour detruire les insectes. On devtf 
repeter le lavage 10 jours apres, pour detruire les nouveaux in rui auraietN 

pu eclore flans rintervalle. Les animaux seront traites de nouveau a l'autoiBB^ 
afin d'entrer dans l'hiver absolument libres de para-. 

Pott* un feroupeau peu nombreux, une auge simple pent suffire. L'auteur 
de oet article a lave et traite des centaines de moutons, gpos et petit-, dans nitf 
i bois ordinaire, de 5 pieds 6 ponces de long par 20 pouces de profondeur; 
20 pouces de largeui au fond efc 24 pouces au sommet. Cette auge servait au* 
pour Sfcouiilanter les pores. On tenait les agneaux par les jambes et par la tete 
et on les plongeait dans le liquide, le dos en bas, puis on les -ou on 1<? S 

lai-sait Ggputter. Les mouton- plus gros etaient traites but une plate-forme; on 
separait leur toison a intervalles de deux pouces, environ, et Ton versait le lavage 
but la peau avec un arrosoir, Les parties plus bas mprenant la poitrine, le 

COU et le ventre, etaient lavees d'abord, 1'animal s\appuyant stir le cote ou sur 1* 
croupe. Les etaient traites ensuite, le mouton se tenant debout 

Cette methode est lente et laborieuse, mais elle peut etre employee a defaut d'un 
bassin convenable. Le bassin employe a la ferine experimentale oentrale d'OttftWa 
pour laver les moutons et les agneaux a 34 pouces de profondeur, 30 pouces de 
large, 10 pieds et 2 pouces de long au sommet, et 6 pied- 5 pouces au fond,— 
dimension bien suffisante pour les pores de la plus grande taille, les moutons et 
meme l« k. 11 esrt fait en madriers de pin de deux pouces, emJ>ouvet6s et 

assujetti- ensemble par des boulons courant au centre du niadrier, sur les cote-. 
de haut en bas et a travers le fond. En construisant un bassin en madriers. l«s 
fentes ou les joints devraient etre impregnos de goudron ehaud ou de plomb 
rouge, et tous les soins devraient etre pris pour que la construction soit etanche. 

Les figures 48, 49 et 50 represented la coupe et le plan d'une baignoire 
avec la oour et les loges d'egouttement, et donnent aussi une vue d'une bonne 
cuve. 

LA NEGLIGENCE PRLNCIPALE 

Quand on leur demande: "Quel est le plus grand defaut de rindustrie ovine 
au Canada?" neuf sur dix des principaux arheteurs repondent aussitot: "La ne- 
gligence que mettent les cultivateurs brer les agneaux males 

Outre les agneaux elevcs sur les ranches de TOuest, plus de 75 pour 100 des 
nudes sent mis sin le niarche sans etre emascules. II y a amelioration cependant 
tous les ans sous ce rapport. 

II est difficile de comprendre pourquoi une operation si facile a effectuer, et 
si iroportante au point de vue industriel et, par consequent, a eelui de leleveur 
soil si irvneralement negligee. Cette negligence, ehez les bestiaux et les pares, est 
severement condamnee, mais pour une raisdn ou pour une autre I'emasculation 
des moutons n'est pas considen'c comme une chose importante. Et. cependant 
les commer$ante, qui sont en contact, d'une part avec les eleveurs, et de Tautre 
avec les consommateurs, regardent cette coutum. cotnnie le defaut principal de 
rindustrie. 

parce que tons les agneaux viennent a peu pres a la nwrnv Bftison, 
et que Ton redoute d'entreprendre une operation chirurgicale aussi longue; serait- 
ce de pcur i lents qui peuvent en result er que Ion ne traite pas les agneau* 

de la meme fagon que les veaux ou les ieunes cocbons; serait-ce tout ^implement 
parce quon a eu longtemp? l'habitude de n£glig -voir important que Ton 

continue a romettre? Heureusement l'habitude qui se repand de plus en plus de 



71 



■ rw fnirea aui n'acceptent paa de beliere, et 

vendre lea agneaux par l'entremise aes i *» ,; «t ^^ font p em ploi 

la reduction des prix que l'on ^^^SSaSob. 
4es instruments chirurgicaux se repand de plus en p 




Fig. 5 



1 ._A g in,u,x-l„-.Hers, rendof « 




,-aisont prime but le marehe. 

Fie 52.— Agnemi\ d' 1 " 

tmnneau ou le- Bexes aont melangea, pour 
II ^uffit de visiter, a l'automne. un ti ou ^ negligence. Le troupeau 

per l, v r dun des principal ^f^&emeut du matin an «r. No* 
ton ours agvte, tous lea joure, ^Sre, maia tea autree aujeta aont molest. 
seul ement lea male, negligent leurnounUH- ^ tcmpg f f t 

ktilpofnt que lea gains rapides que lea J?™ „-,„,,.. perde nt la cha* 

espter sont rendus impossibles •• „ troupeau, 

<!,' L fonnee. Memo quairi ^^nveniente. Get etat de chosesesh.cn 
l'agitation continue, aver tea "uin mo ^^ Ik ge t habltues 

connu dc beaucoup d'eleveura «j u. ,., aUtomne , avec l'amvec des 

a l'esprh d'agitatiou qui await leur OT h rfaitemen t ce qui arnvera^plus 
gelecs blanches. Meme en <** 1 Severn ' xVltr qui r fc gn ent dans le trou- 

tard, et il ne sc doute pas dc la p a* t le P^ g ^ qU ^ , t 

peau chatre dc son voiam a $f^~ de8i ii epic inHpatiemmeiit aa vmto. et, 
commence generalement a iau«. 



72 



des que le marche est conclu, il insiste pour que ses agneaux partent avec la 
premiere expedition. II sait parfaitement que ses beliers continueront a maigrir 
a partir de ce moment, et que, plus tot ils seront peses, plus tot la paix regnera 
dans le troupeau. II a cependant l'occasion de constater encore mieux «es pertes 
quand le jour de l'expedition arrive. Ses agneaux pesent en moyenne de 75 a 80 
livres, tandis que ceux de son voisin, a peu pres du meme age, mais qui ont ete 
cliatres, font mooter la balance de 90 a 95 livres et obtiennent un mcilleur prix 
Outre ces mconvenients que nous venons d'enumerer, 1'eleveur qui garde des 
agneaux males entiers court le risque de voir un certain nombre de ses meilleures 
breb.s amsique des agnelles, qui ne devraient Itre luttfes qu'une annee plus 
tard, fecondees, peut-etre, par le type le moins desirable du troupeau 

.bnfan, il est impossible de garder des males non chatres jusqu'en hiver ou 
jusqu au printemps, moment ou Ies prix son* toujours plus Sieves, lis sont prin- 
cipalement responsables de 1'encombrement du marche pendant lea mois cTau- 
tomne, et il faut cependant les ecouler quand l'approvisionnement est deia trop 
abondant. II ne saurait etre question de les garder plus longtemps, meme ius- 
qu au mois de decembre Non seulement ils font des gains peu satisfaisants, mais 
leur chair durcit et perd de sa qualite. D'apres les temoignages de marchands 
important*, plus de 50 pour 100 des agnelles de l'annee precedente, ecoulees en 
fevner et en mars, sont fecondees. Ils vont meme jusqu'a affirmer que beaucoup 
de pes accouplements sont fait intentionnellement, dans le but d'obtenir un poids 
.cgerement plus eleve. Quelle qu'en soit la cause, le commerce soX 
beaucoup de cet etat de choses, et e'est sur 1'eleveur que les pertes retombent en 
fin de compte Les acheteurs apprennent bien vite a connaitre la qualite du 
betail des different^ districts et font leur prix en consequence. Jusqu'au com- 
mencement de lautomne, les agneaux beliers se vendent a peu pres au meme 

™1 T le vn°? hiS Ct leS m ° Ut0nS . dans la P lu P art des Provinces canadiennes 
mais dans Ontario on commence, des juillet, a taxer fortement les agneaux non 
chatres et la taxe est augments en octobre. Dans les autres provinces la rldT 
tion de prix impose commence plus tard et augmente a mesure que la saison 

Comparaison a Pabatage 

hflier^iw ' ""Sf* 4 1'abatage que Ton s'apercoit de la difference entre le 
S Til , '1 g - 3U *£* *f pr ? mier a « as P i116 ses forces en u ne vie de dissipa- 
v?££ nliT 1 ?™' efflan( l ue et emacie, different g.andement du mouton dodu, a 
yiande compacte, qui a consacre tout* son energie a la formation du corps «ans 
s occuper d'autres soucis. (Voir figures 51 et 52.) P ' 

A mesure que la saison avance, le mouton se developpe rapidement parti- 
cuherement dans la region des reins et du dos, tandis que le belier met out <on 
poids sur le cou et les epaules, se retrecit aux reins et aux quartiers de derriere 
et ne convient que pour la demande inferieure. Voulant determiner le ' 3 
relatifs de beliers ct ,„x cliatres, de la meme race et du meme age nou« 

en avons peseune douzaine de chaque categorie le ler novembre. Les agneaux 

£ JJRJS^ ^ k ' S "ft" 90 ° lh '/ eS 'i 0it Une diminution ^yefne ae 
10 livres par tete. Ceci, ajoute a un sacrifice de un centin par livre represente 
une jolie amende payee pour 1'oubli de la castration. ' repiesente 

Methodes de castration 

La castration d'un agneau es1 une operation tres simple, entrainant peu de 
risques, pourvu qu'elle soit exeeutee avec attention et que 4'on observe les re<rle« 
de la proprete II importe qu'elle soit pratique* quand les agneaux sont eK 
tres ftunes, a 1 age de 10 jours, environ, car ils sont alors moins exposes a saigner 
et la guenson a lieu rapidement. La mcthode peut-etre la plus ancienne, et que 
la plupart considerent comme la plus satisfaisante. est de couper le tiers inferieur 



73 

du scrotum, avec un couteau bicn tranchant, de fendre la membrane exterieure 
de chaque testicule separement, et de tirer ce testicule, cordon et le reste, avec 
les dents. Toutefois, cette methode repugne a ceux qui n'y sont pas habitues, 
e t il en est d'autres qui lui sont preferables. 

L'auteur de ces notes pratiquait la methode suivante: Un aide tient le sujet 
BUT lequel on opere assis sur un banc, les piecls ecartes. L'operateur s'assied a 
cheval sur le banc, sur les pieds de derriere de Pagneau. Avec un couteau bien 
aiguise, il enleve le tiers inferieur du scrotum, depouille les testicules de leur 
membrane et les enleve, Tun apres l'autre, avec les doigte. Si Pagneau a atteint 
I'age d'un mois, il pent etre bon de lier le cordon, a un pouoe environ du testicule, 
avec un ligament trempe dans de Pacide carbolique avant de detacher Porgane 
avec un couteau. 

Une autre methode consiste a couper le scrotum, avec son contenu, au ras 
du corps. Quand Pagneau est tres jeune, cette methode n'entraine que peu ou 
point de risque. On peut se servir pour Poperation d'un couteau bien aiguise. 
ou de ciseaux. Une methode parfaitement antiseptique et qui previent les^pertcs 
de sang, est d'employer, pour couper le scrotum une paire de ciseaux assez emous- 
ses et fortement chauffes, afin de eauteriser la blessure en meme temps. Cette 
methode se recommande speeialement pour les agneaux de trois semaines. Elle 

vantage d'etre (rune extreme simplicity 

L'expert en castration de nos jours se sert de Pemasculateur, instrument qui 
ressemble beaucoup a une paire de ciseaux, a lames peu aiguisees, et dont Pune 
est munie d'une cavite. Les testicules sont presses contre le corps de Panimal, 
et le scrotum est completement tranche, a peu pres a mi-hauteur; les cordons 
ainsi exposes sont coupes avec Pappareil, a un pouce ou environ au-dessus du 
testicule. Les cordons coupes par cet instrument relativement emousse ne 
saignent pas aussi abondamment que quand on se sert d'une lame coupante. 

Quel que sort le procede usite, la blessure doit etre enduite d'une pommade 
antiseptique; il n'v a peut-etre rien de meilleur, clans ce but, que Phuile carbo- 
lisee, composee d'une partie d'acide carbolique contre 20 parties d'huile douce. 
L'auteur se servait toujours de goudron de pin et de saindoux, en parties egales, 
et il peut recommander ce melange. II est tres important que les agneaux nou- 
vellement chatres soient places dans des quartiers propres. Si le temps est 
froid, la loge doit etre soigneusement nettoyee, et la litiere changee tous les 
jours, miais quand le sol est chaud, il n'y a pas de meilleur endroit pour les 
jeunes agneaux qu'un enclos herbeux ou ils ne courent pas de risque d'mfection 
et ou ils peuvent prendre leurs ebats, chose egalement fort importance. Quelques 
jours apres, on examinera les agneaux; tous ceux qui presentent quelques gonfle- 
ments ou quelques plaies devront etre laves a Peau chaude dans laquelle on aura 
ajoute quelques gouttes d'acide carbolique et de creoline, et on enduira la bles- 
sure d'huile carbolisee ou d'une autre preparation antiseptique. 

Amputation de la queue 

Autrefois, alors qu'il avait soin d'un troupeau compose de sujets de race 
pure, celui qui ecrit ces lignes considerait le fait de laisser la queue tongue comme 
une preuve de negligence. Peut-etre ce point de vue etait-il outre, mais des 
observations plus recentes m'ont demontre que les meilleurs eleveurs amputent 
leurs agneaux aussi regulierement qu'ils tondent leurs brebis, tandis que les 
mauvais negligent invariablement cette operation. Peut-etre une queue ne 
nstitue-t-elle pas un defaut, particulierement chez un male qui doit etre 
vendu a Pautomme, mais Peleveur n'en aimc pas Papparence, et, reellement, elle 
gate Paspect compact d'un mouton ou d'un agneau. L'amputation est souvent 
tres mal executee; une queue de cinq a six pouces a tout aussi mauvaise appa- 
rence qu'une queue qui n'a jamais etc touchee, et cependant on voit beaucoup 
d'agneaux avec des demi-queues. La queue devrait etre coupee a un pouce du 
fessier chez le male mais on derra laisser un ou deux joints a la femelle. 



74 

Pour pratiquer Paropu ration on se sert generalement d'un ciseau ordinaire. 
La queue est maintenue sur un billot, et Poperation est effeetuee avec un ciseau 
et un maillet. Une meilleure methode serait rt'cmployer un couteau bien aiguise, 
a lame assez longue. L'assistant tient Pagneau le doe bien serre contre sa poi- 
trine, et saisil la queue pres du corps, en retronasal fennement la peau. La 
personne qui opere cherche, avec Pongle de son pouce gauche, Particulation, qui 
plus large que les os entre lesquels elle est placee. Dun coup sec, elle detache 
la queue, et si ce coup a bien porte sur Participation meme, la commotion et la 
perte de sang sont moindres que si Pos avait ete coupe. La peau repoussee 
redescend, protegeant le bout nu. 

Un bon age pour pratiquer ^imputation, chez les agneaux, est de une a 
deux semaines, et bien que la reunion dee deux operations puisse paraitre un 
pen rigoureuse, la castration et Pamputation de la queue sont generalement 
effectirees en meme temps. 

ALIMENTS ET ALIMENTATION 

Les aliments principaux pour les moutons sont Pherbe des champs et les 
paturages de trefle, en ete, et le foin— de preference le trefle— et les racines, en 
hiver. Quand les paturages manquent, en ete ou en autornne, on peut donner 
avantageusement des fourrages verts, tels que le ble d'Inde vert, les vesces, la 
navette, ou les choux; ou encore les oil la navette peuvent etre dom, 

en paturage. Pendant Phiver, les pesats de pois bien conserves, ou la paille 
d'avoine, pourront constituer une partie des fourrag moins que 

Ton ne donne du grain, le troupeau devrait avoir au moins une portion par jour 
de bon foin. 

Parmi lee diverges categories de racines, ricn ne surpasse les rutabaj 
( choux de Siam), mais les navets "Greystones", au commencement de Phiverne- 
ment, et les betteraves fourrageres, a la fin de Phiver et au printemps, constituent 
des rations succulentes tres satisfaisantes. L'ensilage cle ble d'Inde de bonne 
qualite peut aussi etre employe si les racines manquent, ou on peut le donner 
avec les racines ou alternativement avec celles-ei, pendant Phiver. 

La culture du foin ordinaire, des herbes a paturage et des racines destinees 

a Palimentation des moutons, ne differe pas de la methode employee quand ces 

plantes sont destinees aux autres categories de bestiaux. Quant aux recoltes 

ciales, comme la navette, les vesces, les choux et la luzerne, etc., leur culture 

facile et peut etre entreprise avec succes sur toute ferme adaptee a Pelevage 
du mouton. 

Trefle 

De toutes les recoltes fourrageres cultiv&s sur les fermes canadienne 
trefle est de beaucoup la plus importante pour Pelcveur de moutons. Toutes les 
varietes ordinaircment eultiv&s sont utiles, les trefles alsike. Wane, rouge, com- 
mun, et la luzerne (a laquelle nous avons consacre un chapitre special dans ce 
bulletin). Leurs feuilles abondantes, leur succulence, les font vivement recher- 
cher, et leur forte teneur en proteine leur donne une valeur nutritive conside- 
rable. 

^ Ton ; (Us sont bons pour paturage, mais quelques precautions sont 

necessaires quand on donne les grandes especes, a Petat vert, quand elles ne sont 

- encore mures. Les moutons viennent bien sur le petit trefle Mane, tres 

repandu dans la plupart des paturages Canadians, et le broutent de tres prk 

Le trefle d'alsike est plus precieux comme foin qu'en pacaee. Toutefois les 

1 1 , ,!!.■ lo Krnnfnnf r.-»T«« «„.: Jill. * l *i _ * • . , , _ . . _ 




bouffu, ou tres succulent, on fera bien d'user des VecauTions "ordindres pour 



75 

eviter la metiWisation. Les methodes preventives indiquees en parlant dc la 
navette s'appliquent avec la merne force aux paturages de trefle. 

•Tous lee trefles a vegetation yigoureuse font un excellent fom pour les 
moutons. Le foin grassier, trop mur ou mal fane, a beaucoup moins de valeur 
que le foin bien fait. Pour les brebis portieres, le bon foin de trefle seul coi\s- 
titue une ration assez riche pour lea maintenir en bon etat. Pour les jeunes 
agneaux, les sujets cl'elevage ou d'engraissement, ou que Ton prepare pour les 
expositions, rien ne vaut le bon foin de trefle. On devrait le donner par petite- 
portions, et sou vent, plutot que par grosses brassees et a mtervalles moins 
frequents. 

Luzerne 

Comme recolte fourragere la luzerne gagne en faveur aupres des eleveurs de 
moutons, a mesure qu'elle est mieux connue. Non seulement elle rapporte beau- 
coup mais elle donne un fourrage des plus nutritifs, et la plupart des animaux 
de la fenne la consomment avec la plus grandc avklit& En raison de ses racmes 
profondes et fortes, elle convient particulierement aux sols sees et gravoyeux, 
mais on peut la cultiver avec succes partout oil le ble pousse, sauf pen sous 

les latiti. a froides. Sa valeur alimentaire est egale a celle du trefle rouge, 

comme foin ou comme paturage, et comme elle produit de trois a qu at re coupes 
par sai-on. elle le surpasse comme recolte. La luzerne est fermement etabhe dans 
I'Ontario et dan ahisi que dans la Colombie-Britannique, et elle gagne 

rapidement du terrain dans l'Alberta, ou elle promet de devemr la principle 
recolte fourragere, tout particulierement dans les districts sees et irngues. Un 
commence aussi a la cultiver dans la Saskatchewan et dans le Manitoba et ion 
entretient respoir qu'elle deviendra un jour l'une des principals recoltes four- 
raster eg de ces pro vim § 

Le foin de luzerne destine aux moutons devrait etre recolte avant qu ll ne 
durcisse; par consequent, il faudra le couper, autant que possible, vers le moment 
ou il entre en fleurs. Si on lui permet de depasser cette phase de sa croissance, 
des fibres ligneuses se produisent, tres difficiles a digerer, et qui peuvent causer 
des desordres dans les organes digestifs de l'animal. II arrive parfois que les 
moutons nourris avec du foin de luzerne trop mur, meurent des suites de la for- 
mation de boules 1 de fibres qui bouchent Touverture de 1'estomac. Ce danger 
n'existe pas quand on prend soin de couper la luzerne encore un peu verte. 
Destinee aux moutons, la luzerne devra done etre cultivee seule, ou avec une 
herbe precoce, comme le dactyle pelotonne. Si on la cultive avec une recolte 
plus tardive, celle-ci devra etre coupee plus verte, ou sinon la luzerne sera trop 

mure. rt . , 

Certames personnel qui n'ont que peu d experience avec la luzerne prt- 
tendent qu'il est dangereux d'y faire paturer les moutons, par suite de sa 
succulence excessive et de sa tendance a causer la meteonsatiom D autre part, 
un grand Heveur de moutons, M. G. A. Brodie, du comte dYork, Ont,, qui a 
adopte la luzerne pour ses paturages, a ceci a dire en sa faveur:— 

"Treize annees d'experience avec la luzerne, m'ont convamcu qu elle fourmt, 
sans l'ombre dun doute, le paturage le meilleur et le plus economique pour les 
moutons. Je considere que e'est un paturage ties sain, car je n'ai jamais encore 
perdu un seul animal paturant sur de la luzerne. Nulle recolte n'est plus pre- 
cieuse eomme paturage ou comme foin. D'apres l'analyse, son fom serait de 
qualitr §gale a celui du trefle rouge, mais moi, je suis sur qu'il est supeneur. II 
est plus propre que le trefle, et les bestiaux le mangent de preference. 

"Pour faire du foin, la luzerne devrait etre coupee quand un quart des tiges 
est en fleur; on devrait la mettre en tres pet it es voilloches et la laisser se faner 
de cette maniere. De toutes mes recoltes, e'est celle que j/apprecie le plus; elle 
convient a tous les bestiaux, en paturage ou en foin." 



76 
Vesces ou lentille 

Les vesces, ou la lentille, corame on appelle aussi cette plante, font un 
excellent fourrage pour les moutons, soit a l'etat vert, soit comme foin. Au point 
de vue du mode de vegetation, cette recolte ressemble beaucoup aux pois, et elle 
demande a peu pres les memes fagons culturales. Ses tiges sont plus dedicates 
que les tiges des pois et elles se tiennent mieux quand on les cultive avec une 
vanete d'avoine a paille raide. Les vesces sont cultivees sur une grande echellc 
pour la nourriture des moutons, en Grande-Bretagne, et un peu au Canada. 
L'auteur de ce bulletin, alors qu'il elevait des moutons, cultivait toujours uu 
petit champ en vesces, melangees a de 1'avoine, et qu'il utilisait, a l'etat vert. 
pour preparer le betail d'exposition, ou dont il faisait du foin quand le trefle 
manquait. Cette plante, qui a des tiges tres fines et tres feuillues, est tres goutec 
des moutons et constitue une nourriture riche. 

Deux varietes de a ont cultivees pour fourrages. La vesce commune 

est la vanete prmcipale cultivce, mais la variete velue a regu quelque attention 
en ces dermeres annees. Celle-ci donne de meilleur? rendem-ents, mais la semence, 
quil a iallu importer jusqu'ici est tres couteuse, et peu de eultivateurs se sou- 
cient de 1 'essay er. 

Pour la culture des vesces, le sol doit ctre propre, riche et bien ameubli. 
On pent scmer la grame en rangs ou a la voice. La quai r pour four- 

rages verts ou pour foin est d 'environ trois chopines de vesces et quatre eho- 
pines d'avoine, a l'aere. 

Les vesce? sont pretes a donner, comme nourriture, aussitot apres que la 
recolte commence a fleurir, et avant que la graine ne commence a murir. Em- 
ployees comme fourrage vert, on peut les charroyer au ratelier ou les epandre 
sur le gazon du paturage immediatement apres la coupe, ou, si Ton prefere les 
laisser faner en andins, pendant quelques heures. 

Le foin de vesces se fait a peu pres de la meme maniere que le foin de trefle 
ou de mil. 

On peut faire paturer les vesces par les moutons, mais cette methode est 
peu eeonomique, car une bonne partie de la recolte est detruite par le pietine- 
ment des animaux. 

Navette 

La^ navette est un des aliments les plus pr6cieux pour leg moutons; ils en 
sont tres voraces, et elle produit des gains rapides chez les sujets d'elevage ou 
chez ceux d'emrraissement. Sa culture est facile, et, quand on lui donne les soins 
voulus, elle rapporte abondamment. 

La mieilleure variete de navette— memo la seule cultivee pour Palimentation 
des moutons— est la "Dwarf Essex". Cette espece produit des feuilles en abon- 
dance et ne porte pas de graines la premiere annee. 

On cultive la navette de la merne maniere que tea D&vete ou les autros 
plantes-raeines, avec cette seule exception qu'on ne l'eclaircit pas dans les rangs. 
Elle peut etre semee a la volee, mais a moms que le sol ne soit propre et riche 
elle reussit mieux quand elle est q rangs, qui permettent les binages. 

De meme que les navets, la navette ne donne son maximum que sur un sol 
riche en humus; plus il y a d'hunrus, plus la vegetation est vigoureusc et meil- 
leure est la quahte du foin. Les vieux paturages, bien ameublis, font un excel- 
lent terrain pour la navette, et si on peut leur appliquer une couche de fumier 
de ferine, cela nen vaudra que mieux. Semee sur un sol pauvre, la navette est 
sujette a causer de gros desappointements; il est done important de bien fumer 
et de bien preparer la terre sur laquelle on se propose de la cultiver 

Lt navette ne demande pas a §tre semee tot, mais il est bon de preparer la 
terre, pour y mettre la graine aussitot qu'on le desire apres que le terrain - 
bien rechauffe, au pnntemps On peut semer vers Tepoque des semailles du bte 
d Inde et jusqu a la fin de juillet. Les rangs— quand on seme en rangs— devraient 



77 



etre espaces de 28 a 30 pouces, et la quantity de semence fraiche, a l'arpent, 
sera de deux livres environ. Quand on seme a la volee sur terre riche et propre, 
on pent mettre 3 livres de semence a l'arpent. Celui qui ecrit ces lignes a obtenu 
de bons resultats en semant sur billons, mais d'autres pretendent que la ctiitn 
a plat donne des resultats tout aussi bons. Les binages frequents sont tout aussi 
necessaires a la navette qu'aux navets ou aux pomincs de terre. 

D'aucuns recommanclent de semer la navette dans un champ de ble d'Inde, 
au moment ou le dernier binage est donne, et d'autres la sement dans l'avoine, 
en enfouissant la semence a la herse, quand les tiges d'avoine ont 2 a 3 pouces 
de hauteur. On fera bien de s'assurer de la valeur de ces precedes par des essais 
sur une petite echelle, avant de les entreprendre en grande culture. Une saison 
a vegetation luxuriant© suivie par un temps pluvieux, au moment de la moisson, 
pourra causer beaucoup d'ennuis et d'incominodites, si la navette a ete semee 
avec l'avoine. On obtient sans aucun doute, une meilleure recolte quand la 
navette occupe seule la terre et qu'on peut lui donner les binages voulus. 

Dans des conditions ordinaires, la navette est en etat d'etre utilisee environ 
deux mois apres les semaiUes. Quand on la donne trop tot, il peut en resulter 
de grave ires digestifs, sous forme de diarrhee ou de meteorisation. Quand 

elle a complete son developpement, elle ctemeure fraiche et croquante pendant 
plusieurs semaines, sous des conditions normales de temperature, mais passe ce 
temps elle devient plus ou moins fibreuse ou ligneuse, et alors les animaux ne 
Taiment pas autant. 

■ On fait generalement paturer la navette, mais, comme fourrage veio% elle 
est extremement precieuse. Une portion de navette donnee tous les jours a un 
troupeau de brebis sur un paturage qui deperit, aide beaucoup les animaux a se 
niaintenir en bon §tal Tous les moutons peuvent paturer sur la navette. Elle 
convient tres bien aux agneaux, apres le sevrage. Elle convient egalement pour 
donner de la vigueur aux sujets d'elevage, avant la saison de la lutte. 

Quand on fait paturer la navette, il y a certaincs precautions a observer. 
Les moutons ne devraient jamais etre mis a jeun sur un paturage de cette plante, 
a moins qu'ils n'y soient bien habitues. On ne devrait pas non plus la leur donner 
encore humide de pluie ou de rosee, ou de gelee. L'oubh de ces precautions peut 
raider de graves desordres dus a la diarrhee ou a la memorisation, et la mort 
meme peut resulter d'une inflammation des intestins. II est bon de donner aux 
moutons qui paissent sur la navette un p&turage d'herbe auquel lis puissent avoir 
e temps a autre. L'auteur de cet article avait l'habiture, quand la saison 
des gelees blanches etait arrivee, de retirer les moutons du champ de navette, le 
<nir iusqu'a ce que la recolte soit entitlement seche, ou presque seche le matin 
suivant Beaucoup d'eleveurs negligent cette precaution; lis pretendent qu'il ne 
saurait'plus y avoir de danger une fois que les moutons sont habitues * la 
navette Une portion d'avoine et de son, donnee ehaque matin, contn hue large- 
ment a'prevenir les mauvais resultats. Des eleveurs d experience ont constate 
quVne distribution reguliere de sel augment* beaucoup le danger d'aceidents. 
Un eleveur qui perdait des moutons apres ehaque distribution de sel, suppnma 
complement ces pertes en cessant cette distribution, tant que les moutons i 
terent sur un paturage de navette. . 

On estime qu'un acre de navette, pature par 40 agneaux vigoureux, rele- 
vant en meme temps une ration journalise et moderee de gram, produira 400 

llVre Cor^e a ^£olte fourragere, la navette donne aussi d'excellents resultats. 
Des cue les plants sont bien developpees, on peut les faucher avec une faucille 
ou une faux a gerbes pour les porter au troupeau, BOit dans un enclos, sort au 
oaturaee La navel Se en mai devrait etre prete a couper et a donner en 

uillet et elle rendra au moins encore une coupe pendant 1 automne. On ne 
Ktl la couper plus has qu'a quatre pouces du sol, et les tiges qui resteront 
produiront un bon regain de feuilles. Pourvu que Ton n'en donne pas une quan- 



78 

tite exageree, il y a peii de risque a donncr la navette comme fourrage vert aux 
moutons. & 

La mMorintion est l'effection la plus commune dans l'aliroentation a la 
navette Des qu elle est constatee, I'animad affecte devrait immediatement etre 
retire du paturage. Un remede tres simple et tees usite est l'eau salee donned 
en potion. Une chopine d'une solution concentree, dans laquellc tout le sel e*t 
dissout, constitue urn- dose pour un mouton adultc. On peut aussi emploveur de 
1 ammomaque aromatique en esprit, Une cuilleree a soupe, dans une chopine 
d-eau chaude, produits generalement un soulagement, Si le cas est si avance 
que le suj©( est etendu a terrc, et si I'abdomjeu est tres dilate, il faudra alors 
percer edui-ci au point ou I'enflure est la plus prononcee, avec un trocart ou une 
ranule loutelois, .1 1 on n'a pas assez de confiance dans son habilete chirumoale 
pour faire cette operation tres simple, il peut etre bom si la prison parait 
improbable, d adopter le remede sanctionne par 1 'usage, e'est-a-dire de tuer 
Fammal, pour pouvoir Tutiliser. 

Choux 

^ Les choux out longtemps c'te employes pour ['alimentation du mouton. Cette 
recolte, de culture facile, donne des rendements abondants et produit un excellent 
fourrage depuis le commencement de 1'automne jusqu'en decembre. 

On cultive lea choux de la memo maniere que l< les ou la navette; la 

re devrait etre ameublie et fumee 1'automne precedent. On seme la graine 
au print emps, quand le sol est pret et que la temperature est favorable a la 
vegetation. Les semis se font a pen prfcs a la memo date que ceux de carottes et 
de betteraves. On seme en rangs, a 30 pouco d'espacement, sur sol bien 
ameubli. Des que les plantes font leur apparition au-dessus du sol, les binages 
doivent oommencer, et quand la deuxieme feuille a paru, on eclaircit de facon 
a laisser 18 pouces, d'une plante a l'autre, dans les rangs. Les binages frequents, 
au cours de la saison, assurent une croissance rapide et provoquent un rendement 
abondant d'excellente nourriture. Sur sol riche, avec une variety a grand rende- 
ment, on peut compter sur une recolte de 18 a 20 tonnes, a l'acre. 

La recolte est prete pour les animaux quand les pommes sont bien formees 
et qu'elles sont devenues fermes. On peut laisser les choux dans le chanip 
jusqu'au moment de l'arrachage des navets. A ce moment, on devra les. emma- 
gasiner dans un hangar ou dans une excavation suffisamment protegee contre les 
fortes gelees, mads assez bien ventilee pour empecher la fermentation. 

Les choux peuvent etre donnes au paturage, ou au hangar, dans des 
mangeoires. Les moutons consommeront les pommes donnees entieres, mais il 
est preferable de les diviser en fragments relativement petits afin qu'ik'pui^ent 
etre manges plus facilement. Pour donner de la variete a la ration, pour fournir 
une nourriture riche et succulente, les choux occupent une place important* sur 
une ferine a moutons. 

Navets 

Dans beaucoup de pays ou l'elcvage du mouton se pratique avec le plus 
grand sueces les' navets sont considered aussi indispensables que Therbe elle- 
meme. En Grande-Bret a gne ils constituent une partie importante de la ration 
des troupeaux depuis le moment ou la recolte est prete a etre utilisee en 
automne, jusqu'a ce ui ou l'herbe arrive, le printemps suivant. On les donne en 
quantises presque ilhmitee, aux moutons a lengrais comme a ceux d'elevase et 
lis sont aussi considers comme indispensables dans la ration des brebis por- 
tieres. La grande majonte des eleveurs canadiens emploient des navet* L'ex- 
cellence^d un grand nombre de troupeaux de race pure, d'ou proviennent le, suiete 
primes aux questions Internationales, est due largement a l'emploi generaux de 
nourriture succulente, et nulle recolte fourragere n'est plus glneralement em- 



79 

ployee que les navets pendant Thiver. Outre leur valeur nutritive, les navets 
exercent aussi un effet merveilleux sur les organes digestifs et le systeme general 
de Fanimal. 

Les jeunes agneaux nes en hiver ou au debut du printemps profitent beau- 
coup d'une ration genereuse de navets finement baches, jusqu'au moment^ ou 
l'herbe arrive. Non seulement leur croissance en est stimulee, mais leurs meres 
sont soulagees de bien des ennuis. 

Avant l'agnelage, on devra limiter la ration de navets ou d autres racines 
donnee aux brebis. Une quantite de quatre a cinq livres par jour fera beaucoup 
de bien, mais si Ton depasse cette quantite, on est expose a avoir des agneaux 
mous, de taille anormale, et manquant de vigueur. Apres I'agnelage, la ration 
de navets pourra r efare graduellement augmented jusqu'a deux ou trois portions 
par jour, accompagnees, najburellement, d'une quantite suffisante de bonne 
nourriture seche. Les navets tiennent les brebis en bon etat de vigueur et favo- 
risent la lactation. 

Aux moutons d'engrais ou d'elevage, les navets peuvent etre donnes en 
grande quantite, avec une ration de grain convenable et des fourrages comme le 
foin de trefle et les pesats de pois. Les navets favorisent beaucoup la croissance 

jeunes sujets d'elevage. de meme que celle des animaux a I'engrais. 

Une bonne methodc de preparer les navets est d< uper en tranches, au 

moyen d'une machine a hacher ordinaire, ou de les reduire en pulpe. Les navi 
ecrases peuvent etre melanges avec de la paille coupee, ce qui rend celle-ei plus 
savoureuse. 

Betteraves fourrageres 

Dans les localites mieux adaptees a la culture des betteraves fourrageres qu a 
celle des navets, ces racines peuvent etre employees, dans une certaine mesure, 
pour Palimentation des moutons, pourvu que Ton observe certaines precautions. 

Pour certaines raisons, probablement par suite de la grande quantite de sucre 
presente dans les betteraves, ces racines, cionnees en quantites abondantes, 
affectent les rognons et autres organes des moutons. Ceci se produit surtout au 
debut de l'hiver; il faudra done eviter, jusqu'a l'approche du printemps, de 
donner une forte portion de betteraves aux sujets d'elevage. Quelques livres par 
jour pourront etre donnees avec avantage, a defauts de navets. A mesure que le 
printemps approche le danger disparait graduellement, et, en avril, on pent 
donner les betteraves genereusement. 

Pour la fin du printemps, les betteraves sont preferees aux navets par beau- 
coup de bons eleveurs, parce qu'elles se conservent extremement bien. E] 
gardent toute leur saveur et leur fermete, meme jusqu'& l'approche des temps 
chauds, quand elles sont mises sous abris convenables. Beaucoup d'eleveurs, en 
Grande-Bretagne ou au Canada, qui emploient principalement les toav 
reservent une cave remplie de betteraves "Globe" pour le mois; de mai, et il 
n'est pas rare de voir ces racines former une partie de la ration journaliere des 
moutons ^'exposition, meme jusqu'a la mi-juin. La preparation des betteraves 
pour l'alimentation est la meme que pour les navets. 

Ble cTInde (mais) 

Le ble d'Inde est tres employe dans l'alimentation des oyins, Nul grain ne 
joue un role plus important dans l'engraissement des moutons et des agneaux, 
dans les districts ou Ton pratique sa culture. Comme fourrage vert, a l'automne, 
le ble d'Inde vert est excellent, et 1'ensilage de ble d'Inde occupe une place sur 
la ferme a moutons 1 . .*#•!* 

Le ble d'Inde ne doit pas etre donne seul, sauf en tres petite quantite ajoute 
a une ration de foin ou de racines. Les moutons qui ne recoivent que du ble 
d'Inde perdent l'appetit et souffrent de desordres digestifs. A la station du 
Michigan, le ble d'Inde donne avec les racines et du foin produisit un gain 



80 

hebdomadaire, par tete, de 2± livres. Un melange de ble d'lnde et d'avoine 
donna des resultats a peu pres semblables. 

A la meme station, des agneaux nourris pendant 15 semaines avec du foin et 
du ble dlnde donnerent un gain moyen hebdomadaire de moins de une livre 
par tete, A la station du Minnesota, des agneaux soumis, pendant 12 semaines. 
a une ration de foin et de ble d'lnde concasse, fiirent un gain moyen hebdomadaire 
de 1.75 livre par tete. Le ble d'lnde devrait toujours etre donne en melange 
avec d'autres grains*. Dans un essai d'alimentation qui comprenait outre du 
fom, un melange de ble dlnde et de pois, de ble dlnde et d'avoine, de ble d'lnde 
de pois et d'avoine, et de ble d'lnde seul, le ble d'lnde donna les plus mauvais 
r&ultate de tou. lea -rams employes. Les gains hebdomadaires moyens furent 
les suivants: ble d'lnde, 2.6 livres; ble d'lnde et avoine, 2.7; bl<§ dlnde et pois, 
3.15. Un melange de pois, d'avoine et de ble d'lnde. en quantity egales, donne 
avec du fom, produisit un gain moyen de trois livres par tete. Le son, l'avoine 
et le ble d'lnde melanges donnerent un gain moyen hebdomadaire de 2.3 livres. 
Si Ton avait ajoute a eette derniere ration quelque nourriture succulente, eomme 
les navets et les betteraves, avec une petite proportion de tourteaux de lin, on 
aurait obtenu une ration d'engraissement ideale. 

Pendant la saison ou les paturages commencent a faire defaut, a Pautomne, 
une portion journahere de ble d'lnde vert aide a maintenir le troupeau en bon 
etat. On devra passer le ble d'lnde au hachoir et le dormer dans une mangeoire. 
Une petite quant it e de son melangee au fourrage le rend plus savoureux et plus 
nournssant. ^ 

Ensilage de ble d'lnde 

Beaucoup d'eleveurs emploient 1'ensilage dans l'alimentation des moutons. 
Bien conserves cette nourriture est man gee avec avidite; elle est savoureuse et 
noumssante. Les eleveurs experiments n'en donnent jamais plus de trois a 
quatre livres par jour et par tete. Donne en plus grande quantite, 1'ensilage 
pourrait causer des indigestions serieuses. Dans ces proportions, l'ensilage donne 
avec le fom de trefle forme une excellente ration d'hivernement pour les brebis, 
et quand on y ajoute une portion de gram on obtient une ration d'engraissement 
avantageuse. 

A la station experimentale du Wisconsin, on a constate que 1'ensilage de ble 
d Inde avait une valeur a peu pres egale a celle des betteraves fourraglres, pour 
1 alimentation des brebis qui elevent des agneaux. Les agneaux des brebis aux- 
quelles on donnait des betteraves se developperent un peu plus vite, mais le prix 
de revient de 1'ensilage n'etait pas tout a fait aussi eleve. D'apres les essais aux 
stations expenmentales, 1'ensilage en bon etat et les racines ont une valeur nutri- 
tive a peu pres egale. Ces deux aliments, donnes avec prudence, produisent des 
resultats semblables; mais, pour la pratique generale, sur l a ferme canadienne, 
nulle nourriture succulente ne saurait prendre la place des rutabagas (choux de 

i^iii Tlv 1 ^°f e ^ t J nmn risqUe et ils P™duisent les meilleurs effets. La 
qualite du ble dlnde differe souvent, en raison de la variation dans le degre-de 
m ; iturite et par consequent, les resultats obtenus ne sont pas toujours uniformes. 
Quand il est nehe en gram, il est trop echauffant, et quand il n'est pas mur il 
est trop acide pour etre facilement digere et pour etre mange avec avidite L'en- 
snage remplace avantageusement les racines quand celles-ci font defaut ou 
encore ces deux aliments peuvent etre donnes alternativement, pendant l'hiver. 

Pois 

Les pois constituent une recolte tres importante sur toute ferme ou Ion 
eleve des moutons. Us donnent un bon fourrage vert. On pent les distribuer 
non B&ttus, aux animaux a l'engrais; sous forme de grain, ils sont tres precieux 
melanges avec lavome; comme fourrage bon marche, pour Thivernement des 
brebis, aucune espece <k paille ne vaut les pesats de pois bien conserves 



81 

Cultives pour fourrage vert, les pois sont frequemment semes avec de 
I'avoine et des vesces. Les moutons apprecient beaucoup une nourriture tres 
feuillue et ne laissent dans leur ratelier que les tiges les plus grossieres. Un me- 
lange d'un boisseau d'avoine, un boisseau de pois et un demi-boisseau de vesces, 
a Pacre, donne un excellent fourrage vert pour la stabulation. 

Quand on donne des pois murs non battus, il faut exercer beaucoup de juge- 
ment et de precautions. Donnee en trop grande quantite, cette nourriture peut 
occasionner des accidents. On devra commencer avec une petite quantite, bien 
repartie, afin que les moutons puissent graduellement s'habituer a cet aliment, 
et on augmentera la ration, avec prudence. Pour les moutons a. Pengrais ou les 
brebis qui allaitent, les pois non battus donnent d'excellents resultats. 

II n'y a probablemeot pas de ration de grains de qualite superieure a un 
melange de une partie de pois (de preference concasses), deux parties d'avoine 
et une partie de son de ble. Les principes nutritif> essentiels se trouvent en 
bon equilibre dans cette ration; elle est suffisamment legere pour etre prompte- 
ment digeree et elle est tres goutee par le betail. On pourra en donner de \ cho- 
pine a 1 chopine et demie par jour, suivant la taille de ranimal et le but que Ton 
se propose. 

Un grand nombre de troupeaux de brebis d'elevage resolvent des pesats de 
pois pour tout fourrage, en hiver. Si les pois ont ete recoltes un peu verts, par 
une machine qui coupe la recolte et rentres sans mauvais temps, les pesats qui en 
resultent sont tres apprecies et tres nourrissants. Si les brebis sont en bon etat 
au moment de la raise en hivernement, il leur faudra peu de chose en plus des 
ratines et de bons pesats de pois jusqu'au moment de Fagnelage. A ce moment 
les pesats devront etre remplaces graduellement par du foin de trefte. Les brebis 
maigres devraient recevoir au moins une portion de foin de trefle ou une petite 
quantite d'avoine, en plus des pesats de pois. 

Les pesats de pois prennent trop de place pour qu'on puisse les donner au 
ratelier, et a moins que ces rateliers ne soient tres amples et que les barres ne 
soient assez espacees pour que les moutons puissent introduire leur tete, il est 
preferable de distribuer les pesats sur le sol, dans les cours, pres des clotures. 
Si les pesats sont tasses contre la cloture meme, il y aura peu de perte. Quand 
on donne des pesats de pois ou des fourrages de ce genre, il faudra avoir soin 
d'empecher que des fragments ne restent dans la toison des moutons. 

Tourteaux de lin 

Les tourteaux de lin sont un aliment favori de la majorite des eleveurs de 
moutons de la Grande-Bretagne et de beaucoup de ceux du Canada. Ce riche 
sous-produit des f abriques d'huile de lin, appele gateau par le berger anglais, con- 
vient particulierement pour finir les moutons et les agneaux que Ton destine a 
l'exposition ou au marche. C'est une nourriture tres savoureuse, tres riche en 
proteine — l'element qui forme la chair— et surtout une nourriture sure. Elle est 
legerement laxative et exerce une influence salutaire sur les organes digestifs. 
On peut la donner en melange avec toutes sortes de grains, mais sa haute teneur 
en azote la rend particulierement adaptee pour melange avec le ble d'Inde. 
L'emploi de tourteaux de lin rend les moutons vigoureux et leur permet de faire 
le maximum de gains possibles avec la ration qu'ils recoivent. 

Sous forme d'amandes fines les tourteaux de lin fournissent une excellente 
nourriture pour les agneaux, particulierement avant que l'herbe soit prete, au 
printemps. Donnes en petite quantite, de \ de livre a ^ livre par tete, ils sont 
excellents pour les brebis portieres, ou autres moutons hivernes sur nourriture 
seche. Pour les agneaux a Pengrais ou pour les sujets d'exposition, on peut en 
donner avantageusemcnt des quantites plus fortes. Regie generale, on devrait 
les donner melanges avec le grain. Ils peuvent former de un dixieme a un quart 
de la ration, selon la valeur commerciale des divers aliments. 

2426S-6 



82 



Avoine 



Dans Falimentation des moutons, l'avoine devrait former la base de tons les 
melanges de grain, et c'est ce qui a lieu generalement, C'est une nourriture 
savoureuse, tres nourrissante, sans danger, et, comme sa culture est facile, on la 
trouve generalement sur toutes les fermes arables ou Ton eleve des moutons. 
Donnee seule, l'avoine remplit presque toutes les conditions que Fon exige d'une 
ration de grain. Soit dans Fomentation du betail d'elevage, Fengraissement 
pour le marche, ou la preparation des sujets pour l'exposition, Favoine est de 
tous les grams, celui dont l'usage est le plus repandu. 

Pour les jeun.es agneaux qui commencent a manger, il nV a pas de meilleur 
gram que l'avoine moulue sepan'e de la bale la plus grossiere. Au bout de quel- 
ques semaines les agneaux mangeront la bale comme le reste, et, en general ils 
se deyeloppent tres bien. Pour hater Fengraissement, un melange compose 
a avoine, de ble d'Inde, de pois eoncasses et de tourteaux de lin melanges dans 
la proportion de 2, 2 et 1 partie par poids, ne saurait etre surpasse. On peut 
sans danger mettre un melange de cette sorte a la portee des agneaux qui tettent 
Jeurs meres. Les brebis portieres peuvent recevoir, en toute surete, une livre 
d avoine par jour, avant l'agnelage, et une plus forte quantite ensuite d'avoine 
ou du melange que nous venons de recommander pour les agneaux, msqu'a ce 
qu elles anient au paturage. 

Pour les moutons a l'engrais, l'avoine peut constituer la seule ration de grain, 
car, apres quelque temps, on pourra leur en donner tout ce qu'ils desirent sans 
crainte de maladie On obtiendra des gains plus rapides si Fon ajoute des pois, 
du ble d Inde, ou des tourteaux de lin. Si l'avoine predomine dans la ration et 
que le tout soit bien melange, on pourra nourrir genereusement sans courir grand 
risque. & 

^ Comme fourrage vert, un melange d'avoine verte, de pois et de vesces e<=t 
tres apprecie et tres nourrissant, Pour la semence, un melange de deux parties 
d avoine, deux parties de pois et une partie de vesce, par mesure, seme a raison de 
trois boisseaux a I'acre, donnera une recolte abondante et tres nourrissante Pour 
avoir des fourrages en bon etat pendant plusieurs semaines, les semis devraient 
etre laits a mtervalle d'une semaine, en commengant aussitot que possible au 
prmtemps. et en continuant pendant un mois ou plus. Le fourrage pourra 'etre 
clonne au rateher ou au paturage, ou meme distribue en andains, sur des buttes 
le long des dotures. Quand les paturages baissent, quelques semaines d'alim. 
tat ion au lourrage vert aideront puissamment a maintenir le troupeau en bon 

tn} Li } v ?™ e - } m " B f ?™ e de f ourTRge vert, est dans son meilleur etat quand 
elle vient d epier et qu'elle est arrivee a Fttat laiteux. 

BERGERIES 

( Les moutons sont originates des terres hautes ou ils pouvaient obtenir de 
1 air pur et de la lumiere en abondance. En domesticite, ils preferent les champs 
et les abris sees et bien ventiles et souffrent si on les prive de ces conditions. Au 
paturage, l e troupeau se rassemble invariablement sur le tertre ou la butte la 
phis seclie. pour y passer ia nuit, quand d'autres categories de bestiaux recher- 
cheraient des endroits plus proteges. En Europe, et surtout en Grande-Bretagne, 
les moutons sont relativement peu abrites. Au Canada, les hivers rigoureux, 
les automnes et les printemps inclements rendent les abris ner-essaires pour la 
production economique de la laine et de la viande de la meilleure qualite. 

Sur la ferme eanadienne la bergerie est, generaleinent le batiment le moins 
cher et le plus pauvre. Tout batiment ou les moutons sont au see et a I'abri du 
ventrfemplit les conditions nficessaires. Des bergers de peu d'experience. 
pechant par exces de zele, construisent parfois des bergeries couteuses et qui 
ne conviennent pas du tout, parce que la ventilation y est defectneuse. Une 



83 

bonne bergerie doit remplir les conditions suivantes: Bonne ventilation, sans 
courants d'air, bon eelairage, bonnes dispositions pour la distribution de la nour- 
riture, cloisons mobiles, amples capacite pour l'emmagasinage du grain, du foin 
et des racines, et, par-dessus tout, un toit etanche et un emplacement bien draine. 
La grandeur de la bergerie dependra quelque peu de la taille de la race. Les 
sujets gardes pour l'elevage demandant un espace d ? au moins douzc pieds par 
tete, et meme 18 n'est pas trop grand pour de fortes brebis. Totrtefois, un bati- 
ment de 40 x 40 pieds, dispose de la fagon indiquee dans la figure 53, devrait 
loger de 60 a 75 tc 

Description clu plan 

Des rateliers portatifs, de 16 pouces de large, sont preferables. Ces rateliers 
pourront servir de cloison entre les loges; ils sont disposes de fagon a laisser une 
allee de trois pieds de large sur les deux cotes de chaque loge. Ils devraient avoir 
des parois perpendiculaires, recouvertes de lattes sur le cote ouvert aux moutons, 
assez espacees pour que ceux-ci puissent y introduire la tete. Grace a cette 
disposition, les moutons ne tirent pas la nourriture pour la fouler aux pieds et la 
gaspiller. Quand il faut que le berger aille au milieu des moutons pour distribuer , 
la nourriture, la litiere ou la bale qui tombent dans les toisons causent toujours 
plus ou moins d'ennuis ou de perte. La chambre d'alimentation est situee de 
telle sorte que la porte de la cave a racines y donne directement, et les fourrages 
y descendent par des conduits. 

Les portes sont assez larges pour permettre le passage d'un chariot pour 
l'enlevement du fumier. La partie superieure peut s'ouvrir quand il fait beau. 
Les fenetres jettent beaucoup de clarte. Les loges d'agneaux sont formees tout 
simplement par des clotures portatives de 4 a 5 pieds de long et de 3 pieds de 
hauteur, fixees ensemble par des charnieres. Une paire de ces clotures placee 
dans un coin forme une loge. Quand il fait froid et que Ton desire proteger les 
jeunes agneaux, on peut entourer une des loges d'une toile retombante ou d'un 
coton epais descendant du plafond au ratelier, et meme au plancher. 

Construction 

Tout genre de construction qui convient pour d'autres batiments eonvient 
aussi pour la bergerie. Les figures 55 et 56 representent un nouveau type de 
bergerie qui donne de bons resultats. Elle a un toit semi-circulaire ou oval cons- 
truit de fagon a eviter l'emploi de fortes poutres, et se soutenant de lui-meme, 
Bans exiger des piliers pose- sur le plancher de la grange, Ce genre de construc- 
tion, qui ne demande qu'un minimum de bois, erTectue une economic considerable 
dans le cout des materiaux. II n'y a pas besoin, non plus, de charpente, et un 
ouvrier habile pent monter lui-meme le batiment a un cout beaucoup moindre 
qu^une bergerie ordinaire a charpente, des memes dimensions, ne pouiTait etre 
construite. 

La pierre et le beton sont les materiaux generalement employes a Theure 
actuelle pour les fondations. Un mur de pic d'autant plus Bolide, s'il est 

f'imente avec du mortier de ciment. Le beton de eiment bien fait, bien pn'pan', 
fournit, en fin de compte, la fondation la plus durable et la plus economique. 
La fondation devrait reposer sur un terrain solide, au-des-us de la ligne des 
gelees, soit qu'elle consiste en piliers places a divers intervalles, ou en un rnur 
continu. La partie la plus large du mur devrait etre a la base, avec une pente 
graduelle vers le sommet. Cetti ;tion reduira 1'effet des gelees sur le mur, 

car le terrain, en se soulevant, s T en eloignera. C'est en construisant le mur que 
1'on devra poser les bases d'un systeme moderne de ventilation. 

s-6J 



84 

Le plan ci- joint, figures 54 et 55, comprend une cave a racines, en ciment de 
14 pieds carres et de 10 pieds de hauteur a un bout, et de 7 pieds de hauteur a 
Fautre bout. Les murs ont un pied d'epaisseur. Le plafond de cette cave est 
en ciment; le passage pour aller dans la grange est par-dessus. Le conduit par 
lequel on descend les racines dans la cave est indique dans le plan de la partie 




Fig. 53.— Bergerie, plan au sol. 

Feed rack, ratelier; feed room, chambre d'alimentation ; hinged gates, portes tournantes; pen, Ioge; 
root house, cave a racines; temporary lamb pens, log?s temporairjs pour agneaux; vent, ventilateur. 

superieure, figure 54. L'ouverture de ee conduit peut etre pl-acee ou on le desire, 
meme dans le plancher de la grange. La charpente des murs du batiment prin- 
cipal peut consister en colombages de 9 x 2 pouces, qui donneront un large espace 
dan% mais des colombages de 6 x 3 pouces donneront plus d'espace a 1'interieur 
du batiment.^ Ces colombages sont places a tous les deux pieds. Les traverses 
sont supporters par des pieux ou des piliers, en bois ou en ciment, d'un pied de 
large. Ces piliers devraient etre de forme ronde ou octogonale; les coins carres 
peuvent causer des blessures serieuses, quand les animaux se poussent ou se 
heurtent contre les piliers. Des madriers de 12 x 3 pouces, assez longs pour 
s encocher suflBeamment par-dessus les piliers, auront toute la solidite necessaire. 
Deux morceaux de 9 x 2 pouces places a tous les deux pouces et renforces par 
une tige de fer de | de pouce, indiquee dans la ligne pointillee qui traverse le 
batiment dans la figure 56, feront 1'affaire. Les solives pourront consister en 
madriers de 9x2 pouces but 14 pieds de long, environ. Les murs de la grange, 
qui ont U pieds de hauteur, pourraient avoir les memes colombages que la ber- 
gerie. Ces colombages devraient etre places a tous les trois pieds, et faisant 
sailhe a un pouce en dehors de la face exterieure des colombages du bas. 

La surface exterieure du premier Stage sera recouverte de planches brutes et 
de jj&pier goudronne, jusqu'au point ou les colombages du deuxieme etage depas- 
sent d'un pouce; on revetira ensuite les deux etages de "clap-boa^ds , ^ L'interieur 
des murs devrait etre'revetu ainsi que le plafond de deux planches embouvetees 



85 

d'un pouce, avec papier goudronne entre les deux. Ce revetement empechera les 
odeurs de l'etable de se repandre dans le fourrage place par-dessus. 




Fig, 54. — Plan de l'etage superieur. 

Chute, descente ou trappe pour racines; driveway, passage a voitures, au-dessus de la cave a racines, menant 
a l'etage superieur; grain bu 

Portes et fenetres 

Les portes sont larges; celles des extremites ont six pieds, et celles des faces 
laterales, sept. Les portes de cette largeur permettent 1'entree d'un chariot 
pour nettoyer la bergerie et facilitent la sortie des moutons quand ceux-ei se 
ruent tous ensemble dehors, ce qui arrive souvent quand ils sont effrayes. La 
moitie superieure de chaque porte est fixee, au bout d'en haut, par <\v> charaieres, 
et s'ouvre, en dedans et se relevant, Quand le temps est beau on tient cette 
partie ouverte. Les fenetres sont grandes, de 5 x 4 pieds, et placets assez haut 
pour admettre autant de lumiere que possible; elles peuvent etre en deux sec- 
tions qui se refenrnent Tune vers Tautre, ou fixees par des charnieres au bout 
d'en haut pour s'ouvrir en se relevant, comme la moitie superieure des portes. 

Pour le plancher de la grange, une seule epaisseur de bois suffira, sauf par- 
dessus le passage a voitures. Des madders, bien sees, embouvetes, d'un pouce 
et quart et bien cloues, font un excellent plancher. Le passage a voitures sera 



86 

recou vert de madriers de deux polices., poses en travers. Comme la grange 
sera remplie par les extremites, il ne sera pas n-' • que le passage a voitures 

aille plus qu'a mi-chemin. Le conduit pour la descente des fourrages sera de 3 x 
3 pieds, et les conduits a grain, au sortir des coffres, de 12 x 16 pouces. 

Construction du toit 

Le toit est semi-cireulaire. (Voir figure 56). Les madriers et les chevrons 
de la charpente sont coup6s avec un diametre des deux tiers de la largeur du 
batiment. Si A C represented les deux tiers do la largeur, alora Pare A L H 
formera la moitie du toit, C etant pris comme centre. Le cercle D G H formers 
Tautre moitie, que l'on tirera avec B D comme diametre et B comme centre. 
Comme les deux moities de chaque arche ont exactement la meme charpente, i! 
suffira d'en expliquer line. 




Fig. 55. — Section longitudinals, 

Prenona I'arc D G H. Get arc est divise entrois parties egales, H Q, G M 
et M D. En mesurant la longueur d'une de ces divisions on trouvera la longueur 

uadner necessaire. Dans ce cas, les madriers ont 12 pieds de long! lis 
devraienl avoir 10 pouces de large et 2 pouces d epaisseur. Cinq madriers feront 
une arche ou un chevron. En eonstruisant Parche, les madriers devraient etre 
assez larges pour laisser au moins deux pouces a chaque bout, apres arrond 
ment du cote. Une ligne droite, passant a travers les points B et G ou B i 
donnera les coupes aux points G et M. Trois pieces formeront le cote et 

3, arrondies de la meme maniere, seront requises pour doubler, pardessus 
j° int ^ acontrant h M, la ligne B M donnant la coupe. Ces pl&ce* 

devraient etre bien donees les unes aux autres. La coupe H est obtenue par une 
ligne e droit avec le plancher et a partir du centre de celui-ci. La 

piece de traverse P R agit comme soutien et porte aussi la fourche h d 
Les gouttieres stevaacent a deux pieds au dela du mux. On obtient la pente, 
dans la piece marquee T. en Be Servant d'un cercle avec le meme diametre des 
deux tiers, mais la coupe est prise sous la partie inferienre du madrier et ensuite 



87 

retournee, le cote concave par-dessus. Chaque arche peut etre assermblee (tou- 
jours bien clouee) sur le plancher, et ensuite mise en place et clouee au bas. Pour 
soutenir les arches pour Pespace de la porte, on place sous elles im rnadrier en 
travcrs, que Ton soutient, a chaque bout, par des madriers debout. Ces madriers 
debout sont fixes au mur principal par dee soutiens. Quelques portes de grange 
s'ouvrent en dehors, et d'autres s'ouvrent en dedans; mais les portes roulantes, 
bien montees et placees sur de bons rouleaux, sont les plus commodes et les plus 
durables. 

Pour un troupeau de 20 a 30 tetes, un batiment de 20 pieda de large par 30 
pieds de long, avec cour, sera aesez grand. Le plan de construction sera a peu 
pres le meme que pour le batiment plus grand, mais les madriers entrant dans la 
construction du toit pourront etre plus legers en proportion. 







Fig. 56. — Section ti 



Ventilation 

Beaucoup de bergeries sont ventilees simplement par les portes et par les 
fenStres. Si des fen£tres rtaient laissees partiellement ouvertes, en tous temps, 
des deux c6t&a du batiment, Pair resterait assez pur. Quelques-uns preferent les 
tenir fermees et avoir un appareil special pour la ventilation. 

II existe aujourd'hui bien des appareils de ventilation. Certains de ces 
appareils reussissent bien en certains endroitg et Schouent ailleurs. Tout depend 
du BOin avec lequel l'installation a ete faite et de l'attention apportee a la mise 
en operation, Un bon nombre des meilleurs syst&mes ont &b& es h la ferme 

experimental eentrale d'Ottawa. Le systeme Rutherford, represents par la 
figure 57, et decrit ci-dessous, a donne les meilleurs rfeultats. Sous une forme 
legerement taodifiee, il a remplace tous les autres. Dans ce systeme, six con< 
ou boites, en U, de 18 x 9 polices, prennent Pair a I'extfirieur, le long du mur, sur 
une hauteur de deux pieds, et ils sont recouverts dune planehe pour emprdier 



88 

Faeces de la pluie ou de la neige. Les cotes sont ouverts sur une etendue pro- 
portionnee a la capacity du conduit. Ces conduits, ou boites, devraient s'enf oncer 
dans la terre a au moms trois pieds de profondeur, pour rendre tout courant d'air 
impossible. lis s'ouvrent a Pinterieur au niveau du planeher (voir figure 57) et 
Pouverture est protegee par une grille en fer, ou encore, le conduit peut s'elever a 
quelques pouces au-dessus du planeher et Pouverture, sur les cotes, est recouverte 
de grillage en fil deafer, comme Pindique la section longitudinale, fig 55. Ceci 
donne libre passage a Pair et empeehe la paille et les autres materiaux de tomber 
dans les conduits. 



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<- -<i-i> -*-i 




Fig. 57.— Le systeme de ventilation Rutherford. Floor joist, lambourde; control ropes 

cordes de la clef. 

Le conduit de sortie, ou cheminee d'appel, a deux epaisseurs de bois, avec un 
espace d'air immobile entre les deux. Ce conduit a 2\ pieds carres, et les parois, 
exterieure et inteneure, sont toutes deux embouvetees. Ce mur double avec 
Pespace d'air immobile, reduit la condensation a un minimum et favorise la 
ventilation. La sortie de Pair est reglee par une clef, manceuvree par des cordes. 
En lermant la clef, le courant d'air sortant est interrompu et le courant d'air 
entrant considerablement diminue. Plus le batiment est etanche, mieux Pappa- 
reil fonctionne. 

La figure de gauche represente la clef dans le conduit de sortie et le systeme 
en operation. La figure de droite represente la clef fernu'e. Dans ce dernier c 
les deux conduits, d'entree et de sortie, ne fonctionnent plus. 

Une bergerie peu eoiiteuse 

La bergerie que nous venons de decrire est faite d'apres les idees de grands 
oleveurs de moutons qui tiennent des troupeaux de race pure; elle est construite 
d une fagon un peu plus elaboree qu'il n'est necessaire pour un troupeau indus- 
tries ou la production d'agneaux precoces n'est pas 1c but principal Un grand 
nombre d excellents troupeaux de moutons sont hivernes dans de simples hangar* 
faisant face au sud, ouverts sur le devant, et bien clos sur les cotes et parser- 
riere. Le devant devrait etre aussi partiellement clos, a chaque bout Un hangar 
de c& genre ne devrait pas mesurer moms de 20 pieds de large. Un batiment 
de 50 pieds de long, muni d'une cour confortable, logo de 85 a 90 tetes de moutons 
de taille moyenne. Le* rateliers a fourrage peuvent etre mobiles et disposes 
en travers du batiment, en paires espaeees de 4 pieds ou plus, de fagon k former 



89 



des couloirs pour Falimentation, ou encore ils peuvent etre fixes au mur du fond. 
A moins que les moutons ne puissent etre tenus en dehors du batiment quand la 
nourriture est distribute, les rateliers disposes en travers sont preferables; le 
nourrisseur n'est pas expose a etre bouscule par les animaux affames, et les mou- 
tons ne courent pas non plus le risque d'avoir leur toison remplie de debris de 
fourrage. Ces rateliers peuvent etre utilises pour le foin, le grain, ou les racines 
hachees. On devra done les construire avec des fonds et des cotes feones; les 
cotes devront avoir de 3 a 4 pouces de hauteur; ils sont faits avec des lattes, a 9 
pouces d'intervalles, afin que les moutons puissent introduire leur tete dans le 
ratelier. Les rateliers faits de cette maniere evitent le pietinement de la nourri- 
ture, et chaque mouton peut conserver sa place pendant le repas. Les fourrages 
grossiers, comme les pesate de pois, ou les aliments de ce genre, peuvent etre don- 
nes par terre, dans la cour, le long des clotures, en quantites peu considerables. 
Ce qui reste, apres que les moutons auront fait leur choix, pourra etre ramasse et 
utilise comme litiere. 







Fig. 58. — Une bergerie bon marehe. 

Meme avec un hangar a fagade ouverte, une fenetre de bonne dimension a 
chaque bout et deux au fond sont desirables. Une etable ne peut jamais avoir 
trop de lumiere, et une brise fraiche du nord apporte parfois beaucoup de soula- 
gement aux animaux. 



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Fig. 59.— Plan du planeher de la bergerie. 

Toute construction bon marehe fera Faffaire, pourvu quelle soit solide et 
qu'elle ne donne pas lieu a des courants d'air. Les murs peuvent consister en 
une paroi d'une seule epaisseur de planches, bien clouees a une charpente en 
colombages, a joints reconverts a Fexterieur, et doublee, a Finterieur, de papier 
goudronne tenu en place par de mauvaises planches jusqu'a hauteur des moutons, 
et par des tringles au-dessus de cette ligne. Le toit doit etre etanche et le plan- 



90 



cher sec Le bailment bon marche que nous avons decrit plus haut et que repre- 
sented les figures 58 et 59, a tout ce qu'il faut pour faire une bonne bergerie a 
moms que 1 on n eieve des agneaux precoees; dans ce cas, il faudra dee quartiers 
plus cnauds, avec des separations et les commodity necessaires. 

LES MOUTONS MANGENT LES MAUVAISES HERBES 

Le gout si prononce des moutons pour une alimentation variee les rend fcrfes 
utiles pour detains les plates qui infestent les cultures. C est un fait bien conim 
que les cultivateurs qui elevent des moutons out non seulement les fermes les 
plus riches, mais aussi les plus propres. Le mouton mange au moins 90 pour 100 
des herbes nuisibles, et dans ce nombre sont comprise- toutes celles qui exigent, 
pour leur destruction, des methodes special de culture. Avec une exploitation 
mtelligente, la terre pent etre entierement d6barrass& de la plupart des mau- 
vaises herbes, et les quelques-unes qui resteront seront si bien tenues en echec 
quelles ne causeront que peu d'ennuk Si on leur en domie I'occasion, les mou- 
tons nettoieront les p&turages permanent^ les chemins privee, les coins de clo- 
ture, et beaucoup d'endroite 61oign& du chemin. Mis but le chaume qui suit 
une recolte de -ram, ils brouteront beaucoup des plantes qui ne produisent leurs 
grains que tardivement, et les convcrtiront en viande. 

On a toujours dit que le mouton consomme un grand nombre des mauvaises 
herbes de la ferine, mais cette declaration est trop generale pour qu'on y attache 
beaucoup dmiportance. Voulant obtenir a ce sujet des indications preo 
basees sur 1 experience, nous avons consulte un certain nombre de bons cleveurs 
de moutons. Les reponses obtenues sont consignees dans les paragraphes sui- 
vants: & F 

Les moutons ameliorent la qualite du ble 

A. D, Gamley, Griswold, Man.— "Jo suis honteux, apres avoir garde des 
moutons pendent tant d'ann&s, de ne pouvoir vous donner les noms de toutes 
les mauvaises herbes qu'ils detruisent, mais si je ne les ai pas remarquees, c'est 
qu'elles ne m'ont jamais inquietc; il me semble que les moutons les mangent 
toutes, sauf la bardanette et les chardons. Avant de quitter Brandon pour m'etablir 
ici, je gardens de 100 a 120 brebis portieres et j'avais des paturages illimites ou 
elles restaienfc depuis 7 heures du matin jusqu a 5 a 6 heures du soir, meme les 
jours de pluie. On ne voyait jamais une mauvaise herbe dans ces paturag 
Ln automne, une fois le grain en meulee, on les mettait sur la jachere d'ete, ou 
les mauvaises herbes avaient une veg&ation vigoureuse, Comme je n'avais pas 
alors ; de clotures, je ne pouvais pas les inettre sur jachere avant que la plus 
grande partie du grain ne soit mise en meubles. En tres peu de temps le champ 
devenait aussi nu qu'une table de billard. II y a un ou deux ans, alors que l'on 
retranehait 2, 5 et meme 7 boisseaux par charge de ble, tous les certificate de 
qualite qui me revmrent de Martinville, ou j'expediais mon ble, n'indiquaient 
aucun coupage, saut une seule fois ou l'on me rogna 1 pour 100. Mes jachc: 
clete couvraient une superficie de 40 a 70 acres, et, a certains moments, elles 
paturaient de 175 a 240 tltee, y compris lee agneaux. 

"Je veux relater ici un incident qui m'a appris une leeon eet ete. J'avais 
deux ou trois acres de navette, semes avec la semeuse ordinaire. Je melangeai 
la naVt d e I'avoine qui avait forteinent eliaufie dans la grainerie Je 

pensais quelle ne gennerait pas, mais elle germa quand meme. Je n'eus le temps 
de passer le cultivated qu'une seule fois. Un jour, les moutons etant entrk 
dans le champ, je remarquai qu'ils mangeaient l'avoine et laissaient la navetl 
aussi, je les y mis une heure chaque jour, jusqu'a ce que le champ fut comply 
ment^ebarrasse de lavoine et des mauvaises herbes et qu'il n'y resta plus que 
la navette Je fis la meine chose pour mon champ de ponrtnes de terre et ils le 
nettoyerent egalement. Ils ne mangent pas les tiges de pomtnes de terre, du 



91 

moins pas avant la fin de l'ete. II ny a pas de doute que si une ferme est elo- 
turee de facon a ce que les moutons puissent etre mis ou on le desire, rien ne 
saurait les egaler pour detruire les mauvaises herbes, et je suis convaincu que 
1'elevage du mouton et la culture de lavoine offrent le seul moyen de resoudiv 
le probleme de la folle avoine. 

"Quant au foin, les moutons mangeront la plupart des mauvaises herbes 
qui s'y trouvent, avant le foin lui-nieme. Hs ramaesent les mauvaises herib 
d'abord; Us ne raffolcnt pas du tabouret des champs (stink weed), une plante 
tres genante au Manitoba; ils le mangent bien quand il est jeune, mais pas apres 
qu'il a monte a graine." 

Moutarde sauvage et viperine 

Richard Gibson, Delaware, Ont. — "La premiere fois que je me servis de 
moutons pour ncttoyer la terre, ce fut sur une ferme abandonnee a Long-Island, 
et sur kquelle venait une quantity de broussailles de seconde pousse, tres diffi- 
ciles a detruire. Nous coupames cette pousse de broussailles, et nous mime- des 
moutons pour tenir les rejetons en echec, l'annee suivante. Nous avions pour 
cela des moutons merinos et des moutons anglais importes, des types de bou- 
cherie. Les rmerinos so montrerent infiniment superieurs, sous ce rapport, a 
mes moutons anglais favoris. Ils continuerent a travailler, tous les jours, brou- 
tant qk et la., partout ou un rejeton se presentait; mais les moutons angl 
attendaient que leur repas leur fut apporte par des serviteurs. Donnez-leur une 
bonne nourriture et beaucoup de loisirs entre les repas, et ils se montrent les 
rois de leur espece, mais ne leur demandez pas de travailler! 

"Sur ma forme actuelle, achetee il y a quelques annees, les paturages etaient 
remplis de viperine, quo r<m appelle ici le diable bleu {blue devil). Un champ 
de 80 acres n'c'tait qu'une masse continue de lleurs bleues fort admdrees pa/ 
tous les artistes ou les poetes qui passaient, Je doute si Ton trouverait aujour* 
d'hui 100 de ces fleurs sur ces 80 acres. Ce sont les moutons qui ont fait tout le 
travail et des Shropshire enregistrcs, s'il vous plait. Ils dedaignent la plante 
jusqu'a ce que les fleurs aient fait leur apparition, mais alors ils lui mangent le 
coeur, miel et fleurs, ce qui prouve qu'ils ont bon gout. 

"Je crois que les moutons detruiraient la moutarde sauvage si Ton se servait 
d'eux intelligemment dans ce but. Je sais qu'ils en sont tres friands. a deux 
phases de sa vegetation. lis la mangent avec avidite quand elle est tres jeune, 
aussi quand elle est en fleur. Je ne puis dire d'apres ma propre experience, mais 
je sais que clans la partie du Lincolnshire ou j'habite, la moutarde 1 sauvage etait 
omme plante fourragere, particulieremcnt pour les brebis portieres, 
en automne." 

Les mauvaises herbes augmentent a mesure que le nombre des moutons 

decroit 

John Jackson, Abington, Ont.— "Voici quelques-unes des mauvaises herbes 
que les moutons mangent avec avidite: laiteron annuel, marguerite, herbe de 
Saint-Jacques, vesces sauvages, moutarde sauvage, et meme les chardons cana- 
diens, quand eeux-ci sont jeunes et tendres. Ils mangent aussi les bourgeons et 
les fleurs sur les chardons. Je crois que les moutons mangent a peu pres 90 pour 
100 de toutes les mauvaises herbes qui poussent sur la ferme." 

'Tour obtenir les meilleurs restiltats, il faut mettre les moutons sur le champ 
alors que les herbes sont jeunes et tendres et laisser tout paitre jusqu'au sol; on 
les change alors de paturage, pour permettre aux herbes de repousser; on devra 
continuer ce sygteme, de fagon a ce que les moutons attaquent toujours les 
herbes quand elles sont encore tendres." 

Telfer Bros., Paris, Ont. — "On ne saurait trop louer le mouton, eomme exter- 
minates* de mauvaises herbes. L'herbe de Saint-Jacques est tres repandue dans 



92 



ce pays et je suis d'avis que si l'on gardait plus de moutons cette herbe serait 
bientot detruite, car lis en sont tres friands dans la premiere phase de sa crois- 



sance. 



Jai fait paitre quelques agneaux dans mes champs de ble d'Inde, et i'ai 
obtenu de bons resultats. lis mangent un grand nombre de mauvaises herbes et 
n abiment que peu ou point le ble d'Inde. Mes observations me portent a 
cette conclusion que les eultivateurs qui gardent des moutons ont des ferraes 
beaucoup p us propres que ceux qui n'en gardent pas; il est a peine de mauvai-e^ 
herbes qui leur echappent, meme quand les paturages regorgent de nourriture." 

J. W. Clark, Cowamsville, Ont. — "Comme exterminateurs des mauvaises 
herbes les moutons n'ont pas d'egaux, car ils mangent avec avidite la plupart des 
especes. II n'y en a que trois ou quatre qu'ils ne recherchent pas: la linaire vul- 
gaire, 1'herbe de Saint-Jacques et l'eperviere-orange, et encore ils les mangeront 
si le paturage n'est pas bien garni. Ils sont tres friands du laiteron vivace, mais 
je n'ai pas d'experience personnels a ce sujet. Dans les parties de la province 
que jai visitees comme conferencier, la plupart des cultivateurs m'ont assure 
que les moutons extirpent completement cette mauvaise herbe, dans les patu- 
rages, en continuant a la manger au fur et a mesure qu'elle pousse, et si pres de 
la surface qu'elle ne peut se maintenir en vie bien longtemps. La marguerite est 
une autre mauvaise herbe que les moutons empechent de pousser sur les paturages 
lis sont aussi friands de plantain et le tiennent en echec. Un bon troupeau de 
moutons empechera rherbe de Saint-Jacques de monter a graine apres la rentree 
de la recolte; ils en mangeront le dessus de la tige, pourvu que le paturage ne 
regorge pas d autre nourriture. On ne saurait trop les louer." 

Un bon nombre d'autres correspondants confirment, de maniere generale les 
indications donnees dans les lettres qui precedent. D'autres declarent que leur 
terre est si bien nettoyee par les moutons, qu'il leur est impossible de remarquer 
quelles especes ces ammaux mangent particulierement. C'est la, probablement 
le temoignage le plus frappant que Ton puisse avoir de la valeur du mouton pour 
tenir la terre propre. 

L-herbe de Saint- Jacques — La cause de la maladie du betail de Pictou 

Disons aussi que certaines plaates, nuisibles a la sante des autres categories 
de bestiaux, peuvent etre consommees par le mouton sans risque et sans incom- 
modite apparents. L'exemple le plus frappant de cette assertion est fourni par 
1 herbe de Saint-Jacques (Senecio Jacoboea) , une plante tres repandue dans rile 
du Prmce-Edouard et dans les comtes de la Nouvelle-Ecosse qui bordent le golfe 
Saint-Laurent, Des essais conduits, il y a quelques annees, sur une grande ferme, 
a Antigonish, Nouvelle-Ecosse, par la division de 1'hygiene des bestiaux du minis- 
tere de l'Agnculture, ont permis de constater que la maladie fatale du betail de 
Pictou est un resultat direct de la consommation de cette mauvaise herbe a retat 
sec. D autres essais ont demontre que non seulement les moutons ne sont pas 
incommodes par rherbe de Saint-Jacques, mais qu'ils en sont friands a tel point 
que la plante disparait bientot d'un champ infeste pature par un troupeau de 
moutons suffisamment nombreux pour tenir tete a la vegetation. Tant que cette 
herbe sera aussi repandue qu ? a l'heure actuelle, on ne pourra se livrer a l'elevage 
du betail, dans les localites infestees, sans de grandes precautions et sans encourir 
un grand risque. Comme on la trouve sur les collines, les reserves a bois et 
autres superficies non cultivates, le mouton fournit la seule methode pratique 
d extermination. Heureusement, le pays infeste convient bien a l'elevage du 
mouton et peut fournir de la nourriture en abondance pour rhiver, tandis que 
les paturages et les autres terres accidentees repondent admirablement aux 
besoiri£ de cette categorie de bestiaux. Comme destructeurs de mauvaises herbes 
les moutons peuvent rendre de tres grands sen-ices, dans les regions des provinces 
maritimes qui sont envohies par rherbe de Saint- Jacques. 



93 

ANIMAUX ENNEMIS DU MOUTON 
Le chien malfaisant 

L'ekveur qui n'a pas eu a souffrir des ravages du chien errant, cet ennemi 
naturel du mouton, peut se feliciter. Maints troupeaux excellent^ ont ete mutiles 
et mines par ces mangeurs de moutons et leurs proprietaires decourages au point 
d'abandonner Pelevage. C'est la la cause principale de la diminution des moutons 
dans toutes les parties du Canada. II n'y a peut-etre pas sur la ferme, pour le 
berger, d 'experience plus douloureuse et plus irritante que de constater le matin 
que les chiens ont visite le troupeau pendant la nuit. II trouve au champ un certain 
nombre cles meilleures brebis dechirees, saignantes ou mortes, tandis que d'autres 
ont leurs jambes de devant tellement mordues et leurs cuisses si lacerees, qu'elles 
sont infirmes sans espoir de guerison. Celles qui ne sont pas mordues sont 
effrayees, epuisees et enervees au point d'etre incapables de donner des services 
a Tavenir. Pendant des semaines, elles tressaillent et se sauvent au moindre 
bruit anormal, si bien que la quietude, si necessaire au developpement et a Tali- 
mentation, est impossible. Le temps lui-meme ne corrige pas le mal qui a ete 
cause. La regularite de l'elevage souffre et la mortalite des agneaux a la mise 
bas est tres elevee. Quand bien merae Pindemnite accordee par la munieipalite 
couvrirait entierement la valeur des animaux, il s'en faut de beaucoup que Ton 
rentre dans les frais. L'auteur de ces notes peut parler en connaissance de cause 
sur ce snjet: Dans une seule nuit, plus de vingt brebis portieres, dont le plus 
grand nombre avaient ete importees de la Grande-Bretagne, furent mordues ou 
lacerees. Bien que les animaux tues ne fussent qu'au nombre d'une demi-douzaine, 
les degats furent juges assez considerables pour que le conseil crut pouvoir 
accorder $525, une tres grosse sorame pour le conseil, mais une indemnity trts 
faible pour le proprietaire du troupeau, tout comme serait une assurance d'un 
millier de piastres sur une perte de propriete de $5,000. Ce malheur se produisit 
au commencement de Tote, alors que les agneaux etaient encore jeunes. Le lait 
des brebis diminua, et ces animaux, inquiets et timides, maigrirent beaucoup; 
un grand nombre ne furent pas fecondees en automne, et beaucoup de celles qui 
le furent eurent ensuite des agnelages laborieux qui occasionnerent de nombreuses 
pertes. Le troupeau, qui avait ete choisi en Grande-Bretagne et au pays meme, 
a grands frais, fut a peu pres inline. 

Beaucoup d'eleveurs pourraient affirmer que cette description n'est nullement 
exageree; malheureusement, il n'y a guere que les personnes intcressees dans 
Telovage des moutons qui se rendent bien compte de Tetendue des (legate que les 
chiens causent a cette industrie, et il est presque impossible d'obtenir de la legis- 
lature une protection adequate. On considere meme que la petite taxe de une 
piastre pour les chiens et de deux piastres pour les chiennes, constitue une injus- 
tice criante envers le pauvre qui aime taut a garder chez lui deux chiens absolu- 
ment inutiles. Les individus qui gardent des chiens ne sont nullement interesses 
dans les moutons, et, comme ils ferment la grande majorite, les mesures tendant 
a restreindre la liberte des chiens sont presque invariablement mises de cote la 
premiere fois qu'on les presente, et ensuite repoussees ou modifiees, jusqu'a ce 
qu'elles soient rendues a peu pres sans eflfet. 

N'est-il pas grand temps, pour les eleveurs de moutons et pour les autres 
personnes qui s'interessent a cette industrie, de s'unir sur cette question, si etroi- 
tement reliee au succes en agriculture? En ces derniers trente ans, la population 
ovine du Canada a diminue de pres d'un million de tetes, C'est le chien errant 
qui est, sans aucun doute, la cause principale de cette decroissance. Qu'une 
telle industrie soit genee dane son developpement, et, dans bien des cas, ruinee, 
non pas par le bon chien dont le proprietaire s'occupe, mais par le chien errant, 
qui est non seulement inutile, mais nuisible au district, e'est la un situation diffi- 
cile a comprendre. Et cependant, on refuse au mouton des lois protectrices. II 
est rare, si la chose se produit jamais, que le mouton soit tue en plein jour, et ce 



94 



fait simplifie grandcment la solution du probleme. Un chien loin de chez 1m c* 
dont on ne s'occupc pas pendant lcs heurse de nuit, est un animal dangereux' et 
devnnt. comme mesure protectoee pour tea moutons, etre eonsidere comme une 
bete Bauvage et trade comme tel. II devrait etre permis, par la loi, de chas 
et de detruire le chien qui quitte son domicile pour errer dans le district, pendant 
les heures de nuit. r 

II est vrai que la plupart des provinces ont, dans leurs statuts, des lois pour 
la protection des moutons, mais nulle part le mouton ne rccoit autant de conside- 
ration que le ehevreuil dans la foret, D'apres les lois de certaines province- 

II nest pas permis a des chiens de chasse habitues a poursuivre les chc- 
vreuils d errer au large dans des endroits ou se trouvent ces animaux. pendant la 
saison ou la chasse est mterdite. " 

loi d'Ontario stipule, en outre, que: 

nenvenri ie fn' de ^T ^T^ l e chevreuil > P end: '^ la saison de fermeture, 
pement etre tues sur place, et toute personne qui agira ainsi ne sera pas«ib'e 
ci aiicune peine. 

Quant a la legishit ion concernant la protection du mouton, nous n'avons fait 
que peu ou point de progres depuis plusieurs siecles. En 1648, la cour generale 
du Massachusetts emit un arrete ou se trouve la clause suivante- 

Si un chien est pris a tuer un mouton, le proprietaire de ce chien devra le 
pendre immediatement, ou payer deux fois la valeur des dommages causes Si 
le dit chien a etc vu courant apres des moutons ou les mordant, sans qu'il ait 
ete pousse a le faire, et si le proprietaire est avise de ce fait, alors, il devra 
pendre son chien et payer egalement pour le mouton." 

Cet ancien reglement avait pour but de proteger le mouton de la meme 

manierc que nos lois actuelles sur le gibier protegent le ehevreuil; maia dan^ 

tuen des municipality, les moutons recoivent beaucoup moins d'attention II 

DQble meme, au vingtieme siecle. que l'industrie du chien est l'objet de olu* 

a attention de la part des legislateurs que l'industrie du mouton. 

Methodes de protection 

Tandis que bien des eleveurs ont disperse leurs troupeaux a cause des 
ennuis causes par les chiens, et que d'autres, pour la meme raison. ont hesitfa 
emhrassor cette Industrie, il y en a beaucoup qui ont decouvert de bonnet 
methodes pour proteger leurs troupeaux contre de nouvelles attaques 

«w°3 P r f ti q u + e /°?T u, ? e e?t d ' : ! tt:l(her au cou d'une demi-douzaine de sujets 
autant de clochettes a tintement aigu. Ceci, cependant, ne reussit pas touio ur« 

W„2 p€aUX mUD1S / e ' lttl ; garantie ?0nt parl " is a Ws et ses membres 
du 1 er^'' I !V US ; Cep t nC , h ! nt ' SI le f moutons aPP^nent asses pres de la demeure 
du berger, il est probable que celui-ci sera reveille, car il est touiours sur le cui- 
vi w au sujet de ses moutons. q 

Fne methode assez ennuyeuse, mais que beaucoup considered comme la 

™ i7';;r7T de ' e?t d T ener le tn,i,p, ' ;iu - Ie soir ' dans ™ *«5 on . 

' r LTft la ,g, ran ^ *** futons en souffriront. a moins que Ton ne 
s arrange de facon a leur donner de la nournture dans cet enclos. II* se levent 
de bonne heure, et ne devraient pas etre obliges d'attendre longtemps apres le 
lever du jour pour le repas du matin, surtout si ce repas doit etre re "ueill ,,?un 
paturage peu garni, a quelque distance de lendroit ou ils ont passe "a nuit Ce 
systeme se rejjotnmande par certains avantages, pourvu que l'on puisse obvio. 
la difficulty de l'ahmentation. Tous les mouton devraient etrevus SneToi* 
par jour et deux f<ns valent encore mieux. Pour fournir un paturage de nuit" 
deux enclos devraient rtre ensemences avec des fourrages convcnabE.. et Von 
devra* donner au troupeau alternativen* a l'un et Tautre de ces champs, 

pour donner a chaque champ l'occasion de se regarnir. La protection sera encore 
plus efficace si ces enclos sont entoures d'une cloture a l'epreuve des chiens 



95 

Une cloture moderne, en mailles de fils de fer, de cinq pieds six pouces de hau- 
teur, avec cinq pouces d'espacement seulement entre les fils de travers, et munie, 
au-dessus et au bas, pres de la terre, d'un fil de fer barbele, empechera les chiens 
de penetrer, a moins qu'il ne se trouve pres de la des objets sur lesquel> 
peuvent grimper pour sauter par-dessus la cloture. 

Un grand eleveur de moutons recommande l'emploi d'un enclos mobile, en 
fil de fer, a l'epreuve des chiens. Cet enclos serait place au paturage et trans- 
parte de place en place, sur les parties qui ont besoin d'etre fumees. On dit que 
cinq piastres de materiaux fourniraient un enclos mobile assez grand pour 50 
moutons. II ne faudrait que peu de temps pour enclore les moutons ou pour leur 
clonner la liberie. 

Un autre systeme consiste a donner au troupeau acces a la bergerie pendant 
la nuit, ou en tout temps, si la chose est possible, en laissant dans la cloture du 
champ des ouvertures donnant dans une piste conduisant a la cour de la bergerie. 
Si Ton garde la boitc a sel a la bergerie, les moutons regarderont cet endroit 
comme le centre de railliement, et ils y courront des qu'ils seront molestes dans 
le champ. II est tres important que Fouvcrture soit placee au coin du patur 
qui est le plus pres de la grange. Si oette ouverture se trouvait sur lc o8t£ du 
champ, les moutons poursuivis seraient trfcs portgs a la manquer dans leur fuite 
effrenee devant les animaux qui les poursuivent. 

Animaux earnassiers 

Dans maintes parties du Canada, et plus parti culierement a 1'ouest des 
grands lacs, l'industrie ovine souffre beaucoup des depredations des animaux 
earnassiers. Les plus communs parmi cos animaux sont le coyote, le loup, et la 
panthere. Le coyote cause des ennuis dans toutes les provinces de l'Ouest; !e 
loup des bois est une cause de perte clans FAlberta et la Colombie-Britannique, 
tandis que la panthere limite ses ravages aux provinces du Pacifique. Mention- 
nons aussi Tours brun qui enleve de temps a autre un agneau, dans les districts 
recules de Quebec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse. Le coyote, 
ou loup de prairie, s'attaque surtout aux jeunes agneaux, mais une fois qu'il a 
pris Thabitude de tuer les moutons, les troupeaux non proteges souffrent de s 
depredations, dans les districts qu'il habite. 

; tains remedes ont donne plus ou moins de succes dans la lutte contre les 
coyotes. Les clotures en fil de fer, fermees et hautes, sont efficaces, mais tres 
couteuses. La prime ordinaire de $2 pour les coyotes adultes, et de $1 pour les 
jeunes, tend a en recluire le nombre, mais 1'emploi systematique de poisons a la 
saison convenable est le remede le plus effieace. La commission de 1 elevage des 
moutons de 1'Oregon, commission qui evalue les pertes annuelles causees par les 
coyotes, dans cet Etat a 150,000 tetes de moutons, sigaale un certain nombre de 
methodes pratiques pour detruire cet ennemi. Les notes suivantes sont extraites 
du bulletin n° 2, publie par cette commission: 

"En suposant qu'il soit possible, pour les mille bergers de TEtat, de detruire 
chacun, en moyenne, 10 coyotes, pendant les mois d'hiver, et en supposant que la 
moitie du nombre des coyotes dotruits soit compose de femelles portieres qui 
auraient donne naissance a six petits, en moyenne, le printemps suivant, le nom- 
bre des coyotes serait ainsi reduit de 40,000 a 1'automne de cette meme saison. 

'Tour les coyotes, on doit se servir de pieges d'acier a ressort n° 3, munis 
d'ecrous mobiles et fixes a un billot ou a une pierre pesant au moins trente livn 
On devra veiller a ce que ce piegc soit place cle niveau avec la surface du terrain 
et que les m&choires du piege soient recouvertes d'un morceau de papier mine 
on cachera encore mieux le piege en le recouvrant de particules de terre fine, 
que Ton arrosera ensuite d'eau. L'emploi d'un parfum artificiel est utile. 

"Quand on chasse avec des chiens, ceux-ci devraient etre conduits dans une 
voiture munie de portes a ressorts que le conducteur pent ouvrir rapiclement, 
permettant ainsi aux chiens de sauter promptement, pour commeneer la chas! 



96 

"Pendant le mois de mai on pent entendre les jeunes coyotes dans leurs trous 
et dans leurs pistes, et on peut facileraent les faire perir, soit en les forc.ant a 
sortir, en creusant, soit en tuant leur mere. Cette methode est la plus generale- 
ment employee. 

Poisons 

"De toutes les methodes recommandees pour la destruction des coyotes 
Femploi de poisons est considere comme la plus pratique et la plus efficace, et 
nul poison n'a donnc d'aussi bons resultats que deux grains de sulfate see' de 
strychnine mis dans des capsules de deux grains de gelatine. Ces capsules de 
gelatine remplies de strychnine seront d'abord essuyees soigneusement, pour enle- 
ver toute apparenee exterieure de strychnine et recouvertes de plusieurs couches 
de suif qui les protegera contre les effets de l'humidite de Pair, ou contre les stirs 
et l'eau contenus dans les divers materiaux employes comme amorce. La maniere 
la plus facile d'appliquer ce suif est de tremper les capsules dans du suif fondu. 

Ml est aussi plusieurs substances hautemcnt recommandees comme appats 
pour le coyote, et que Ton prepare de la maniere suivante:— 

(a) Saindoux, bceuf, moelle et suif. Couper en morceaux de la dimension 
d'une noix et introduire dans chaque morceau une capsule de poison, en refermant 
ensuite la cavite. 

"(6) Morceaux de foie. Couper le foie en morceaux de la dimension d'un 
oeuf et fendre chaque morceau pour y introduire une des capsules de poison. 

"(c) (Eufs, dans lesquels on aura place une des capsules de poison, au 
moyen d'une petite ouverture pratiquee a un bout. 

" (d) Prunes, dans chacune desquelles on aura introduit une capsule. 

"II bs\ absolument necessaire que toutes les matieres employees comme 
app it maniees avec des pinces on des mains gantees, car les coyotes peu- 

vent f acilement decouvrir Podeur humaine dans Fappat touche par des mains non 
gantees. 

"Les eeufs et le suif de boeuf seront trouvSs plus facilement par les coyotes, 
ainsi que par les personnes qui desirent ensuite les enlever du paturage, si on 
les recouvre de sang. Cette precaution est surtout a recommander quand la neige 
recouvre le terrain. 

Mesures de precaution 

a On pretend que les ceufs et les prunes ne sont pas recherches par les chiens 
aomestrques. Quant a la moelle de bocuf, au saindoux ou au suif, on peut em- 
ber, dans une certaine mesure, qu'ils ne soient ramasses par des chiens en les 
plaQant dans des cavites creusees dans des morceaux de bois, de forme irreguliere. 
Cette methode offre cet avantage que Ton peut ainsi, sans descendre de cheval, 
semer les appats empoisonne* le long des pistes de coyottes et dans leur voisi- 
nage, et, le matin, les enlever des endroits ou ils sont trop exposes. Le saindoux 
et le suif se pretent tres facilement a ce mode d'emploi. 

^ "Les bergers qui se servent de poisons devront prendre toutes les precautions 
nScessaires pour empecher que ces poisons ne soient ramasses par des chiens ou 
par d'autres animaux domestiques. Toutes les carcasses empoisonnees qui sont 
si longtemps qu'elles ont perdu leur utilite ou qui se trouvent a 
des endroits ou les chiens pourraient avoir acces, devront etre briilees A mom> 
qu'elles ne soient enterrees profondement, les os de ces carcasses pourraient etre 
decouverts par des rongeurs et causer, plusieurs mois apres, la perte d'un chien 
precieux. On ne devrait jamais placer le poison a moins de un demi-mille d'un 
chemjp public, ou du chemin d'une residence, et si on le place dans un rayon 
d'un mille d'une demeure, les occupants de cette demeure devront auparavant en 
etre avertis les prem n ne devrait jamais mettre de poison sur les champs 

ou les paturages autrcs que les siens propres, ou ceux que Ton tient en location 



97 

cm que Ton occupe a l'exclusion d'autres personnel, a moins que Ton n'ait obtenu 
le consentement du proprietaire ou de l'ot cupant de ces terres. On ne devrait 
jamais le placer assez pres d'un chemin ou d'une route pour attirer les chiens qui 
passent. On devrait aussi eviter d'en rnettre dans un mqrceau de viande con- 
tenant etei os. Tous les os qui resteront d'une careasse empoisonnee qui a fait 
son temps devront etre brules. On devra placer des avis ecrits pres des carcasses, 
dans tous les endroits bien en vue, et a un quart de mille de la quand la chose est 
possible. Pendant l'epoque ou Ton se sert de poisons, les chiens devront etre 
muscles ou attaches. Tout appat empoisonne devra etre ramasse apres qu'il aura 
fcervj pendant un laps de temps raisonnablement long, et detruit. La saison ; 
mince, les appfits empoisonnes, vieux ou non, devront etre detruits. On ne sau- 
rait prendre trop de precautions, en distribuant le poison, pour atteindre le but 
(jiie Ton se propose." 

II est a noter que la distribution du poison pour les animaux sauvages 
iuterdite par la loi dans certain* m es, tandis qu'elle est sujette a certains 

reglements dans d'autres provinces. Ceux qui desirent exposer des poisons pour 
detruire les loups, les coyotes ou d'autres animaux de proie feront bien de con- 
suiter d'abord les reglements en vigueur dans la province ou ils se proposent d* 
- poisons et de les suivre. 

Loups, ours et pantheres 

Les loups des bois et Jes pantheres sont ruses, et il est difficile de les prendre 
au piege. Le meilleur moyen de les detruire est de les chasser avec des chiens 
et des fusils. La prime genereuse que les differentes provinces offrent pour leurs 
tetes encourage les chasseurs a se mcttre en campagne contre ces animaux. 

Les pertes causees par les ours diminueront au fur et a mesure que les bois 
disparaitront et que l'agriculture s'etendra. Un bon eleveur de moutons, qui 
demeure dans une localite au nord de la province de Quebec, trouve avantageux 
de rentrer son troupeau, le soir, dans la cour de Petable, pendant les mois d'etc 
et d'autonine. Les residents de son voisinage sont toujours sur le qui-vive pour 
les ours, et le nombre de ces animaux diminue chaque annee. Dans quelques 
endroits on se sert bien de pieges a ours en acier, mais ces pieges offrent des dan- 
gers pour les animaux de la ferme. La fosse, intelligemment employee, cause 
chaque annee la mort d'un bon nombre d'ours, mais le eiiien et le fusil, empkn 
par un chasseur experimente, sont probablement les agents les plus efficaxes 
d 'extermination. 



24208-7 



MALADIES DU MOUTON 

Pax feu J. G. Rutherford, Directeur general du Service veterinaire et 
Commissaire de I'indu&trie animate 

Au Canada, les moutons sont peu sujets aux maladies. Le climat de <• 
terre du Nord parait leur convenir tout particulierement. lis reussissent aussi 
bien sous le chmat froid et sec de POuest que parmi les neiges de PEst L-urs 
toisons chaudes les protegent suffisamment, tandis que Fair pur et le soleil tien- 
nent leurs poumons, et, par consequent, leur systeme entier, en bon etat La 
bonne sante est done chose assuree, si le traitement repond tant soit peu a Pideal 
exige. Cependant, ce bulletin ne serait pas complet sans un chapitre sur les 
afiections les plus communes que Pon peut rencontrer de temps a autre. 

Les maladies du mouton peuvent etre divisees en plusieurs categories. En 
premier lieu, viennent celles causees par des parasites externes, comme la gale et 
le pietm, et on peut classer avec ces parasites les tiques et les poux, lesquels, si 
on les neglige, affect ent souvent la sante des moutons presque autant qu'une 
maladie. I! y a aussi les parasites intestinaux, tels que les vers de diverses formes, 
qui peuvent affecter Pestomac, les intestins, et les organes respiratoires de la 
tete. 

Lea d&ordres digestifs se manifestent, aussi. de temps a autre. Les maladies 
et les accidents de la reproduction rentrent aussi dans cette categoric. 

Gale 

La gale, une fois introduite dans un troupeau, doit etre traitee avec les nie- 
sures les plus energiques. C'est une maladie strictement contagieuse, causee par 
une mite minuscule connue sous le nom technique de psoroptes communis oiris. 
Elle est si petite qu'il est difficile de la distinguer a Poeil nu. Cette maladie 
eete generalement les parties qui sont recouvertes de laine. Elle commence 
generakment a la partie supcrieure du corps et s'etend ensuite lentement, mais 
surement, sur le cou, les epaules et les handles. En deux ou trois mois, le corps 
entier est affecte. Regie generale, la maladie fait des progres beaucoup plus 
rapi<ie> jxudant Phiver que pendant les chaleurs. Elle reste pendant longfcemps 
a l'etat presque latent, sur les moutons ait paturage, apres la tonte et le lavage. 
Les moutons bien nourris, vigoureux et sains, resistent a sea ravages d'une fagon 
remarqiiable, tandis que ceux qui sont maigres ou ma] nourris se d.'bilitent rapi- 
dement, et, si on ne les soigne pas, ne vivent que peu de temps. Les moutons 
affectes donnent des signes de demangeaison, des pustules se forment, suivies 
d'une inflammation, et recouvertes de croutes en dessous desquelles ou a cote 
desquelles le parasite vit. Les moutons sont inquiets, ila se grattent, se mordent, 
se frottent contre les clotures et les piquets, comme s'ils enduraient de grands 
tourinente. La toison prencl une apparence epaisse, inegide. L'animal arrache 
avec ses .dents des meehes de laine ou en laisse sur les clotures et les piquets ou 
il se frotte; les croutes de la gale sont arracl; ces meehes, mais elles sont 

generalement remplacees a Pendroit de leur origine par des eroutes plus gpaisses 
et plus adherentes. La peau devient plus ou moins nue, plissee et crevassee, 
et le sang sort de ces crevasses. Sans traitement, la maladie empire, et Pinfection 
se repand aux moutons qui viennent en contact avec les sujets infestes. 

D'apres la loi sur les maladies contagieuses des animaux, tout proprietaire 
qui constate la presence de la gale dans son troupeau, doit en donner immediate- 
ment ^vis au ministre de PAgriculture, a Ottawa, et a Pinspecteur du ministere 
d'Agriculture le plus proche. Des instructions sont alors emises et mises a execu- 
tion selon les reglements etablis par le gouvernement. 

98 



Deux preparations principales sont reeommandees pour le traitement des 
moutons galeux: le lavage de chaux et de soufre, et le lavage de tabac et dc 
soufre. Le premier est recommande et employe par le ministere de r Agricul- 
ture. Voici comment il se prepare: prendre dix livres de chaux fraiche et y aj ou- 
ter assez d'eau pour faire une pate. Tamiser, dans cette pate de chaux, 24 
livres de fleur de soufre, et agiter le tout vigoureusement. Faire bouillir le me- 
lange dans 30 gallons d'eau, pendant trois heures, en agitant frequemment. La 
solution devrait alors avoir une couleur brune ou chocolat; on la laissera reposer 
pendant quelques heures, de preference toute la nuit, et Ton soutirera ensuite 1# 
liquide. II faut avoir soin de ne pas agiter le sediment, qui abimerait quelque 
peu la toison du mouton. On devra a j outer a ce liquide une quantite suffisante 
d'eau pour faire 100 gallons. La temperature de la solution, au moment du 
lavage, ne devrait pas depasser 112 degres Fahrenheit, ni etre au-dessous de 
106. Le lavage chaud amollit les croutes et detruit les mites. Les moutons 
devraient rester deux minutes au moins dans le bassin. La tete devra aussi 
etre plongee dans le liquide, et, s'il y a des croutes epaisses sur la peau, il 
faudra faire penetrer la solution en frottant la laine avec une brosse raide. Deux 
lavages seront necessaires a intervalles de dix a clouze jours. Dans les cas tres 
graves, un^troisieme lavage peut etre requis. Autant que possible, les moutons 
devraient etre tondus avant d'etre laves. Apres le premier lavage, il faudra les 
changer de quartiers, et couvrir les parois de tous les endroits ou ils ont ete tenus, 
granges, clotures, etc., avec une couche de lait de chaux contenant au moins 5 
pour 100 d'acide carbolique pur ou de creoline. On trouvera, dans une autre 
partie de ce bulletin, des details complets sur la rnaniere d'effectuer les lavages.- 

Pourriture des pieds (pietin et fourchet) 

II y a deux sortes d'inflammation des pieds, une sorte contagieuse, appelce 
pietin y et une autre, non contagieuse, appelee fourchet. Celle-ci est une maladie 
simple, due generalement a l'usure du sabot et a l'irritation causee par l'intro- 
duetion de la poussiere dans les tissus irritables du pied. Elle se produit done, 
le plus souvent, sur les sols bas et humides, et dans les cours et les granges 
sales. 

Ici, il est plus facile de prevenir que de guerir. On ne devra pas tenir les 
moutons dans des endroits humides, boueux et sales. Leurs sabots devraient etre 
examined < t tallies chaque fois que cela est inVessaire, pour enlever la corne 
superflue. Quand la maladie fait son apparition dans un troupeau, les sabots 
devront etre tallies aussi etroitement que possible, et les pieds tremp6s ou la\ 
dans une solution de sulfate de cuivre, contenant une once de sulfate de cuivre 
pour deux chopines et demie d'eau. On appliquera ensuite une solution aqueuse 
de chlorure de fer ou de chlorure d'antimoine, ou, ce qui est encore preferable, un 
melange en parties egales de chlorure d'antimoine et de teinture de myrrhe. 
Apres ce lavage, il faudra proteger les surfaces nues avec une couche de goudron 
de pin ou de vernis de gutta-percha. Les animaux seront ensuite mis dans un 
paturage propre et sec. Si la maladie n'a pas eu une longue cluree, oe traitement 
effectuera generalement une guerison. Mais dans les cas avances, ou une grande 
partie du tissu a ete detruite, il peut etre necessaire de repet-er ces lavages a 
plusieurs reprises. 

Pour les grands troupeaux, sur la prairie ou ailleurs, un traitement plus 
general s'impose. On peut faire une solution convenable en faisant dissoudre 10 
livres de sulfate de cuivre dans 5 gallons d'eau. Cette solution est mise dans > 
auges de deux a trois pouces de profondeur; les moutons, que Ton aura d'abord 
fait passer dans de Peau, de preference dans de l'eau courante, pour leur nettoyer 
les pieds, sont obliges, au moyen d'un plan incline et etroit, de passer, a tour de 
role, a travels la preparation. Un autre remede consiste a tenir pendant quelque 

24298-7* 



100 

Apfi tee moutons Btff un planchcr qui a etc recouvert d'une coucbe de 3 pouces 
•d'epaisseur de chaux fraichcmcnt eteinte. 

Qjiaat a la forme contagieiise de la pourriture, ou pietin, elle est presque in- 
coming dans ce pays, re dont les eleveurs canadiens peuvent sc felieiter. Les 
riuelques c;i> constates affectaient des sujets importcs recemment. Pour cette 
raison, les moutons, importes ou autre? , qui ont voyage dans des wagons sales, 
devraient etre examines avee soin, des Tarrivee, et traites en meme temps qu'ils 
sont laves. Cela coutera beam oup moins cher de prevenir la maladie que de la 
guerir. Le traitement est semblable a celui qui vient d'etre deerit; mais, en 
raison de la nature persistants de la maladie, la guerison est generalement beau- 
coup plus lente. De meme que dans le fourehet, 1'irritation commence dans la 
peau des espaces interdigitaux el id a travers les lamelles sensibles. II est 

bon d'appliquer sur la peau entre les onglons, un melange d'une partie d'acide 
carbolique a dix parties de glycerine, ou de 20 parties de vaseline a 1 partie d'lode. 

Tiques et poux 

Quand on examine les moutons pour voir s'ils ne sont pas atteints d'une 
maladie de la peau, il est bon de se rappeler qu'ils sont sujete & etre infestes de 
tiques et de poux. De ces deux ennemis, les poux sont les plus a cramdre a cause 
de la rapidite avec laquelle ils se multiplied et des graves effete qu ils peuvent 
produire sur la sante aussi bien que sur la laine de l'hote que les abrite, bien 
eontre son gre La tique— qui a vrai dire ivcst pas une tique, mais appartient a 
la famille des poux, tout en etant beaucoup moins prohfique que le pou— se deve- 
loppe rapidement; e'est aux apieaux qu'elle cause le plus d'ennuis. mais. comme le 
pou blanc elle se rencontre sin- les animaux de tout age. De meme que pour les 
autoes i ' "aniii iaux domestiqiu ncontre le plus frequem- 

ment sur lea moutons maigrcs et mal nourris, ou ils paraissent etre mieux a leur 
aise que *ur les animaux en bon Stat. Quand ils sont en nombre, les poux et les 
tiques causent une grande irritation, et portent le mouton a se gratter avec ses 
pieds de derriere, a se mordre les cotes et a se f rotter contre tous les objete a sa 
portee, tout comme s'il avait la gale. La toison en est tres souyent abiraee; 
d'autre part, le pou coupe aussi les fibres pres de la racin.e, arrete ainsi la crois- 
sanee de la laine et reduit beaucoup sa valeur A moms que Ton ne fasse un 
examen tres soigneux, on pcut prendre pour de la gale les effete produits sur la 
peau par les attaquea de ces ]> Toutefois, on ne saurait trop repeter 

qui! n'v a pas d'excuse pour une erreur de ce genre, ear, s'il est vrai que la gale, 
les poux et lea tiques peuvent exister tous a la fois sur le meme animal, un examen 
mtif et laborieux, a l'aide d'une loupe de poche ordinaire, permettra a un 
observateur intelligent de determiner exactement si l'affection est simple ou 
mixte. II faut egalement se rappeler que la presence des poux n'est pas une 
preuve que le mouton n'a pas la gale. Le contraire c ment vrai, mais cela 

a peu d'importance, car si les poux et les tiques sont des hotes incommodes et 
peu desirables, ils sont loin d'offrir les mimes meonvenients que la mite de la 
gale, plus petite, mais plus persistante et plus redoutable. 

Vers de Testomac 

Les vers de l'esfcomae, dont il y a plusieurs varietes, ont generalement un 
pouce de long et vivent dans le 4eme estomac. Les agneaux souffrent particu- 
lierement de leurs attaques, lesquelles commencent peu apres que ces jeimes 
animaux se mettent a manger de l'herbe, et continuent jusqu'a l'amvee des froids. 
Les symptomes de cette maladie, chez les moutons et les agneaux, sont la perte 
de p«ds, riiebetement, la langueur, la perte de 1'appetit, la soif, les cohques, la 
diarrhee noire, la laine seche, la peau crayeuse et une aneime generate. Ces vers 
attaquent particulierenrent les agneaux et les moutons faibles, et, parfois, causent 



101 



leur mort, tandis que les sujets forts et vigoureux peuvent etre infectes sans 
paraitre en souffrir. 




a l'ceil 

temperature cie 40° ou plus. 

lis ne se developpent pas dans une eau pure et, quand on les y depose meurent 

au bout de quelques semaincs. Les petite vers poussent jusqua ce quils mesu- 

rent environ un, trentieme de pouce de longueur. Apres avoir ete avales par un 

niouton ou un agneau. ils arrivent a maturity en fcrois semaims ou un mois. 

Les bons soins semblent etre le mcilleur reniede contre ces fleaux.^ On peut 
prevenir leurs attaques en tenant les organes digestifs en bon etat, par l'emploi de 
racines en hiver, et de vesces, de navette, ou autres plantes succulentes, en ete, 
c d'autres nourriturea Le eel, regulierement donne, exerce un bon effet. Dans 
districts infestes, le paturage devrait etre divise en plusieurs parties et les 
moutons tenus sur une parcelle pendant environ 10 jours, et ensuite conduits sur 
la parcelle suivante. Cette im'tlmde, que Ton devra suivre depuis le mois de 
mai jusqu'au mois d'octobre, empechera les moutons de se nourrir sur les patu- 
rages infestes et previendra en meme temps la reinfection, car les oeufs demandent 
au moins deux semaines pour eclore. Les paturages que Ton salt infestes 
devraient etre laboures ou traites avec une forte application de chaux et de sel 

Maints remedes ont ete essayes avec plus ou moins de succes; gazoline, gou- 
dron, lysol, creosote, kamala, et couperose bleue (sulfate de cuivre). Ce dernier 
atteindra peut-etre plus surement que les autres le quatrieme^ estomac de Tani- 
mal, ou les parasites sont loges. Ce traitement a etc employe avec succes a la 
Colonie du Cap, et il a la recommandation des autorites de ce pays. Le sulfate 
de cuivre devrait etre pur et d'une couleur bleu claire. On ciissoudra deux onces 
de sulfate, finement pulverise, dans un gallon d'eau bouillante, puis on ajoutera 
le reste et on agitera. Voici les doses a employer: 

Agneau de trois mois, 1 once de la solution. 

Agneau de six mois, 1^ once de la solution. 

Mouton de douze mois, 2\ onces de la solution. 

Mouton de dix-huit mois, 3 onces de la solution. 

Mouton de vingt-quatre mois, 3^ onces de la solution. 

On devra avoir soin de donner le montant exact, suivant l'age de ranimal. 
Quand on se sert de kamala, on devra le donner une fois par jour, en dose de \ 
drachme a 1 drachme, dans du gruau epais, de la melasse, ou de i'huile de lin 
crue. Le picrate de potasse, hautement recommande par les autorites continen- 
tals, est administre tous les jours, en doses de 5 a 20 grains, suivant l'age et le 
poids. On le dit moins irritant qu'aucun des autres remedes mentionnes. Sauf 
dans une ou deux localites, les bergers canadiens n'ont que peu souffert des 
ravages de ces parasites. 

CEstre du mouton 

La larve de cette mouche se trouve dans les sinus de la tete du mouton. La 
mouche depose ses oeufs dans les narines, et les vers, une fois eclos, grimpent 
dans les sinus et se transforment en Iarves adult 

Les moyens preventifs valent toujours mieux que le traitement, mais les 
bergers habiles peuvent souvent soulager leg moutons de leurs notes embarras- 
sants, par l'operation du trepan. II s'agit surtout de bien nourrir et de tenir les 
moutons forts et vigoureux. Le goudron ou Thuile de poisson, applique sur le nez 
de Tanimal ou place sur les horde dune auge a sel etroite, ou autour de trous de 
deux pouces creuses dans un billot dans lequel on donne du sel. aid-era a tenir 
les inuuches a distance. Un abri obscur, pendant la ihaleur du milieu du jour, 
diminuera les attaques de ces insectes. Le libre acces a une piece de terre en 
jachere, ou les moutons peuvent, en pietinant, soulever un nuage de poussiere;, 
tendra aussi a eloigner les mouches. Pendant les mois de juillet, d'aout et de 



102 

septembre, les nioutons devraient, autant que possible, etre tenus sur des patu- 
rages sans arbres et sans broussailles d'aucune sorte. 

Vers solitaires 

Le mouton donne asiie a plus de variety clu ver solitaire que tout autre de 
nos animaux doraestiquee, sauf le chien. On en commit huit especee, mais une 
est beaucoup plus repandue que toutes les autres en Amerique, c'est le Taenia 
e.vpansa Ce verdure de 3 a 6 verges de long et de un vingt-einquieme de 
pouce de largeur a fa tete a un demi-poueo a la queue. U se compose de seg- 
ments blanes-jaunatres de coulcur, d'un quart de pouce de longueur et un peu 
plus larges que longs. Un de ces segments, ramasse par un autre animal, peut 
topper a son tour en un ver solitaire adulte. Les moutons qui souffrent 
du ver solitaire l'indiquent d'abord par une paleur de la peau et des membranes 
muqueuscs, accompajjm'e par une Beeheresse de la laine et une perte rapide de 
pouts, bien que rappctit continue a etre bon et mome excessif. Ces symptomes 
sont suivi> par des desordres digestifs, une rumination irreguliere et une mau- 
vaise haleine, la memorisation, la constipation, ou la diarrhee; les excrements 
ont une coulcur jaune et contiennent souvent des segments du ver. L 'animal 
affect e devient de plus en plus faible et, s*il n'est promptement soulage, la mort 
neralement precedee par des convulsions et une diarrhee violente. 
Heumtsement, \v ver <olitaire nYst pas difficile a dctruire. Les moutons devraient 
etre tonus sans nourriture pendant un laps de temps variant de 12 a 24 heures. 
Une injection d'eau chaude, donnee quelques minutes avant la medecine, favo- 
risera la rapidite de son action. La dose, qui consiste en une drachme d'huile de 
fougere male avec 2 ou 3 onces d'huile de ricin (hiiile de castor) pour un mouton 
adulte, devrait etre donnee a l'animal sur pied et a pros un jeune de 24 heures. 
Dans ces conditions, la plus grande partle de la dose passe au 4eme estomac. 
Le kahuna, en dose de 1 drachme a 1 drachme \ donm' dans un gruau epais ou 
de la melasse, et suivi, a trois heures d'intervalle, par 3 ou 4 onces d'huile de 
souvent aussi efficace. Pour les p x, | de ces doses suffira, 

et, a mesure que la taille et Page augmentent, la dose sera donncY en quantity 
correspondante. En donnant ce breuvage aux moutons, il faudra avoir soin 
de ne pas lever la bouche au-dessus de la ligne des veux, sinon une partie de la 
dose pourrait s'introduire dans les poumons. Les moutons, une fois traites, 
devraient etre enfermes pendant au moins trente heures pour empecher que les 
ments du ver expulse ne soient eparpilk's autour d'eux et qu'une exande 
etendue de terrain ne soit ainsi ifcfcetfe. Plus tanl, il faudra les mettre sur un 
nouveau terrain pour eviter le risque de reinfection. Le ver solitaire est plus 
repandu dans les annees humides et les districts marecageux; les mceurs du 
parasite ne so©4 pae bien connues; il est probable qu'il s'introduit dans le mouton 
sous sa forme larvale et cystique avec l'hcrbe que celui-ci consomme. Les pfvtu- 
**» bes devront don.' etre brules et labourfe, si eela est possible, on recou- 

ps de sel, de nitrate de soude ou de chaux de gas. Autant que possible les 
excrements doivent etre ramasses et bruL' 

Tournis 

Le tournis, ou tournoiement, est cause par un parasite, cemmts cerebrate 
qui se loge dans la eervelle du mouton. C'est lVmbrvon d'une (-peer de 
solitaire qui infeste les chiens, les renarde et les loupe. Les oeufs sortant de 

anmmux se repandent dans Peau ou sur Pherbe et. dans des conditions favo- 
rable-, retiennent leur vitalite pendant plusicurs eemaines. Les moutons qui le< 
avaleitf, deviennent infestes. Los jeunes vers eeloscnt dan- lY<tomac s'intro- 
duieent dans sea parois et penetrant dans le sane. Les uns se repandent dans 
les tissus mu-eulaires. dem'nerent et perissent, les autoee luisent dans la 

eervelle ou dans repine dorsale, environ une semaine apres Fabsorption, el so 



103 

creusent un cliemin a travers les tissus jusqu'a ce qu'ils aient trouvc un cndroit 
convenable pour se developper. Un bon nombre meurent a cette phase, mais 
ceux qui survivent prenncnt la forme d'une petite veggie transparente, ou cysti- 
cerque, augment ant graduellement en dimension, de la taille d'une tete d'epingle 
a celle d'une noisette. line fois eette dimension atteinte, generalement deux 
mois apres l'infection, il -se forme de nombreuses tetes de vers solitaires, parfois 
plusieurs centaines dans chaqne vessie, et celle-ci continue a Be developper, 
atteignant frequemment la dimension d'une noix, jusqu'a la mort du patient. 
Ce n'est que lorsque les cysticerques sont en petit nombre dans la cervelle du 
mouton qu'ils atteignent eette dimension, et e'est alors que se produisent b 
-ymptomes du tournis. Quand les embryons sont en grand nombre dans la 
cervelle, rinflaniniation aigue de cet organe tue generalement l'animal avant 
la fin du premier mois apres l'infection. La mortality est parfois tres conside- 
rable. La maladie est surtout repandue dans les saisons humides, ear Phumi- 
dite est neces-aire pour que les ceufs, au sortir du chien. puissent conserver leur 
fertilite. Pour la meme raison, l'infection est plus commune au printemps et en 
automne, que pendant Pete e f Thiver. 

Ce a'efit qu'apres que Penibryon a atteint la cervelle que les symptomes 
du tournis se manifestent. La torpeur est le premier de oes sympri 'lie 

est suivie par un omaigrissement et un refus de &e mouvoir. La tete est portee 
vers la teiTe ou dun cdte; la vision est souvent affectce; certains animiaux de- 
viennent entierement avcugles, tandis que d'autres n'ont qu'un oeil d'affeete. 
L'animal louche souvent ou les yeux sont tires en arriere et ont Fair deprime. 
Bientot le pouvoir de locomotion est affecte, l'animal perd controle d'un ou de 
plusieurs de see membres et exhibe, a meeure que la maladie poursuit son cours, 
des singularites de demarches et d'allures qui varient beaucoup suivant les 
differents cas. Comme nous Pavons deja dit, la mort se produit assez souvent 
a cette phase; elle i -'e par rinflammation generale de la cervelle et les 

desordres fonctionnels que cette inflamimation entraine. 

Toutefois, quand le patient survit a cette phase, ce qui n'arrive que lorsque 
les parasites encystes sont en petit nombre. lee vrais symptomes du tournis 
commencent a se manifester; l'animal affecte marehe pendant ties heures en 
cercle; il suit quelquefois une piste reguliere, ou le cerclc s'elargit, ou encore se 
retrecit graduellement apres chaque jour. Dans ce dernier cas, l'animal termine 
souvent la representation en tournant sur lui-meme sur un pivot jusqu'a 

ce qu'il perde Pequilibre et qu'il tombe epuise, mais pour recommeneer ses 
mouvements excentriquee des qu'il a repris ses forces. II est parfois possible de 
determiner ^emplacement du cysticerque dam la cervelle pur une observation 
attentive des mouvements du patient. Quand il ny a qu'un cysticerque, l'animal 
tourne generalement du cote ou celui-ci est situe, mai< ee n'est pas la un guide 
infaillible, car il arrive souvent que chaque partie de la cervelle eontienne deux 
rvsticerques ou meme plus. Toutefois, quand il n'existe qu'une vesicule, la regie 
que nous venons de mentionner peut s'appliquer, et, dans ce cas, l'oeil surle 
cote est generalement aveugle d'amaurose (ceil de verre). Le cysticerque est 
!oge pres de la partie unterieure de la cervelle, Panimal leve les jambes en mar- 
chant et incline la tete en arriere. S'il est situe dans la partie posterieure de la 
cervelle, l'animal perd la faeulte de se mouvoir ou il tourne avec le vent, en 
tenant la tete levee et inclinee en avant. 

Les bergers habiles, qui ont une longue experience de cette maladie, arrivent 
determiner tres exacteinent le si&ge dea v&icules; quelques-uns pretendent que 
quand le eystieerqu tue pres de la surface, 1'os qui le recouvre se ramollit 

et devient tres mince. Quand Panimal affecte a une eertaine valeur et que 1'on 
pent trouver Pemplaeement du cysticerque, on peut pratiquer la trepanation du 
crane et en enlever le cysticerque el sob contenu. Dans lee caa ordinaires, la 
meilleure chose a faire est de tuer le patient et d'en briiler la tete, car si celle-ci 
< t ait mangee par un chien, un loup, ou un renard, le ver, dans ce nouvel hote, 



104 



atteindrait la maturite, et produirait dos ouifs qui seraient de nouveau absorbes 
par les moutons. Le cycle se continuerait done. II serait bon au^i de debar- 
rasser la ferme des. chiens, pu, si cela est impossible, de debarrasser les chiens 
* tew en leur tenant, an moms deux fois par an, apres les 

avoir fait jcuner 24 heures, une dose compete d'un bon vermifuge, comme du 
kanmla. de la noix d aivca, ou encore de Fliuile de foiig&e mile, suivie dun 
pur^atit. lm fawns .qm subissent ce tnutement devront etre renfermes, et 
routes les matien- qtfils rejettent devront etre briil'- soin ou recotiv^rtes 

avee de la chaux vive. Une enquete recente a ce sujoi nous a permis de cbnstal 
que le tourms est presque inconnu dan- leg troupeaux canadiens, ma- Lee mou- 
tons importes, et surtout les chiens importes, devront etre ctroitement surveilles 
pendant qudque temps, apres leur arrivee au pays 



Indigestion aiguc 



L indigestion aigue prend generalement chez le mouton la forme reconnue 
sous le nom de memorisation, et qui consist© en la fermentation de la nourriture 
et la formation de gaz dans le premier estomac ou rumen. Elle provient gene- 
ralement d'un changement soudain de nourriture et elle se produit le plus 
souvent quand les moutons affames sont mis dans un champ de trefle, de navette, 
ou de luzerne, ou dans un champ de navets dont les tiges ont ete gelees. I) 
ces circi «>s, elle affecte souvent un grand nombre d'animaux a la fois, et 

alors des tonsures energiques deviennent necessaires pour eviter de lourdes 
pertes. Si on s'apercoit de Faffeetion a son debut, on pourra la combattre en 
donnant une once d'hyposulfite de sonde, melange avec une drachme de gin- 
gembre, dans une denii-ehopine d'eau. et que Ton fait suivre plus tard, si Ton 
n'obtient pas un soulagcment immediat ou permanent, de 4 a 6 onces d'huile de 
I in erne a iaquelle on pent ajouter une demi-oncc de terebenthine. 

Si le gonflement est excessif, on pourra perforer la panse avee un trocart et 
ime cantde. Cette operation se fait sur le cote gauche de Faninial, a un point 
situe entre la pointe de la hanche et la derniere cote et a une distance semblable 
du precede transversal de repine dorsale, que Ton peut sentir vers la partie 
superieure de la panse. II est important, surtout quand on opere sur des animaux 
gras, de determiner avec le plus grand soin le point exact ou Foperation doit 
avoir lieu, sinon, Fon s'exposerait a causer des dommages serieux a un des org 
ru's internes. Les meches de laine devront etre separees avec soin, afin d'eviter 
d introduire dans la blessure des fils qui eauseraient une irritation et une suppu- 
ration. Tout proprietaire de moutons devrait avoir un trocart et une canule, 
et devrait placer ces instruments de maniere a pouvoir mettre la main dessus a 
tout moment. S'il n'avait pas a sa disposition les instruments convenables, il 
vaudrait mieux, dans un cas pressant, risquer de trouer la panse avec un couteau 
de poche, plutot que de laisser Fanimal mourir sans soulagement, mais cette 
pratique &e <:uiraitetrerecommand<'o. car, quand la panse commence a s'affaisser. 
une partie de son contenu se repand presque infailliblement dans la eavite 
abdominale, a moins que Fouverture ne soit protegee par la canule. 

Coliques spasmodiques 

i La colique spasmodique est une affection dime nature differente de Findiges- 
tion aigue, mais elle est parfois produite par les mcme< causes qui occasionnent 
cette maladie. Cependant, elle est plus generalement due a des erreurs d'alimen- 
fcation, par exemple, quand on nourrit des agneaux avec du lait de vache ou 
quanckon les change trop soudainement ou trop completement d'une nourriture 
laiteuse a une nourriture solide. Elle peut aussi etre produite chez les agneaux 
romme chez les moutons adultes par des herbes acridea ou par une nourriture 
■anormale. On pourra soulager la douleur par Fadministration de melanges 
anodms comme une cuilleree de laudanum et de Fesprit de nitre dissous avec urn 



106 

cuilleree de gingembre et deux cuillers a the de poudre a pate dans une demi- 
chopine d'eau. II pent etre necessaire de faire suivre d'une dose d'huile de lin 
crue afin de soulager les entrailles et de faire disparaitre l'irritatioii. Les injections 
d'eau chaude seront aussi utiles dans ce but. 

Constipation 

Cette affection est assez frequente chez les moutons ahmentes ayec du 
fourrage sec grossier. Le nom inclique la nature des symptoim- et L'administrar 
tion d'un purgatif est le meilleur soulagement que Ton puisse y apporter. On 
pourra donner daitf ce fcjut de 6 a 8 onces d'huile de lin crue ayec 2 a 4 drachm*- 
de terebenthine. Les injections sont egalement recommandees. La tendance a 
la constipation peut etre combatttie par la distribution judicieuse de racines et 
autres nourritures succulentes pendant l'hiyer, epoque ou elle se produit le plus 
frequemment. 

Inflammation des inteatins 

L'inflammation des intestins est presque inconnue chez les moutons, mate, 
de mime que chez les chevaux, il y a plusieurs lesions et accidents produisant 
une inflammation aigue dans Tun ou 1'autre des organes internes et qui donnent 
lieu aux symptopies generalement associes a cette affection. Les symptomes 
manifestos sont les memes que pour la colique, maia ils sont beaueoup plus 
graves, plus violents, et les douleurs abdominales sont presque continuelles. Le 
traitement medical est le memc que pour la colique; mais il faudra donner de 
pits loses du remede et les repeter a- infervalles de plusieurs heures si la 

douleur continuait. L'application de moutarde a Tabdomen donnera parfois du 
soulagement. Le traitement ne r&Bsit pas toujours, mais on devra continuer. 
Ces attaques se terminent generalement par une diarrhee, laquelle, apres avoir 
dure pendant un temps raisonnable, pourra etre reduite par ^administration 
de fecule ou de gruau de ferine auquel on ajoutera du blanc d'oeuf et un pen de 
whisky ou de brandy. 

Diarrhee 

La diarrhee est generalement causee par les mauvais soins, une quantite 
trop grande de fourrages succulents ou une nourriture indigeste, telle que 1'herbc 
non murie ou l'herbe gelee. Cette derniere cause produit une sorte de diarrhee 
tres grave. Elle peut aussi provenir d'un changment brusque d'une ration se< 
a une ration de racines, surtout de betteraves fourrageres, et on Tobserve parfois 
chez les moutons que Ton met pour la premiere fois sur des paturages alcalin? 
et sur ceux qui bnt acces a de l'eau fortement charge d'alcali. Le traitement 
consiste a faire disparaitre autant que possible toutes les caufi dormer pour 

toute nourriture des alimem tres simples. Quand 1'affection est evidem- 

ment due a un effort de la nature pour soulager 1'irritation, il vaut mieux lui 
venir en aide par l'administ ration d'un laxatif leger, et, dans ce but, on pourra 
donner quelques onces d'huile de castor melangee a un drachme de laudanum et 
de gingembre moulu. Si la diarrhee persistait apres ce traitement on pourrait 
la combattre par 1 'administration de fecule ou de gruau de f urine avec des 
Wanes d'oeuf et un peu de stimulant, si 1'animal parait en avoir besoin. 

Boules de laine 

Les boules de laine qui se forment flans l'estomac des agneaux peuvent 
causer des pertes considerables, surtout parmi les races a longue laine. 
1'habitude de manger de la laine persiste pendant un temps suffisant pour per- 
mettre la formation d'un grand nombre de oes concretions particulieres. 

Les desordres digestif^ le besoin de sel ou d'atttres elements qui font defaut 
dans la nourriture peuvent porter les agneaux a macher de la laine. L'habitude 
de se mordre les flancs pour se debarrasser des tiques est aussi une cause com- 



106 

mane et, pour oette raison, lea agneaux devraient etre laves avec les brebi* 
quand eelles-ci sont tondues. II faudra tondre les meches de laine sur les 
mamelles des brebis pour eviter qu'elles ne s'introduisent dans la bouche des 
agneaux qmmd cetix-ci tStent. Les animaux ne devraient pas etre tenus ren- 
fermes; des que 1 habitude est remarquee, il faudra mettre le troupeau sur un 
grand paturage et separer immediatement lc premier coupable, car l'affection 
se repand frequemment par l'imitation. Les animaux devraient avoir a leur 
disposition du gel, du phosphate de chaux ou de la poudre d'os. L'huile de lin 
en doses appropnees, peut effectuer un soulagement, mais quand une grande 
quantite de laine a ete avalee les boules formees peuvent boucher le petit intern 
et entrainer de graves derangements des fonctions digestives, suivies par l'amai- 
gnssement et meme la mort. y 

Derangement dea organes urinairea 

La plupart des maladies qui affettent les rognons et la vessie chez les autres 
categories d animaux sont presque inconnues chez le mouton, et comme le 
diagnostic en est difficile, on en determine rarement la nature quand ellea se pro- 
duisent et c est aussi rarement qu'on applique un bon traitement. Le^ derange- 
ments sont parfois causes, ches les animaux males principalement, par la forma- 
tion de calculs, mais ces calculs donnent rarement naissance a des symptomes 
bien definis a moms qu'ils ne soient loges dans l'uretre. Dans cette situation ils 
rendent le passage de l'urine tres difficile et ils constituent meme la cause la plus 
inqucite de ce que Ton appelle "arret de l'urine." La formation de calculs est 
causae par 1 emploi, en trop grande quantite, de nourritures fortement azotees 
ou riches en sucre ou en phosphate. Parmi les aliments que Ton considere res- 
ponsables il y a les pois, les feves, le ble d'Inde, les betteraves et le trefle nouvcl- 
lement fauehe. L affection se produit surtout dans les dictricts a terres calcaires 
et particuherement quand les eaux contiennent une forte proportion de sels de 
chaux. L animal affecte se couche generalement, et, quand on le fait lever, se 

■ >ue lepme dorsale. et cette agitation est suivie dans certains cas du passage 
de quclques gouttes d'eau. II est tres inquiet, change de position frequemment, 
la respiration est courte et chaque aspiration est aecompagnee d'un grognement 
douloureux. L'urine est epaisse et trouble; l'appetit diminue; des frissons se 
produisent et si Ton ne donne pas de soulagement la vessie se c.reve, un empoi- 
Bonnement par l'urmo survient, et l'un ou l'autre de ces developpements amene 
rapidement la mort, Quand Instruction est aituee pre* de I'ouverture externc 
de 1 metre, ce qui a lieu irequemmont. on peut apporter un soulagement en ton- 
aant la laine et en cnlevant l'accumulation qui se compose plus souvent d'une 
tnaaae plus sabloaneuae que pierreuse. Souvent, l'uretre est Bimplement bouche 
par un depot -cdimenteux. au bout du tube, dcrricre 1'appendice en forme de ver 
et, dans tela cas. quand la manipulation no produit aucun effet, 1'appendice lui- 
uaeme pourra etre enleve. ce qui aoujagera 1'anjmal. Quand ['obstruction • 
aituee devant le reph particulier de l'uretre qui caracterise ce conduit dans les 
moutons comme dans les betes a comes, il faudra a'efforoer de la deioger par < 
massages delicate, <les fomentations, et I'injeetion d'huile d'olive. L'incision de 
1 u " liffici « et dangereuse, et seules lea pmomu - habilea doivent v avoir 

recours, et encore seulement quand tons les autres moyens ont echoiie Le 
traitement medical eat peu efficace, mais la befladone, actaunistree en doses de 
10 a IS grama, pent aider de temps a autre en apulageant la tension des part 

(ministration dune dose de purgatif est parfois avanl 
pour des raisons evidentes. lea sels d'Epsom sont I'agent le plus eiiic ;1 ,,. Pour 
un mouton adulte, a dose est d'environ 6 oncea dissoute avec une poignee de sel 
et deux drachmes de gingembre dans au moms une pinte d'eau chaude 



107 

Avortement 

L'avortement est produit par differentes causes. Les blessures causees par le 
bousculage aux portes, les coups des animaux ou la poursuite par cles chiens 
portent bien des brebis a donner naissance a dtes agneaux non formes et gene- 
ralement morts. Le grain ou le foin ergote, le grain carie et sa paille, les tig 
gelees de navets ou de betteraves ou Feau impure sont les autres causes de cette 
maladie. Les bons soins, la nourriture same, propre, et Feau pure, voila les meil- 
leurs preventifs de l'avortement sporadique. Les symptomes^ sont la perte de 
Fappetit, la torpeur, et la tendance manifested par la brebis a s'isoler du trou- 
peau. Generalement, l'avortement a lieu avant que ces symptomes soient 
remarques. II est parfois necessaire d'enlever le foetus et le placenta de peur 
d'empoisonnement du sang. Le foetus et le delivre devraient, dans tous les cas, 
etre brules et Futerus lave deux fois par jour, pendant plusieurs jours, avec une 
solution de trois pour cent de creoline dans de l'eau chaude. 

L'avortement infectieux est cause par un germe allie aux moississures com- 
munes. Get avortement est contagieux et gagne rapidement tout le troupeau, a 
moins que Ton ne prenne les precautions necessaires. Tout animal qui a avorte 
devrait immediattment etre separe du troupeau et Futerus sera injecte avec la 
solution de creoline men.tionnee ci-dessus. Le foetus, le delivre, etc., seront brules 
et Fendroit ou Fon garde le troupeau sera nettoye avec le plus grand soin. Toute 
la litiere devra etre brulee et les planchers reconverts de sciure de bois contenant 
10 pour 100 par poids d'acide carbolique brut. Les murs et le plafond seront 
blanchis avec de la chaux et de Facide carbolique dans la proportion de une livre 
d'acide carbolique commercial pour 5 gallons de lait de chaux. Les beliers qui 
ont lutte les brebis affectees devront etre desinfectes par le lavage du fourreau 
avec une solution de 5 pour 100 de creoline ou de 1 a 1000 de bichlorure de 
mercure. Une seringue est Finstrument le plus commode pour cette operation. 
Ces beliers ne devraient pas servir a la reproduction avant un laps de temps 
considerable. 

Renversement de la matriee 

Parfois, apres la naissance dun agneau (generalement dans un cas de 
parturition difficile) on voit un corps rouge et semblable a une vcssie qui sort de 
la vulve. Get accident se produit generalement quand la brebis est affaiblie; 
il provient d'une faiblesse dc^ ligaments qui retiennent la matriee et de la ferme- 
ture incomplete de Fos uterin, due a Fetat d'epuisement de Fanimal. Cette 
affection suit p^'in ralement la retention du delivre; Forgane entier est rcjete avec 
les membranes. Dans ee cas le placenta devrait etre separe a chaque cotyledon 
pour empecher la perte de sang. Apres avoir enleve le placenta ou delivre, For- 
gane lui-meme et les parties environnantes devraient etre bien lav une 
solution de 2 pour 100 de creoline ou d'acide carbolique. On fera ensuite placer 
la brebis sur le doa par un assistant, et, la saisissant par ses jambes de demon . 
on soulevera ses quartiers postericurs a une hauteur d'un pied environ du pit- 
cher ou de la terre. Quand Fanimal est dans cette position, la rentree de la 
matriee s'opere avec une grande facilite. L'operatcur enverra ensuite dan- la 
matriee une pinte d'eau tiede a laquclle il aura ajoute un pen d'alun pulverwe. 
La brebis sera attachee seule pendant quelques jours dans une stalle etroite et 
munie d'une litiere posee de telle fagon que le train de derriere soit de six pouces 
plus eleve que Favant-train. Si le renversement persiste et ne cede pas au trai- 
tement medical, on pourra appliquer un bandage simple de la facon bien connue 
de la plupart dee bergem La suture de la vulve n'est pas recommandee, mais 
cei tion peut etre neoessaire quand Fassistant ne sait pas comment faire 
le bandage ou comment Fappliquer. On ne devra jamais mettre plus de deux 
ou trois points de suture. 



108 
Trayons douloureux 

i^As^u war fe'rss was la °r + e , de 

trayons quand ils no peuvent en & £*S ffJaSSSE SSSft? 
Tout onguent de bonne qualite fera du bien. Un melange en partes Se« 
SSrfSSS. 01 ^ gIy " ennC ' aPPlK1U6 dCUX ° U tr0is f0is ^ iouTfdonS* 

Engorgement du pis 

L'engorgement du pis est une affection commune au moment de I'jutaehure 
ct aussi a 1'epoque du sevrage des agneaux. Ce sont lea .neill. re I i,i ■,' ^ o d v 
sont le plus sujettes. La negligence de la part du berger en e j£ Sent la 
cause La surahmentation avant l»agnelage, l'expositfon aux , ,u n < 1 ,',r 
une htiere huimde sont responsables de bien des cas d'engorgemS TduS 
cau es son fanles a eviter. Au moment du sevrage, pour eviter les gonfl m, i 
les brebis devraient etre trades deux ou trois matins de suite, et l'on coSuerl' 
chez cedes dont le pis montre une tendance a durcir. contmuera 

Inflammation du pis 

^inflammation du pis est une affection tres serieuse et assez frequent* • elle 
pent suivre le durcissement du pis ou elle pent etre occasionnee par lWition 

ia t ri°r U * S mU ** S , Urt, ' U ' demi ^ * des meurtrissu^es Ses par 

la tfte de 1 agneau ou par le contact avec des pierres ou sur un sol dur et crcvW 
Elle se prodmt le plus souvent dans , n humides et la brebifmeurt parfS 

de gangrene. On a deja vu des inflammations contagieuscs du pi* cl ez les vache 
asmises aux . brebw qui occupaient le meme batimeni Dans le rai ement de 
cas prononces de durcissement ou d'inflammation du pis, il est bon d'aSm"trer 

OnCrt K! ^ Sd , S ^ VS ° m diSS0US dans Une demi-chopine dot aude 
On layers le pis avec de l'eau aussi chaude que 1'animal peut l'endurer nenchnt 
au moms une demi-heure, on sechera bien et on frottera avec un onguent K2 
de hmt parties de saindoux et de une partie de belladone. La Ss irTSSue 
Jans un logement confortable et le traitement sera repete au4 souvent ouel! 
chose sera neeessaire. Si 1'on remarquait une tendance ft S££S2?a5£5 

v ent trlf^ndt^J W" "' d ° "T^ Un ^pfasmfde houblon con! 
A, Tm, anS x ce - bu , t ' ou encore la mamelle peut etre entouree de dechets 

ehe On P i r ° PreS i SatUreS d eaU Chaude et »**■■•« place avec un Hngeltan 
c h*i,H I a ?° nner une , nou ™ture legere composee de foin de trefle et de son 
chaud et pour breuvage, de l'eau rechauffee. Quand les abces DarXent mflr, 

quKdetur" "^ m C ° UteaU traOChant ^ les "SfiS rmSeS 

Abces 

des meTirtlSure 1 : fV'l ^ dieZ Ie f moutons; ils sovi ca08 ^ s fecilement par 
-■ c e\TZt\?j- T v * CaUS f reIativ ,^ent peu importantes. Des que la 

'e n iniStLS nt m ?'"? £ • on doit ouvrir l**** et laver la 

• , de rv u T MttfMU de 2 pour 100 d'acide carbolique dans de l'eau 

Ere. '^ deVr& 6tlL ' «**« lk ' tem P s » ailt >^ J^A g5SSo?deU 



Goitre 



sousk^p^defattrr^ 61a ^— ^ dc ,a tfande thyroide, situee 
qui u gorge, pres de la tete. Les mom, Ds y sont su ets a tout ase nmis il «> 

E£;t/l f : ( :::nr' ,U ' Z '-agneaux. clu, lesquels StffgSfS 
louides pertes. Les autontes ne son- , C cord sur la cause de cette maladie 

On la considere hereditaire, mais on ne saurait nier qu'eUe pn.vi ent da ns^ertaizS 
cas, de malnutrition due a certaines conditions du sol et de l'eau! non encore S 



109 



comprises. L'exercice insuffisant, raccouplement de beliers et de brebis trop 
grasses, la consanguinite et la constitution affaiblie, sunt aussi donnees comme 
causes, mais il est peu probable qu'aucune de ces causes produise la maladie a 
moins que les conditions locales ne soient favorables a son. developpement Les 
agneaux affectes «lu goitre sont deja morts quand ils viennent au monde ou 
meurent peu apres. 

On a i>eu souvent recours a un traitement curatif pour le goitre parce que les 
jeunes ammaux se laissent difficilement guerir. Les moutons adult < - ne -,„,) one 
peu incommodes par la maladie et peuvent etre facilcment pr%ares pour la 
bouchene. Les eleveurs qui ont de Inexperience evitent toujours de se servir d'un 
beher qui a le goitre, car lis savent bien que sa progeniture sera chetive I a 
methode la plus sure est de ne choisir pour la reproduction que des animaux 
sams et les brebis qui portent devraient pouvoir prendre de l'exercice et recevoir 
une alimentation genereuse, same et appropriee. 

Catarrhe 

Le catarrhe debute par des eternuments frequents, une decharge de mucus des 
narmes, une inflammation des yeux et la perte dc l'appetit. Si on le lais«e faire 
il peut prendre une forme aigue, et, dans ce cas, les membranes qui tapissent les 
passages naseaux, la gorge, et meme l'estomac et les intestins, peuvent etre affects 
La mort resulte frequemment, tandis que les animaux qui se remettent des atta- 
ques de cette nature ne peuvent plus rendre aucun service. Le catarrhe simole 
peut etre de nature contagieuse ; il est frequemment cause par de brusques change- 
in entsde temperature, 1 exposition aux pluies froides ct au vent glacial, ou par 
des bailments mal ventiles ou exposes aux courants d'air. Le catarrhe aigune 
se produit guere que dans des conditions peu hygieniques. Les moutons forts 
et vigoureux, en bon etat, sont moins exposes a ses attaques; ils sont p Iu fad es 
a traiter et se remettent plus rapidement. P 

Le premier traitement, qu'il est toujours bon de suivre. meme avant 1'apDari- 
tion de sympton e p acer !, - animaux dans un endroit propre, aere et sec 

avec d«s abns dacces facile. Quand on s'apereevra de decharges nasales on 
pourra donner de la tisane de graine de lin trois fois par jour, avec ^ne nourri'ture 
genereuse. Les bouilhes chaudes sont bonnes, et, dans les cas aigus, on obtiend -a 
un soulagement marque en exposant la tete de 1'animal a la vapfur se dlgageant 
de 1 eau dans laquelle on aura dissous un peu d'acide earbolique Quelquef aute- 
™L??> anc]e f ne ^. re f°mmandent de souffler different melanges darS les 
3e oons rlulSS. ' """ "* "" PWhMe qU ' Un traitement de ce genre donne 

Mal d'yeux 

tntinnn Sfi ^w P ^ f™™?* ^ *&**** enz °°"que ou de causes consti- 
tutionnellc>. L introduction de poussiere et de bale dans I'oei] cause souvent une 
irritation grave. De meme, Imposition a une temperature rigoureuse, a aes 
courants d'air, ou une nournture echauffante, amene souvent phi ou moms d'in- 
flammation des yeux. Cette affection n'est pas rare panui lea agneaux et Us 
maignssent alors rapidement, de meme que dans toutes les affections serieuses 
Le traitement consiste a examiner les yeux pour decouvrir les corps ctrangeS 
et a enlever ceux-u, si possible. «-"» augers 

Une solution de cocaine, que Ton peut - irer chez un droguiste con 

vient tout specialement pour le traitement de cet organe sensible. Dans ce o« 
comme dans tous les aul are, les yeux devraient d'abord etre bien 

laves avec de 1 eau chaucle, apres quoi on y introduira, avec une oetite serimmP 
en verre ou un compte-gouttes ordinaire, une solution tie deux grains desS 
de zinc dans une once d'eau. Un laxatif modere, ou tout au moins une nourH u 
axative est a recommander, et il est bon de proteger les yeux contreT Zt 



110 

Naturellement, l'ophtalmie enzootique est contagieuse, et il conviendra done 
d isoler immediatement tous les moutons qui ont mal aux yeux, a moins, bien 
entendu que 1 affection ne soit causee par introduction d'un corps etranger ou 
ne soit due a une autre cause locale bien definie. 

L'lNDUSTRIE DE LA LAINE AU CANADA 

Dans tout pays ou la terre a une valeur considerable, il n'est plus question 
d elever des moutons umquement pour la laine. Au fur et a mesure des progres 
de la civilisation e du perfectionnement des precedes agricoles, les divers pays 
ont eesse, l'un apres 'autre d'e ever le mouton pour sa laine seule; la viande 
est devenue 1 objet principal et la laine le but secondare de I'industrie. Cette 
transition s'est d'abord aceomplie en Angleterre par l'amtfioration des races 
Leicester, Southdown et Hampshire. La France a graduellement transform,* 
le merinos Rambouillet en une race de boucherie qui n'est pas a dedaigner. 
L Austrahe et la Nouvelle-Zelande sont devenues des centres d'exportation de 
yiande de mouton et les Etats-Unis delaissent rapidement et de plus en plus 
les races a lame fine pour les variety anglaises dans le but d'augmenterla 
production de la viande. C'est aussi pour cela que les eleveurs de V W^tine 
nhesitent pas a payer aux eleveurs anglais des prix eleves pour les beliers 
Lincolns, tandis que les cultivators de- de l'Ouest, mus par les memes 

motifs, recherchent les males a longue laine des troupeaux canadiens 

Au Canada e mouton est un animal a deux fins; il sert a la production de 
la viande et de la lame. Les eleveurs ont donne beaucoup d'attention en ces 
dix dermeres annees a la production et au soin de la laine, si bien que la oualite 
de ces articles est aujourd'hui bien superieure a ce qu'elle etait autrefois II 
est vrai, que la viande rapporte plus que la laine, mais il est adniis cependant 
que le rapport de la laine est ce qui maintient I'industrie ovine parce que le 
cultivateur ordinaire se rend compte que sans la production de la laine I'indus- 
trie ovine ne serait pas avantageuse et il agit en consequence. Dans les periodes 
ou les prix de la lame sont bons, on peut compter que la population ovine aug- 
mented et c'est le contraire qui se produit lorsque la laine se vend a bas prix 

La production et la yente de la laine ont recu plus d'attention au Canada 
que par le passe, en ces dermeres annees. Les troupeaux de souche des prairies 
de 1 Ouest se rapprochaient plutot, il est vrai, du type a laine que du type de 
bouchene, mais la tendance a la production de la viande s'est, depuis nettement 
aeeusee chaque annce, accompagnee d'une tendance correspondante vers la 
production de laine plus grossiere. Comparee a la meme categoric de laine des 
autrcs pays prefique toute la laine canadienne est de qualite excellente et le 
classement des lames canadiennes mis en ceuvre en 1913 et qui est depuis devenu 
une entreprise nationale a donne a nos laines canadiennes une excellente repu- 
tation, non seulement dans nos propres filatures, mais aussi sur les marches du 
monde. 

La production annuelle 

La population ovine du Canada, et la production de la laine ont ete evalues 
aux ehiffres suivants depuis 1915: 

4mw* », . I.aine produite 

• UU1 " Moutons L; v 

}*}* 2,038,662 12,000.000 

}®}5 2.022.941 12.000:000 

\l}l 2,369.358 12.000.000 

J™ 3.052.74S 20.000.000 

""° 3,421.958 20.000.000 

"£? 3,720,783 21.000.000 

J™* 3,675.860 21,251.000 

12® imm 1S.523.392 

J°" 2,755,273 15.539,116 

\™. 2 ^.743 15.111.719 

_ 192 ° 2.755.556 15553045 

♦Bulletin mensuel de la statistique ap-icole. 



Ill 

Ces chiffres represented les poids de la laine en suint, Presque toute la 
lame se vend dans la toison aujourd'hui; le lavage a la riviere ou en baquets a 
presque disparu depuis que le classement et la vente par qualites ont ete 
inaugures. 

Les laines produites au Canada varient depuis la categorie "Grossiere" a la 
categorie "Fine", ou en termes anglais, de 4Cs a 64's. La majeure partie des 
laines produites dans Ontario, Quebec et les provinces maritimes sonfc des 
laines a peigne; la proportion est approximativement de 10 pour cent de laine 
intermediaire a peigne, 40 pour cent de laine basse intermediaire a peigne, 30 
pour cent de laine basse a peigne, 10 pour cent de laine grossiere et 10 pour 
cent de laine rejetee ou sans categorie. Dans ces provinces, la meilleure qualite 
des fibres de laine au point de vue de la finesse vient du Southdown, puis du 
Shropshire, du Hampshire et du Suffolk. Les toisons typiques de ces races rcn- 
trent dans la categorie "intermediaire" a "basse intermediaire". Les laines pro- 
duites par la race Oxford sont "Basses intermediaires" et Basses a peigne"; 
celles du Leicester "Basses a peigne" et "Grossieres", et celles (h> Cotswold et 
Lincoln "Grossieres". L'expression "Basse" ne signifie pas qu'elle est de pauvre 
qualite; elle ne se rapporte qu'au diametre de la fibre. "Basse intermediaire" 
dans les termes anglais est rendue par les chiffres 48's a 50's et "'Basse a peigne" 
par 44's a 46's. Les laines produites a I 'Est des Grands Lacs peuvent done etre 
exprimees dans les termes "Intermediaire", "Basse Intermediaire" et "Gros- 
siere". 

Les laines de POuest du Canada sont de deux categories principales, "Laines 
des Prairies" et "Laines domestiques". Les laines des Prairies viennent principa- 
leroent du sud de PAlberta et du sud de la Saskatchewan. Elks sont de souche 
Merinos, ce sont en categorie les laines les plus fines qui se produisent au 
Canada. Les principales categories sont "Fine", "Fine Intermediaire", "Interme- 
diaire", et "Basse Intermediaire", exprimees par les termes anglais 64's, 60's, 
56's, et 50's. Les laines domestiques de l'Ouest sunt generalement semblables 
a celles de PEst, la ou les races Downs predominent, 

Le commerce d'exportation 

Pres de la moitie des laines canadiennes sont exportees tous les ans prin- 
cipalement sur les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Les exportations sur la 
<irande-Bretagne varient de trois quarts de million a un peu plus d'un million 
de hvres par annee. Pendant bien des annees les Etats-Unis ont ete notre prin- 
cipal marche d'exportation. En ces trente-cinq dernieres annees il n'y en a eu 
que cinq ou six ou la quantite exportee sur ce pays ait ete inferieure a un million 
de livres. Cette quantite a varie pendant bien des annees suivant le tarif des 
Etats-Unis; elle se chiffrait par cinq a six millions de livres et plus en 
quelques dernieres annees. 

En 1885 3,550,000 livres de laine ont traverse la frontiere des Etats-Unis, et 
pendant les trois annees a partir de 1895 les exportations ont atteint les chiffres 
de 5,449,955, 3,851,442 et 7,499 ? 949 livres respectivement. Cette forte augmen- 
tation etait due & la suppression des droits de douane sur la laine entrant aux 
Etats-Unis, sous le tarif Wilson-Gorman. Une annee plus tard lorsque le tarif 
fut restaure en 1898, la quantite exportee tomba a un million de livres et en 
1899 a 22,000 livres. Le tarif actuel des Etats-Unis est de 31 cents par livre de 
laine dessuintee, et toutes les categoric-, a Pexception de la laine a tapis, sont 
exportees sous ce tarif. On calcule le droit sur la laine en suint en prenant 
comme base le pourcentage de perte de poids; par exemple, sur une laine qui perd 
45 pour cent de poids, le droit est de 17.05 cents la livre. Le commerce s'est 
habitue a ce droit de 31 cents la livre et e'est sous ce droit que les deux-cinquie- 
mes des laines produites au Canada trouvent un marche dans ce pays. 



112 

< 'on summation au pays 

Pres de neuf millions de livres de la production annuelle des laines au 
Canada sont preparees dans ce pays, principalement dans les fabriques de 
lamages et de tricotage. IJ s'en fabrique aussi une quantite considerable chez les 
cultivators. Au Nouveau-Brunswick, dans la province de Quebec, et dans 
une momdre mesure, dans les autres provinces, on pratique le cardage et le 
tissage a la maison et il se vend des quantites considerables de laine pour la 
fabrication de matelas, des couvre-pieds, etc. La quantite employee de c>tte 
lacon dimmue tous les ans et la quantite qui reste pour les fabriques et pour 
1 exportation augmente d'autant. Outre les quantites de laine produite au pavs 
et utilisee dans les manufactures canadiennes, il s'achete tous les ans de grandes 
quantites de lame importee, Pendant les annees finissant au 31 mars 1924 
1925 et 1926 les quantites importers etaient respectivement les suivantes-— 
19,322,730, 14,362,890 et 13,449,506 livres. Ces laines, sauf quelques exception^ 
pes, ^e composaient de fines quahtes Merinos qui ne sont que pen ou point pro- 
duces au Canada, et que Ton emploie dans la fabrication d'etoffes fines comme 
les flanelles, draps fins, "meltons", "beavers", "whipcords", les etoffes broehees 
et les tapis fins. Ces lames entrent dans une tres grande proportion dans la 
fabrication des sous-vetements et des autres merchandises d'un crochet fin 

Les fabriques qui emploient des laines canadiennes manirfacturent des'mar- 
chandises d'usage courant, comme les couvertiires, ratines, frises, les etoffes du 
pays, les chandails, les tweeds, dont chacune occupe une place important dans 
les besoms sans cesse croissants de la population. La plupart des petites manu- 
pendant de la fourniture de laine locale se servent presque exclusive- 
ment de laine canadienne. Elles produisent diverges sortes de marchandises et 
utihscnt amsi les differentes categories de laine disponible. Les grandes fabri- 
ques, eani quelques exceptions, important la majority de leur laine et la me- 
langent avec une petite quantite cle laine canadienne et une certaine proportion 
de laine renaissance et de coton, 

Le classement et la vente des laines 

-■■menr dvs laines canadiennes a ete entrepris par la division (eder; 
de Industrie animale en 1913. La production des laines, la tonte, la preparation 
pour la yente et la vente elle-meme ne se faisaient pas alors a soins voulus 

et les laines canadiennes ne jouissaient pas d'une bonne reputation, pas plus sur 

plarches du pays que sur les marches etrangers. De suite, la laine clas 
vendit plus facilement et plus cher que la laine non classee, aussi Foperation du 
ment se generalisa en tres peu de temps. Ce classement se faisait d'abord 
dans quelques localitcs seulement, souvent a un certain nombre de points dans 
une meme province. Ces centres de classement, qui servaient de points cle vente 
pour la laine classee, constituaient egalement une excellente demonstration pour 
les cultivators, qui pouvaient ainsi se rendre compte de la valeur marchande des 
diffi gories de laine et de la n de mettre la laine en bon etat 

pour le commerce. 

Lorsque l'organisation locale fut completed et que les principes du classe- 
ment des laines furent bien compris par les eleveurs, on jugea utile d'etablir la 
vente cooperative des laines sur une base purement conn 1 1 t .n 1918 les 

representants des differentes societes se reunirent en conference et 
rent la "Cooperative canadienne des producteurs de laine, limitee", une 
organisation a laquelle quelque trentc associations locales de producteurs de 
lame sont aujourd'hui affiliees. La Cooperative canadienne des producteurs de 
laine, limitee, 217 Bay Street, Toronto, agit aujourd'hui en cooperation avec les 
grandes societes pour recuefllir el exp&lier les laines consignees pour le classe- 
ment et la vente cooperative. Elle agit egalement comme agent de vente pour 



113 

ces iain.es, pour toutcs les societes qui lui sont affiliecs. La division federate de 
rindustrie animate se charge tcmjours d'etablir des types modeles de qualite pour 
la laine et de fournir des cxperts-i-las-eurs officials pour le classement d* 
ditions cooperatives. 

Caracteristiques de la laine eanadieime 

MANQUE d'uXIFORMITE 

La laine canadienne n'a pas Tuniformite de celle qui est produite dans les 
pays ou l'elevage des moutons se pratique surtout en vue de la production de la 
laine; e'est parce que les race- et les categon uoutons eleves sur les fermes 

canadiennes sont nombreuses et diverses. Cette dm - a contrary' 

la vente jusqu'a ce que le classement des laines et la vente cooperative se fussent 
a peu pres generalises. Aujourd'hui, grace a ces initiatives, on surmonte en 
grande partie ces difficultes, une bonne partie des iaines est classee pour le com- 
merce et elles represented mieux sous ce rapport Its conditions qui existent en 
Grande-Bretagne ou rindustrie des laines a une grande importance. 

L 'alimentation des moutons en plein air en hiver et le manque general 
d'appreciation de la valeur des lain< a eont tea causes de certains detfauts constates 
dans la laine canadienne. Cea d«'i'auts sont la presence de mati< angeres, 

la laine enclicvctrce et la laine de deuxienie pottsse. 

BALE, PIQUANTS, I 

Une grande partie des toisons canadiennes contiennent- des matieres etran- 
gere, comme la bale, les semences de t'oin, capitules de bardane. etc., qui en 
deprecient beaucoup la valeur. Malheureusement, nos longs hivers canadiens, 
necessitant l'emploi d'abris et de fourrages gees, sont Iaraement responsables de 
eet etat de choses. En outre, trop d eleveurs negligent d'extirper 1. 
de leurs fermes, et les toisons se rempKssent de piquanta chaqtie automne. 

Les pertes dues a la presence de ces matieres vegetates sont tres considerables 
et e'est assureinent le producteur qui les subit. Pour enlever ces matieres, des 
appareils routeux mat mVessaircs; on emploie egalement un proceYU' eonnu sous 
le nom de carbonisation. La plupart des maiierea disparaissent au cours du 
peignage, mais. dans la laine a eardir. la carbonisation est souvent necessaire. 
Ce procede consiste a tremper la laine dans un bain d'acide chaufie a 220 degres 
fahr. et ou on la tient assez longtemps pour reduire toute la niatierc vegetate en 
poussiere; on secoue ensuite cette poussiere par un procede special. Certaines 
autorit-cs pretendent que la carbonisation affaiblit grandement la laine et la rend 
rude, mais, suivant d'autres, les fibres ne sont que pen endomniagces. Dans tous 
leg cae 3 le proeMS est couteux, et e'est le producteur de laine qui en paie les fra 
L'emploi de rateliers bien construits, une alimentation judicieuse, la tonte sur une 
surface propre, et Tadoption de mesures aptes a proteger les moutons con t re. les 
piquants augmenteraient assurement beaucoup la valeur marchande de nos laines, 

LAINE ENCHEVETREE 

Les acheteurs de laine et les proprietaires de filatures c^ui s'approvisionnent 
chez les eleveurs ou les magasins de campagne se plaignent de la forte proportion 
de laine enchevetree dans la recolte de clnique annee. I'n commergant evalue 
cette proportion a 4 pour 100 de la tonte totale, d'autres la placent un peu plus 
bas. Ce defaut est plus general dans la laine <k< districts reciiles, et on le trouve 
rarement dans les districts ou ^agriculture est avancee. II est partieulier aux 
races a longue laine et aux meti< de ces paces, On ne le trouve que rarement. 
dans la laine des races Down. 

242! 



114 



L .-enclievi-tivinont est du a diversea causes. Quelquee moutons out une ten- 
dance a produire de la laine enchevetree; d'autre part, l'enchevetrement peut 
aussi etre cause par les abris peu confortables, I'alimentation impropre ou insuf- 
fisante, les changemente brusques de temperature, la mauvaise saute, la seconde 
Pousse, etc. Toutes ces peuvent etre evit&s. La laine enchevetree n'a 

qu une faible valeur, car on ne peut l'employer que dans les marchandises a 
tres bas pnx. 

DEVXIEME POUSSE 

t Quand la tonte est trop retardfe, il se produit une deuxieme pousse de laine 
qui diminue la valeur de la toison. Dans 1'ordre naturcl des choses, le mouton 
perd sa lame tous les printemps. Si la tonte est difteree jusqu'apres le commen- 
cement des chaleurs, les fibres out une tendance a se separer du corps et une nou- 
velle pousse commence, qui s'introduit dans la toison. La presence d'une nou- 
velle lame courte dans une toison dont le developpemcnt est complete cause des 
ennuis aux manufacturiers et reduit par consequent la valeur de cette toison. 
On ne devrait done jamais differer la tonte, une fois les chaleurs coinmencees. 

LE LIAGE DES LAINES 

L'emploi de ficelle d'engerbage pour attacher les toisons cause beaucoup 
d'ennui et beaucoup de perte. Lorsqu'on fabrique un drap avec de la laine qui 
a ete liee avec ce genre de ficelle, on trouve que quelques-unes des fibres 
adherent a la laine et comme ces fibres ne prennent pas la teinture, il reste des 
fife Wanes ou jaunes dans les draps, ce qui les empeche d'etre classes dans la pre- 
miere qualite. Heureuscment les eleveurs de moutons commencent a se rendre 
compte des dommagea causes par Temploi de cette ficelle et ils la remplacent par 
des liens de papier que Ton coupe en longueurs de huit pieds et demi, ce qui est 
la bonne longueur pour Fattachage d'une toison. Cette ficelle de papier est dure 
et lisse, elle ne s'etBle pas ni ne s'enleve pas au frottement, 

Laine des prairies 

^La laine des prairies est diversement appreeiee par les manufacturiers. En 
general elle est tres satisfaisante pour la fabrication des etoffes, des fianelles, 
eouverturcs, et sous-vetements. Tenant compte de ces opinions diverses, l'auteur 
de ce 'bulletin doit conclure que la qualite de ces laines varie beaucoup 
selon le caractere des moutons dont elles proviennent et le soin que ces moutons 
recoivent, surtout en hiver et au printemps; rassortiment et le traitement de la 
laine apres la tonte exercent aussi une certaine influence sur la qualite. Une 
grande partie de la laine des prairies peche par un manque d'uniformite dans 
la qualite, a cause des differences de races. Au debut, les troupeaux des prairies 
se composaient largement de Bujets merinos, mais la plupart des croisements 
effectues furent faits en vue de developper I'aptitude a la production de la viande, 
Le caractere de la laine varie done suivant le nombre des croisements et la race 
des beliers employes. Un croisement avec un belier a longue laine produit 
une laine phis grossiere qu'un croisement de Down, et ce changement va en s'ac- 
centuant d'annee en annee, de croisement en croisement. 

Quelques plaintes se sont fait entendre au sujet de la force de la toison aussi 
bien que de la presence de fibres grossiers ou "jarre" Une enquete a ce sujet 
a eta Mi que les defauts dont on se plaint ne se rencontrent que dans les produits 
des eleveurs negligents, tandis que la laine provenant du troupeau bien exploite 
est non seulement uniforme et forte, mais elle ne contient jarre. On salt 

que lorsqu'un mouton est malade, qu'il manque de nourriture ou qu'il souffre de 
privations, sa laine - croitre pendant cette periode, et il lui en reste un 

point faible, designe sous le nom de "eassure". La cassure dans la laine des 
prairies est attribuee aux longues pcriodes de grand froid et de manque de nour- 



115 

riture qui reviennent a un degre plus ou moins prononce chaque printemps ou 
chaque hiver. La laine produite but lea prairie-, ou lea troupeaux soul bien nourris 
et bien abrites pendant les tempetes et les froida rigoureux, n'accuse pas cette 
faiblesse dont se plaigncnt certains manufacture 

Quant an jarre, on le eonsidere comme la preuve d\in croisement plus on 
moin^ nncien avec line rare naturellement sujette a le produire. Le vieux mou- 
ton mcxieain avait cette tendance. En outre, ['exposition aux froids rigoureux 
cause une extra pousse de poils- forts et peut causer la mort des fibres. II est 
vrai que le jarre et les poils morts ne sont pas strictement identiques, mais ils 
offrent les memes inconvenicnts et sont tons deux presents dans une partie de 
notre laine des prairies. La pousse plus vigoureuse est une precaution de la 
nature pour proteger un animal contre le froid. Nous en avons un exemple 
frappant chez les chevaux et les betes a cornes, qui se couvrent de poils longs et 
-is quand on les laisse courir dehors tout llriver, tandis que ces memes ani- 
maux, tenus chaudement, conservent leur peau lisse et douce. 

Le jarre reduit beaucoup la valeur de la toison. Ces poils longs et forts se 
rompent aisement, et out. en outre, le defaut tffea grave de ne pas bien prendre la 
couleur, et par consequent, de resfcer tres visi'blea dans les i' to fifes fabriquees. Les 
precautions a prendre contre le jarre sont les memes que contre "la cassure", 
mais il est prudent egalement de reformer les brefcia dan- la toison desquelles on 
remarque du jarre. 

Certains ranches ont deja la reputation de produire de la bonne laine et de 
bien la preparer. II faut en chercher le secret dans la maniere dont ces exploita- 
tions sont dirigees. On a des hangars pour proteger les moutons pendant les 
tempetes et Ton fait une bonne provision de fourrage pour les nourrir Fhiver. 
Grace a ces precautions, les animaux sont toujours en bonne sante, et, par conse- 
quent, la laine est saine. Les methodes de classement sont egalement bonnes. 
chaque toison est roulee separement et chaque categoric est tenue separee. 
II y a d'abord: 1° les agneaux gris, 2° les brebis et les moutons de plus^d'un an, 
ou antenais, et b° les beliers. Une quatrieme categorie eonsiste en dechets et 
laine morte. Chaque categorie porte une etiquette appropriee et est mise en 
balles ou en sacs. Les maisons qui produisent de la bonne laine et qui en 
prennent bien soin regoivent un prix plus eleve que le producteur negligent. 

Comme le charroyage est tres long, il importe que la laine soit mise en balles 
ou en sacs tres solides. IAm ou Taiitre de ces emballagea est satisfaisant, pourvu 
tjiril soit bien, fait. La mise en balles s'effectue generalement au moyen d'une 
pressc a foin ou d'une machine de ce genre. Les balles dont le poids varie de 
250 a 300 livres sont attar!.. dn f\\ de fer et recouvertes avec de la toile 

a sac bon marche. Meme si cette toile se d6dhirait an cours du transport, la 
laine ne serait pas endommagec. Toute etoffe d'une force suffisante convient 
pour faire les sacs; un sac d'un poids de 3^ livres tiendra generalement la laine 
en bon etat. Les grands ranches expedient generalement leur laine en balles. 

Laine tiree 

Outre la laine de tome, qui attcint annuellement un total de 15,000,000 de 
livres, le Canada produit aussi une grande quantite de laine recueillie sur la 
peau des animaux abal gnee comme "laine tiree". D'une annee a 

l'autre, la quantite dep Sralement un million de livres de laine lavee et 

atteint en cert nines annees 1,500,000 livres. La variation depend de la quantite 
de peaux exportees, qui atteint, en certaines saisons, le chiffre de 250,000. Le 
depouillement de ces peaux se fait aux Etats-Unis, augmentant d'autant nos 
exportation de laine a ce pays. 

On trouve, au Canada, pres d'une douzaine d'etablissements pour le tirage 
de la laine. Ces maisons achetent les peaux, les la vent ou les brossent, et en 



116 



arrachent la lame qu'ils elassent dans les diverse* categories demandees par le 
commerce. Une peau rend environ troia livres de laine lavee: la quantite varie 
suivant la race du monton et la saison a laquelle l'abatage a eu lieu 

La lame tiree est facile a aseortir, car les ouvriera distinguent promptement 

es differentes quahtes. qui sont ,1 paremont, de la manierc -nivante- 

•asneau premier choix". "fine'. "j, pei S ne", "qualite mforieure". appelee n °T et 

a piquants . Chaque categoric rcpond a certains besoins et sa valeur varie en 

consequence La plupart de la laine courte de un a trois pouces, prise sur les 

moutons et les agueaux abattus dc join a octobre, va a l'industrie des tricots et 

entre dans a lahncation de BOUJKvStemeBte et autres marchandises de ce genre 

Les categories les plus longues rentrcnt dam la categoric des produit* a' 
peigner et a carder, de meme que la laine de tor 

Un defaut souvent constat.' par les tireurs de laine, est la presence de 
piquants. Ces piquants doivent ctre coupes a la main, an prix de un centm a 

Wo-T' 1 ! T Par P + 6 ^ aVa ?* qUe rarracha g e n e commence. Outre le cout du 
travai , la lame est tres eftdommagee, aurtout si e'est de la laine d'agneau qui 
a la plus eraadc va ear. I,, tireura sunt d'avia que les elevenrs dc mSmm 
sont. pas entierement a blatner pour ee defaut. II arrive souvent que les domma- 
ges se produisent apres que les moutons sont partis de la feme Les acheteur* 
et les bouchers rassemblent souvent et garde* 1„ m out*», pendant p££S 
ours ou plusieurs semaines. dans des paturagea ou des enelos souventinf - 
d* bardaaea; oW la que le, toJaona ramaeaeal la plupart d«a piquants 

Tonle 

L'epoque de la tonte exercc une gfande influence sur la qualite et l'etat de 
a to.son. Les moutons dont la tonte eat dififeree juaqu'a 1'arrivee des eha leuS 
s arrachent une quantite considerable de laine. pour ae soulager. II ran Sent 
awai beaucoup de saletes. La tonte devrait se faire tandis qu'il fa t encore 

et on ne S,^±T 3"^ ?** ,ls , ne ■ 80Uffrent ! ' a< ,le cha,eur et de * *<** 

ii&EfisiiSs perdn ' *■ :,gmaux ,,ar k fo,mation de boui - 

La tonte devrait se faire sur une surface propre et secbe. La toiam devra 
e re a: lee avee son,, avant ou apres la tonte. I. 8 tach&a devra en "f 

S^^SS* £fi ^ l;, " U ' ,, " m ' " ,, '" n - en9emble - °" ■"?* alors 
il teSti°£m2 !7 CiSe ''^ X ° U Ia *■*»» ^evraient Otrc tonus pres du corps, et 

enx , r i '■' U VV ?•?■ n , 1 ' ,m '" n( ' nt |,i,s l: ' ,: >"*— «'• ««pE les brhVen 
deux ou trois morccaux et endommageant serieusement la bonne laine. 

L'avenir de l*iii<lustrie 

L'industrie de la laine aura des haute et de, baa dans l'avenir comme dans le 
passe; sa valeur montera ou baissera, eonime eelle de t.nitcs les autres mar- 
chm le premiere n. selon le degre d'aisan.e de la population et tea 

caprices de la mode. 

L'eleveur de moutons canadicn n'a pas a redontcr l'avenir, au point de vue 
du commerce de laine, tant qu'il prendre les precautions necessaires pour produire 
une laine same et propre et qu'il n'emploiera pas pour la reproduction les animaux 
donria toison laisse a desirer. Les conditions qui assurent la production de 
bonne viande de mouton favorisent egalement la production de laine saine. Les 
filatures canadiennes recherchent les laines courtes "Down", tandis que celles 



117 



des Etate-Unis clonnent la preference aux laines longues; mais les unes et les 
autres exigent un brin sain et aussi exempt que possible de piquants, de bale, et 
autres matieres vegetales. Au Canada, la production de la viande sera toujour? 
l'objet principal de l'eleveur de moutons, mais la lainc n'est pas a dedaigner, 
et une toison bien fournie et en bon etat augmentera de fagon appreciable le 
rendement du troupeau. 



INDEX 



L'eLEVAGE DU mih tux ,\r CANADA 

Historiquc 

Aide domuV par le gouvernement a 
l'industrie 

MOUTON DE UOrCHERIE 

asid&re* :m point de vue du boucher 
Au point de vue du nourrisseur. . . . 
Ecbelle de points pour le mouton de 



Part ies du mouton 



Principales races de moutons. 



wrold 

Lincoln 



Hampshire Down 



bdowE 



Dorset 

not 

Merinos 

Races pures favorites 



Formation d'un troupeai: de motjtonb 

de rapport 

i'un belief 

Dimension du troupeau 

A quel moment doit-on achet' 

brebis? 

Lutfee 

ge 

aelage 

Soin du troupeau au paturage. 



a prendre quand on 

donne de la navette 

Selection e( reforme 

Types de moi ton- heme 

Production de la viande de mouton 

□ Grande-Bretagm 

i de l'Angleterre 

Elevage du mouton en Krosse 

aouvellement du troupeau chaque 
m 

LAISSEMBNT PES MOUTONS SIR PES 
FERMES CAN ADDS NNE8 

Eng .! en hiver 

«er a point 

du printei 
Em i ins I'engra 

, 

Dl I \ B01 CHERIE A |.\ TABLE 

L'animal de bon 

A&atage 

iter le gout de laine. .. 
Enlevement de la peau et habillage. 
Refroidissement er dcbitage.... 



Page P a <;e 

5 Conservation de la viande 63 

5 Mat unit ion 64 

65 

8 Gigots de mouton conserves. 65 

10 Comment manier pes moutons 65 

10 Bains ou 68 

11 T 

L\ negligence principale 70 

12 iparaison a l'ahatage — 72 

13 bhode de castration. 72 

Amputation de la queue... 73 

13 

15 Aliments et alimentation 74 

17 TivnY 74 

20 Luzerne . . 75 

21 i lentilie 76 

24 tte 76 

27 Choux 78 

30 ^av« 78 

82 70 

34 Ble d'lnde (male) 79 

35 lage de ble dlnde 80 

38 80 

40 Tourteaux de Iin 81 

Avoin< 82 

40 Berueries 82 

41 Description du plan 83 

43 Construction 83 

- 85 

43 Construction du toit 86 

43 V. ntilation. 87 

44 gerie pen coftteuse 88 

44 

4- LES Mouton m pes MAeVAISES 

HERPES 90 

45 Le3 moutons ameMiorent la qualite du 

ble 90 

.ji; Moutard q\ viperine 91 

47 L< - ii.i':\ ais4 - herbi a augmentenl a 

sure que le nombre de mmi:- 

47 decrolt 91 

- tnt-Jaoques — La ca 

."I de la maladie du betail de Pictou. 92 
53 

54 Aximux en n em ps dp mouton 93 

Le chlen malfaisant 93 

55 Methodes de protection 94 

Animaus • ra 95 

96 

56 Mesures '!<■ precaution 96 

57 Loup.-, our- et pantheres 97 

59 Maladies du MOUTON 98 

98 

59 Pourritui four- 

99 

59 Tiqi ;x 100 

60 100 

61 (Estre du mouton. 101 

61 102 

61 Tourais 102 

62 Indigestion aigue 104 

118 



119 



Colrquea spasmoctiques 104 

Constipation 105 

Inflammation des intestine 105 

bee 105 

Boules de laine 105 

ngement dea rinaires. 106 

Avortement 107 

Rcnversemer.t de la matrice 107 

Trayons douloureux 108 

Engorgement du pis 108 

Inflammation du pis 108 

Abces 108 

Goitre 108 

rrhe 109 

Mai d'yeux 109 



L'lNDUBTRIE D9S LA LAINB ATJ CANADA. . 110 

D annuelle 110 

I^e commerce d 'export 111 

Consommation au pays 112 

Le classemenl e1 la rente des laines. 112 
le la laine cana- 

dienne. . 113 

Manque d'uniformite 11.'} 

Piquants, bale, etc 113 

Laine enchevetree. . . 113 

Deuxieme pous.se 114 

tines 114 

Laine des pi . 114 

Laine thee 115 

Tonte.. 116 

L'avenir de l'industrie 116 




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